Violences sexuelles en temps de guerre : les USA « prêts » à sanctionner

Les violences sexuelles en temps de guerre constituent des violations graves du droit international humanitaire et sont strictement qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Leurs auteurs, qu’ils soient membres de forces armées régulières ou de groupes rebelles, s’exposent à de lourdes sanctions américaines, a menacé mercredi 8 juillet Tammy Bruce, représentante permanente adjointe des États-Unis à l’ONU, au cours du briefing présidé par la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka.

Dans sa déclaration faite devant le Conseil de sécurité, la diplomate americaine a condamné les violences sexuelles en temps de guerre, tout en critiquant le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits, affirmant qu’il repose sur une « rhétorique vide » et des positions idéologiques.

« Les États-Unis condamnent les violences sexuelles comme tactique de guerre, et ce, de manière générale et dans tous les cas. Nous sommes prêts à utiliser tous les outils à notre disposition, y compris des sanctions ciblées, pour imposer un coût réel aux auteurs de ces actes et à leurs réseaux, et nous l’avons fait », a-t-elle déclaré.

Tammy Bruce a, dans ce cadre, cité les récentes sanctions imposées par les États-Unis aux commandants des Forces de soutien rapide au Soudan et aux commandants de groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo.

« La violence à l’égard des femmes et des enfants, qu’elle soit sexuelle ou autre, condamne le potentiel même de l’humanité », a-t-elle souligné, appelant à un renforcement de la responsabilité tant en temps de guerre qu’en temps de paix.

Les cas de violence sexuelle liés aux conflits ont plus que doublé en 2025. Selon le dernier rapport annuel de l’ONU sur la question, près de 10 000 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été recensés dans le monde l’an dernier, soit plus du double du chiffre de l’année précédente, le viol, l’esclavage sexuel et l’enlèvement étant utilisés comme armes de guerre en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe et dans les Caraïbes.

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU sur cette question Pramila Patten a déclaré que ces chiffres reflétaient une tendance mondiale qui s’aggrave, l’insécurité croissante, les déplacements de population et la diminution des ressources pour les survivants alimentant tous cette crise.

Un des évènements phares de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, ce débat organisé autour du thème « honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants des violences sexuelles liées aux conflits » visait à examiner les mesures concrètes mises en œuvre par les États membres et les organisations régionales pour prévenir les violences sexuelles liées aux conflits, traduire les auteurs en justice et répondre aux besoins spécifiques des survivantes et survivants.

Les discussions ont cherché également à identifier des stratégies permettant de faire des survivantes et survivants des co-actrices et co-acteurs à part entière dans l’élaboration des solutions, ainsi que des mesures visant à promouvoir leur leadership, leur participation effective et leur influence dans l’élaboration des politiques et les processus décisionnels dans ce domaine, conformément à la résolution 2467 (2019).

En 2025, dans un contexte mondial marqué par l’intensification et la prolifération des conflits armés, par l’aggravation des crises humanitaires ainsi que par l’effet cumulatif des crises climatiques et alimentaires, les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits ont été confrontés à des obstacles croissants dans l’accès aux services de santé, à la justice et aux mesures de réparation, rendant plus urgente que jamais la pleine mise en œuvre du cadre normatif établi par le Conseil de sécurité. Le nombre de cas vérifiés par les Nations Unies a fortement augmenté, se caractérisant trop souvent par un degré extrême de brutalité, et visant de manière disproportionnée les femmes et les filles.


Afriqu’actu / Provinces26rdc.com

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