Trois questions au chanteur Bozi Boziana sur la gestion de droits d’auteur en RDC

Au cours d’une interview accordée à l’ACP à Paris, le chanteur-auteur compositeur Bozi Boziana, icône de la Rumba congolaise et précurseur de la 3ème génération des musiciens en République démocratique du Congo(RDC), a exprimé son regret sur le retard enregistré dans le traitement du dossier des visas pour les musiciens de son groupe Anti-choc à l’ambassade de France à Kinshasa alors qu’ils sont attendus en Europe pour une tournée. 75 ans d’âge et près de 60 ans de carrière musicale, il a également fustigé la politique de gestion collective des droits d’auteur au pays où le système de répartition est encore forfaitaire et archaïque, à l’ère du numérique.

1. Vous étiez accompagné lors de votre dernière prestation scénique à Savigny-le temple (banlieue parisienne) par une équipe de musiciens basés en France. Pourquoi l’absence de votre groupe de Kinshasa, qui était vivement attendu pour ce concert ?

Mes musiciens d’Anti-choc Kinshasa n’ont pas jusque-là obtenu leurs visas au niveau de l’ambassade française au pays. Leurs dossiers sont en cours de traitement. Je sais que ce n’est pas encore tard pour eux.

Car ils viendront à d’autres évènements prévus le mois prochain. Nous avons des dates bien calées dans le cadre d’une tournée européenne. Nous serons le 18 septembre à Athènes en Grèce et le 26 septembre à Upsal en Suède.

Je sais que notre gouvernement à travers la ministre de la Culture va nous aider pour obtenir les visas.

2. Durant toute la soirée, vous n’avez exécuté que vos anciens succès. A 75 ans, peut-on déjà vous déclarer une carrière au point mort ?

Je continue à travailler ! Présentement, je viens de lancer sur le marché une série de remixes des anciennes chansons telles que ‘‘Dernier coup de sifflet’’, ‘‘Matebu’’ et ‘‘Proclamation’’. Ce projet est déjà disponible en version audio et vidéo dans les plateformes de téléchargement.

Nous l’avons réalisé grâce à la maison ‘‘Nzombo Production’’ pour rendre hommage à titre posthume à Papa Wemba et Adrien Lenganshié Stervos Nyarkos, deux icônes de la musique et de la société des ambiaceurs et personnes élégants (SAPE). Par exemple, le titre ‘‘Dernier coup de sifflet’’ a été composé en 1987 par Nyarkos mais interprété par Wemba qui nous a quittés, il y a dix ans.

3. Vous êtes réputé auteur-compositeur prolifique avec une discographie riche dans l’histoire de la Rumba congolaise. Est-ce que vous bénéficiez de vos droits d’auteurs en RDC ?

Nous aurons un jour le temps de parler en profondeur de ce sujet très important. Ce qui se passe chez nous est totalement opposé à la gestion des droits d’auteur, sous d’autres cieux. Mais retenez qu’au Congo, on ne se retrouve vraiment pas en matière des droits d’auteur. Personne n’ignore la manière dont la répartition se fait… Nous recevons souvent des petites enveloppes sans feuillet.

Personnellement, je ne sais pas la façon dont les calculs se font pour être payé durant l’année. Je pense que les choses ne devraient pas se faire comme ça.

Ceux qui gèrent aujourd’hui nos droits d’auteur ont encore beaucoup à faire pour maximiser la recette des perceptions afin que les artistes congolais se retrouvent et puissent jouir de leurs œuvres. Espérons !

 


ACP / Provinces26rdc.com

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