Après presque une semaine de discussions, les 27 États membres de l’UE se sont mis d’accord sur un cinquième train de sanctions contre la Russie. Pour la première fois, l’UE s’attaque au secteur énergétique russe en décidant d’un embargo sur le charbon russe. Un paquet de sanctions assez conforme à ce qui avait été proposé par la Commission européenne.
Les 27 États membres se sont mis d’accord jeudi 7 avril sur un embargo unique sur le charbon russe, mais pas sur le pétrole ni sur le gaz. Le charbon russe représente 45% des importations de l’UE. C’est un chèque de 4 milliards d’euros par an qui ne rentrera plus dans les caisses russes, selon la Commission européenne. Le temps de rompre les contrats, sur une base légale, cet embargo entrera en vigueur au début du mois d’août prochain.
Au-delà du secteur énergétique, ce paquet de sanctions vise aussi les transports. Interdiction désormais aux navires russes de pénétrer dans les ports de l’Union. Quant aux transporteurs routiers russes et biélorusses, ils ne pourront plus rouler sur les routes européennes, explique notre correspondant à Bruxelles, Jean-Jacques Héry.
Pour frapper et saper encore un peu plus l’industrie russe, il sera par ailleurs impossible d’exporter vers la Russie des biens de haute technologie, des semi-conducteurs par exemple, cela représente un montant de 10 milliards d’euros.
En parallèle, les avoirs de plusieurs nouvelles banques russes vont être gelés. Et enfin, la liste noire de l’UE de personnalités russes s’allonge de plus de 200 noms d’individus, dont font partie des oligarques et les deux filles de Vladimir Poutine, et de 18 entités. Les personnes et entités qui figurent sur la liste noire européenne sont sanctionnées par une interdiction d’entrée dans l’UE et un gel de leurs avoirs.
Dans le même temps, l’UE a proposé d’augmenter de 500 millions d’euros le financement pour fournir des armes à l’Ukraine, qui serait porté à un total de 1,5 milliard d’euros depuis le début de l’invasion russe le 24 février, alors que les Occidentaux s’attendent à une offensive sur l’est de l’Ukraine.
Cette somme sert à rembourser les fournitures d’armements prélevées par les États membres sur leurs stocks. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a pressé jeudi les alliés occidentaux de fournir plus d’armes à son pays « maintenant » pour repousser l’armée russe.
Les Occidentaux préparent de nouvelles sanctions contre Moscou, accusé d’avoir commis des « crimes de guerre »

Les mesures cibleront les banques, les responsables russes et interdiront tout nouvel investissement en Russie
Les Occidentaux ont prévu de présenter mercredi de nouvelles sanctions contre Moscou après les meurtres de civils commis à Boutcha que le président Volodymyr Zelensky a qualifiés de « crimes de guerre », tandis que de violents combats et des frappes aériennes russes continuent de pilonner le port assiégé de Marioupol.
« La situation humanitaire dans la ville s’aggrave », ont déclaré mercredi les renseignements militaires britanniques.
« La plupart des 160.000 habitants restants n’ont ni lumière, ni communication, ni médicaments, ni chauffage, ni eau. Les forces russes ont empêché l’accès humanitaire, ce qui pourrait faire pression sur les résistants pour qu’ils se rendent », a-t-il été ajouté selon Reuters.
Les nouvelles sanctions qui doivent être annoncées mercredi sont en partie une réponse à ce qu’il s’est passé à Boutcha, a affirmé la Maison Blanche.
Les mesures, coordonnées entre Washington, le Groupe des sept (G7) et l’Union européenne, cibleront les banques ainsi que les responsables russes, et interdiront tout nouvel investissement en Russie, a-t-il été précisé.
La Commission européenne a proposé que les Vingt-Sept cessent leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l’UE, et qu’ils ferment leurs ports aux bateaux opérés par des Russes.
Le bloc travaille également sur l’interdiction des importations de pétrole.
La Nouvelle-Zélande a pour sa part déclaré mercredi qu’elle imposerait un droit de douane de 35% sur toutes les importations en provenance de Russie et étendrait les interdictions d’exportation sur les produits liés aux industries russes stratégiques.
Le porte-parole du Pentagone John Kirby a par ailleurs annoncé le déblocage d’une aide sécuritaire supplémentaire à l’Ukraine pouvant aller jusqu’à 100 millions de dollars. Ce qui porte à 1,7 milliard de dollars l’aide américaine allouée depuis l’invasion le 24 février.
RFI / i24news / Provinces26rdc.net
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