La députée nationale honoraire (2019-2024), Colette Tshomba, s’est exprimé, ce mercredi 27 janvier 2026, au lendemain du lancement de l’opération de contrôle des véhicules dans la ville de Kinshasa, sur décision du gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
Débutée le lundi 26 janvier avec pour objectif de fluidifier la circulation, l’opération révèle des effets inquiétants au point que la diminution des embouteillages telle que voulue par les autorités s’est accompagnée de la rareté des véhicules de transport, compliquant ainsi la mobilité des usagers.
Au regard de la situation, Colette Tshomba a d’abord salué l’initiative de régulation. Pour elle, l’opération est avant tout bénéfique pour les conducteurs et les taximen, rappelant qu’exercer dans la légalité est une protection pour leur propre activité.
Consciente par ailleurs de l’impact social de cette mesure administrative, Colette Tshomba a sollicité une réponse d’envergure de la part de l’exécutif. Elle appelle le gouvernement à multiplier les idées pour soulager les citoyens, notamment la mise en service d’une flotte considérable de bus publics.
À l’en croire, l’introduction de véhicules publics propres et aux normes permettrait d’alléger la tâche des « paisibles citoyens », sachant que cette nouvelle politique est appelée à s’inscrire dans la durée.
Pour l’heure, la situation dans la capitale se résume à un paradoxe : « présence accrue des agents sur les artères avec conséquence absence d’embouteillages, mais aussi une forte diminution du nombre de taxis et de bus en circulation avec comme retombée une réelle difficulté d’accès aux transports pour la population kinois ».
Embouteillages à Kinshasa : taxer la route ne la rend pas plus large

À Kinshasa, on tente de soigner un infarctus avec un stylo.
Face aux embouteillages monstres qui paralysent la capitale, la réponse choisie est avant tout administrative : permis, vignette, assurance, contrôle technique. Une mise en règle généralisée dont la facture frôle les 500 dollars par véhicule. Officiellement, il s’agit de remettre de l’ordre. En pratique, on confond discipline routière et fluidité du trafic.
Oui, le respect des règles est nécessaire.
Oui, la sécurité routière est indispensable.
Mais croire que la conformité des papiers va, par miracle, dissoudre les bouchons relève d’un dangereux raccourci.
Les embouteillages de Kinshasa ne sont pas d’abord un problème de légalité. Ils sont un problème de mathématiques urbaines.
Chaque jour, des milliers de véhicules supplémentaires s’ajoutent à un réseau routier qui, lui, n’a presque pas évolué. Des avenues trop étroites pour une mégapole, des routes dégradées qui réduisent parfois la circulation à une seule voie praticable, des carrefours sans régulation efficace, des arrêts de bus improvisés, un stationnement anarchique.
L’équation est simple : trop de véhicules pour trop peu d’espace.
Dans ces conditions, même si 100 % des conducteurs présentaient des documents impeccables, ils resteraient coincés pare-chocs contre pare-chocs, moteur allumé, klaxon rageur.
Faire payer davantage les usagers ne crée ni nouvelles routes, ni transports publics performants, ni feux intelligents, ni parkings organisés. Cela ne fait que déplacer le problème de la chaussée vers le portefeuille.
La vraie question n’est donc pas :
« Qui est en règle ? »
Mais plutôt :
« Où sont les investissements massifs dans la mobilité urbaine ? »
Transports en commun fiables.
Réhabilitation sérieuse des axes stratégiques.
Gestion moderne et intelligente du trafic.
Planification urbaine qui anticipe la croissance au lieu de la subir.
Sans cela, la politique actuelle risque de produire une situation absurde : des conducteurs parfaitement en règle, mais toujours immobiles.
On ne désengorge pas une ville avec des quittances.
On la désengorge avec des routes adaptées, des alternatives de transport et une vision à long terme.
Le reste n’est qu’une illusion administrative.
Actu30 / Provinces26rdc.com
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