Une bonne communication avec les communautés locales et l’adhésion de la population aux mesures sanitaires constituent les principales armes pour freiner la propagation de l’épidémie de la Maladie de virus à Ebola en province de l’Ituri, a estimé ce samedi 16 mai 2026, le professeur Jean-Jacques Muyembe, lors d’une intervention sur les antennes de France24.
« Une bonne communication avec les communautés locales et l’adhésion de la population aux mesures sanitaires constituent les principales armes pour freiner la propagation de la maladie », a-t-il estimé.
S’agissant de la souche « Bundibugyo » détectée dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia, le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a plaidé pour le renforcement de la sensibilisation communautaire afin de rééditer le succès de la riposte menée en 2012 à Isiro, dans la province du Haut-Uélé.
« La première fois où nous avons eu une épidémie avec Bundibugyo, c’était en 2012 à Isiro. Nous avons simplement utilisé la bonne communication et les bons conseils. Si la population adhère à ces mesures de santé publique, il y a beaucoup de chances que l’épidémie soit contrôlée dans deux ou trois mois », a-t-il rassuré.
Par ailleurs, le professeur Muyembe a évoqué des recherches en cours sur une éventuelle protection croisée entre les vaccins développés contre Ebola Zaïre et la souche Bundibugyo, une piste qui pourrait constituer une avancée majeure dans la lutte contre l’épidémie.
« Nous voulons tester si les molécules développées pour Ebola Zaïre peuvent également offrir une protection croisée avec Ebola Bundibugyo. Si le vaccin contre Ebola Zaïre peut avoir une protection croisée, ce sera vraiment un miracle qui peut accélérer la lutte contre cette épidémie », a-t-il indiqué.
Le co-découvreur du virus Ebola a également salué l’implication des partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale, estimant que leur soutien demeure indispensable pour une riposte efficace.
« Le soutien des partenaires techniques et financiers, c’est vraiment la clé. Avec l’appui de l’OMS, de la Banque mondiale et les efforts du gouvernement, nous pouvons arriver à arrêter cette épidémie le plus rapidement possible », a-t-il affirmé.
Abordant les défis opérationnels, le professeur Muyembe a reconnu que la logistique reste l’un des principaux obstacles dans cette riposte sanitaire insistant sur la nécessité d’éviter une approche militarisée afin de préserver un climat de confiance avec les populations locales.
« En 2020, nous avons eu une épidémie dans cette province et nous n’avons pas militarisé la riposte. Nous avons privilégié une approche prudente et utilisé le plus possible les autochtones comme membres des équipes de riposte », a-t-il rappelé.
Malgré les menaces sécuritaires persistantes dans certaines zones de l’Ituri, Dr Muyembe a souligné que les équipes sanitaires avaient réussi à travailler grâce à la collaboration communautaire.
Dans son communiqué du 15 mai courant le ministère de la santé faisait état de 246 cas suspects notifiés et 80 décès parmi lesquels 4 testés positifs, souligne-t-on.
ACP / Provinces26rdc.com
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