L’incendie accidentel survenu la nuit du Nouvel An dans un bar bondé de la luxueuse station de ski suisse de Crans-Montana a fait une quarantaine de morts et 115 blessés, a annoncé la police du canton du Valais lors d’une conférence de presse, jeudi 1ᵉʳ janvier. Selon des témoignages, des engins pyrotechniques surmontant des bouteilles de champagne auraient mis le feu au plafond de l’établissement. Le ministère français des Affaires étrangères indique que deux Français figurent parmi les blessés.
Le président de la Fédération helvétique, Guy Parmelin, évoque l’« une des pires tragédies » que son pays ait connu. Ce jeudi 1ᵉʳ janvier 2026, vers 1h30 locales (00h30 TU), « un incendie d’origine indéterminée s’est produit dans le bar Le Constellation à Crans-Montana » fréquenté par de nombreux touristes, a indiqué dans un communiqué la police du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse. « D’importantes forces de police, de pompiers et de secours se sont immédiatement rendues sur place pour porter secours aux nombreuses victimes », précise aussi le texte publié par les forces de l’ordre dans la matinée.
L’incendie a fait une quarantaine de morts et environ 115 blessés, a ensuite annoncé la police du canton du Valais lors d’une conférence de presse organisée un peu plus tard dans la journée du jeudi 1ᵉʳ janvier. Le bar Le Constellation appartient depuis 2015 à un couple de nationalité française, originaire de Corse.
Dès les premières heures de la matinée, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé que des Français figuraient parmi les blessés. En fin de journée, le Quai d’Orsay indiquait que six Français ont été blessés et que huit autres n’ont pas encore été localisés. De son côté, Emmanuel Macron a précisé que la France accueillait « des blessés » dans ses hôpitaux.
Environs « une quinzaine d’Italiens » ont également été blessés et sont actuellement hospitalisés. « Autant sont portés disparus », a de son côté déclaré le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, sur la chaîne Rete4.
Champagne et engins pyrotechniques
Des images de l’accident diffusées par des médias suisses montrent un bâtiment en flammes et des personnes courant et criant dans le noir. Un habitant de Crans-Montana a également raconté à 24 Heures qu’avec « les feux d’artifice, on n’a d’abord pas compris de quoi il s’agissait. Et puis on a vu la fumée… » Une autre habitante vivant à quelques dizaines de mètres du Constellation indique avoir été prévenue du drame alors qu’elle réveillonnait chez elle avec des amis. « Je suis descendue dans la rue » qui était « déjà fermée par la police. On entendait les sirènes des gyrophares au loin. Autour de moi, des gens stupéfaits, inquiets, silencieux ».
La police helvétique indique que les causes de l’incendie restent pour le moment inconnues, mais des médias avancent que le feu pourrait avoir été déclenché par des engins pyrotechniques utilisés durant un concert. Lors d’une conférence de presse en milieu de matinée, la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a également affirmé privilégier la piste de l’incendie accidentel en raison de l’absence d’explosion.
Cité par la presse suisse, un jeune homme qui se trouvait à l’intérieur de l’établissement lors du drame raconte que « des engins pyrotechniques installés sur des bouteilles commandées par des clients dans la boîte de nuit auraient explosé et déclenché un incendie du plafond ». Le bâtiment se serait alors « embrasé très rapidement », déclenchant des scènes de panique, développe le témoin.
« Il y avait plusieurs serveuses qui brandissaient des bouteilles de champagne sur lesquelles avaient été posés des feux d’artifice », a relaté de son côté une jeune Française au micro de BFMTV. « Elles les ont approchées près du plafond qui a pris feu et il a suffi de quelques secondes pour que la boîte de nuit prenne feu. » Selon ces deux témoins, près de 200 personnes se trouvaient dans le bar dont la capacité d’accueil était de 300 personnes.
Identification en cours et hôpitaux saturés
Selon le journal suisse 24 Heures cité par l’AFP, des hélicoptères poursuivaient « leurs rotations près de sept heures après le début du drame ». Vers 8 heures ce matin, « la police scientifique était déjà à l’œuvre à l’intérieur de l’établissement », situé en rez-de-chaussée et en sous-sol.
Les personnes à la recherche de leurs proches sont dirigées vers un centre des congrès où un dispositif a été mis en place. Mon fils « est introuvable », s’exclame une mère en larmes, citée par 24 Heures, « personne ne sait où il est ». La procureure générale du canton a déclaré que d’importants moyens sont mobilisés « pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible ».
« Les conséquences de ce drame vont se répercuter sur différents services et différentes entités durant plusieurs jours », a informé Stéphane Ganzer, conseiller d’État du Valais en charge de la sécurité, précisant que « plusieurs centaines de personnes » ont été ou allaient être « affectées aux secours, aux soins, aux investigations, à la gestion et à la coordination ».
Le service des urgences du principal hôpital du Valais étant saturé, des blessés ont été transférés vers différents hôpitaux à travers la Suisse. Plus d’une douzaine de blessés ont été transportés vers l’hôpital universitaire de Zurich, dans le nord de la Suisse, selon l’agence de presse Keystone-ATS, tandis que d’autres ont été envoyés vers des hôpitaux de Lausanne et de Genève. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a quant à lui annoncé sur X que le centre Niguarda de Milan, spécialisé dans le traitement des grands brûlés, était « disponible ». De son côté, la Commission européenne affirme être « en contact » avec les autorités suisses afin de leur apporter une « aide médicale ».
AFP / RFI / Provinces26rdc.com
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