Dans une adresse à la nation, samedi matin, Vladimir Poutine a dénoncé le « coup de poignard dans le dos » du Groupe Wagner. Evgueni Prigojine a affirmé être entré en Russie avec ses troupes avec objectif de renverser le commandement militaire.
Evgueni Prigojine a affirmé, samedi 24 juin, être entré en Russie avec ses troupes dans le but de renverser le commandement militaire, se disant « prêt à mourir » avec ses 25 000 hommes pour « libérer le peuple russe ». « Ce n’est pas un coup d’État militaire, c’est la justice qui est en marche. Nos actions ne gênent en rien les troupes [engagées en Ukraine] », a-t-il clamé.
Dans une série de messages audio postés tout au long de la nuit sur Telegram, le chef du Groupe Wagner a annoncé que ses forces, jusqu’à présent déployées en Ukraine, avaient traversé la frontière russe et étaient entrées dans la ville de Rostov (Sud). Il a aussi assuré que ses troupes avaient abattu un hélicoptère russe qui avait « ouvert le feu sur une colonne civile ». L’Agence France-Presse (AFP) n’a cependant pas été en mesure de confirmer la véracité de ses propos.
À Moscou, les mesures de sécurité ont été « renforcées » autour des sites sensibles, comme le ministère de la Défense, la Douma ou le Kremlin. Le maire, Sergueï Sobianine, a annoncé samedi matin que des « activités antiterroristes » étaient en cours. Le gouverneur de la région de Rostov − dont la capitale serait prise d’assaut par le Groupe Wagner selon son chef − a appelé la population à « rester à la maison ». Et celui de Lipetsk, à 420 km au sud de Moscou, a, lui aussi, annoncé « des mesures de sécurité renforcées ».
Un influent général russe, Sergueï Sourovikine, a appelé les combattants de Wagner à rentrer dans leurs casernes. Le service fédéral de sécurité (FSB) a également demandé aux combattants de Wagner d’arrêter leur chef.
Le parquet russe a annoncé une enquête pour « mutinerie armée » contre M. Prigojine. Selon la loi russe, Evgueni Prigojine risque entre douze et vingt ans d’emprisonnement s’il est arrêté.
Dans la journée, le patron de Wagner avait préalablement accusé le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou − avec qui il est en conflit larvé depuis des mois − d’avoir ordonné des attaques sur ses positions, ayant fait un « très grand nombre de victimes » parmi ses hommes. Ce que le ministère de la Défense a démenti.
Plus tôt, Evgueni Prigojine avait également assuré que l’armée russe reculait dans les zones de Zaporijia et de Kherson ainsi qu’à Bakhmout, contredisant les propos de Vladimir Poutine et de Sergueï Choïgou, selon qui l’armée russe « repousse » tous les assauts ukrainiens. « Il n’y a pas de succès militaires » de Moscou, avait cinglé M. Prigojine, affirmant que les militaires russes « se lavent avec leur sang », une manière d’affirmer qu’ils subissent de lourdes pertes.
En Ukraine, la Russie a lancé dans la nuit de vendredi à samedi une nouvelle salve de missiles contre plusieurs villes : à Dnipro, à Kiev, à Kharkiv. Des blessés ont été reportés.
Le ministère de la Défense russe a de son côté averti que l’Ukraine se prépare à attaquer du côté de Bakhmout en « profitant de la provocation de Prigojine pour déstabiliser la situation ».
Les factions russes rivales ont commencé à « se dévorer entre elles pour le pouvoir et l’argent », s’est félicité le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov. À Washington, la Maison-Blanche a dit suivre de près la situation.
L’opposant russe et homme d’affaires en exil Mikhaïl Khodorkovski a appelé samedi à aider le chef du Groupe Wagner. « Oui, même le diable, il faudrait l’aider s’il décidait d’aller contre ce régime ! », a-t-il déclaré.
Le Monde / Provinces26rdc.com
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