RDC-Ituri : Une centaine d’enfants recrutés par les ADF à Mambasa, alerte le Parlement des jeunes

Le Parlement des jeunes de l’Ituri dénonce le recrutement massif d’enfants par les ADF dans le territoire Mambasa. Dans une déclaration lundi 6 avril à Bunia, cette structure citoyenne fustige l’utilisation systématique d’enfants par les miliciens ADF à Mambasa. Plus de 100 mineurs auraient été enlevés en l’espace de quelques semaines pour servir de combattants ou de boucliers humains, affirmant que l’avenir d’une génération est en péril dans cette région.

Selon ces jeunes, les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) multiplient les rapts d’enfants lors de leurs incursions. Ces mineurs, arrachés à leurs familles et à leurs écoles, subissent un sort tragique : certains sont formés de force au maniement des armes, tandis que d’autres sont exposés en première ligne comme boucliers humains lors des affrontements.

Un crime contre l’humanité

Pour Gloire Abasi, président du Parlement des jeunes de l’Ituri, ces actes ne sont pas seulement des violations des conventions internationales, mais constituent de véritables crimes contre l’humanité.

« L’enfant n’a pas sa place dans les groupes armés, l’enfant n’est pas un porteur d’armes. Il doit être protégé et sécurisé. Ce que nous observons aujourd’hui est une aventure macabre qui hypothèque l’avenir de toute notre région », a-t-il déclaré.
Appel à la CPI et au Gouvernement

Face à l’ampleur de la situation, Gloire Abasi lance un double appel :

Au Gouvernement congolais : de s’investir davantage pour mettre fin à l’activisme des ADF et sécuriser les zones de vie des populations civiles.
À la Cour Pénale Internationale (CPI) : d’engager des poursuites contre les leaders de cette rébellion, qualifiés de « prédateurs », pour le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats.

La structure interpelle également la communauté internationale sur l’urgence d’agir avant que ces enfants, qui devraient préparer leur avenir sur les bancs de l’école, ne soient définitivement transformés en instruments de mort.

Aucune réaction officielle pour l’instant concernant ces accusations.

Ituri : escalade des violences à Mambasa, plus de 100 enfants enlevés et six attaques en huit jours

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La situation sécuritaire se détériore de manière alarmante dans le territoire de Mambasa, où les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés au groupe État islamique, intensifient leurs opérations avec une brutalité croissante.

Longtemps cantonnées aux zones forestières et aux sites miniers isolés, les attaques des ADF prennent désormais une tournure plus offensive et systématique. Les assaillants ciblent non seulement les villages reculés, mais aussi des zones proches du centre urbain, semant la terreur au sein des populations civiles.

Selon le Parlement des jeunes de l’Ituri, plus de 100 enfants ont été enlevés en l’espace de quelques semaines. Ces mineurs seraient utilisés comme combattants ou boucliers humains.

Son président, Gloire Abasi, dénonce des « crimes contre l’humanité » et alerte sur « une génération sacrifiée », soulignant le caractère organisé de ces enlèvements.

Parallèlement, les attaques se multiplient à un rythme soutenu. En seulement huit jours, six assauts ont été recensés dans le territoire de Mambasa.

Dans la nuit du 5 au 6 avril, les rebelles ont mené une incursion jusque dans Mambasa-centre, notamment aux PK2, PK3 et PK4. Des habitations ont été incendiées, des commerces pillés et plusieurs civils contraints de transporter les biens volés. Aucun bilan officiel n’était encore avancé au moment de la rédaction.

La psychose gagne la population. Les activités économiques sont à l’arrêt : commerces fermés, écoles désertées, champs abandonnés. Les déplacements deviennent risqués, les axes routiers étant de plus en plus exposés aux embuscades.

Quelques jours plus tôt, le 2 avril, la localité de Bafwakoa avait déjà été durement frappée, avec au moins 43 civils tués et d’importants dégâts matériels.

À la mi-mars, les sites miniers de Muchacha et Babesua avaient également été ciblés, faisant respectivement 35 morts et entre 15 et 17 victimes.

Dans plusieurs zones, les ADF continuent d’occuper des sites aurifères stratégiques, ce qui leur permettrait de financer leurs activités armées.

Pour de nombreux observateurs, cette recrudescence des violences traduit une aggravation d’une crise sécuritaire persistante. Malgré l’instauration de l’état de siège en Ituri depuis mai 2021, régulièrement prorogé, les attaques n’ont pas cessé et semblent même s’intensifier dans certaines zones.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à des mesures plus ciblées et efficaces, notamment un renforcement du dispositif militaire dans le territoire de Mambasa, une meilleure coordination des opérations et une protection accrue des populations civiles.

Par ailleurs, plusieurs organisations appellent à une mobilisation accrue de la communauté internationale, notamment en matière de protection des enfants et de lutte contre les groupes armés actifs dans la région.

La situation reste extrêmement préoccupante, et les habitants de Mambasa continuent de vivre dans la peur quotidienne de nouvelles attaques.


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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