L’armée israélienne a annoncé dimanche s’être emparée de l’emblématique forteresse médiévale de Beaufort, un « tournant décisif », selon Benyamin Nétanyahou, de son offensive dans le sud du Liban, où elle se dit déterminée à « écraser » le Hezbollah pro-iranien.
La prise de Beaufort est une étape spectaculaire et un tournant décisif dans l’offensive, a affirmé le premier ministre israélien. Mes instructions sont d’approfondir et d’étendre notre contrôle des lieux qui étaient sous le contrôle du Hezbollah, a-t-il ajouté.
Paris a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, car rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais, a dit le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot.
La prise de la citadelle construite par les Croisés au XIIe siècle, un site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d’Israël, ouvre la voie à une progression de l’armée vers la région de Nabatiyé.
Parallèlement, Israël a ordonné à la population d’évacuer une vaste zone du sud du Liban, entre sa frontière et le fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres plus au nord.
Cette conquête de Beaufort est tragique, pour Zeinab Fakih, qui a fui Nabatiyé. Et il nous est désormais impossible de retourner chez nous, car la ville est en grande partie détruite, dit-elle à l’AFP, interrogée dans un abri pour déplacés à Saïda, plus grande ville du sud.
Pour Issa Tfaily, cela ne signifie pas que nous avons perdu notre terre. Nous retournerons à Nabatiyé, si ce n’est pas aujourd’hui, alors demain, tant qu’il y aura une résistance, explique cet autre Libanais.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3371 personnes ont été tuées au Liban et plus d’un million, déplacées, selon Beyrouth. L’armée israélienne a annoncé dimanche qu’un soldat avait été tué la veille par un drone explosif du Hezbollah, ce qui porte le bilan à 25 morts dans le camp israélien.
L’avancée israélienne intervient alors que les États-Unis sont en pleine négociation avec l’Iran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient, Téhéran posant l’arrêt des hostilités au Liban comme condition à tout accord.
Des images de l’Agence France-Presse montrent les couleurs israéliennes flotter sur le site médiéval et de la fumée s’élever des alentours, visés par des tirs d’artillerie.
« Écraser le Hezbollah »
Stratégique, le site a également une dimension symbolique pour avoir servi de base aux forces israéliennes durant les deux décennies d’occupation du sud du Liban, qui ont pris fin en 2000.
Quarante-quatre ans après la bataille héroïque de Beaufort, des soldats sont revenus au sommet de Beaufort et y ont de nouveau hissé le drapeau d’Israël, a indiqué, réjoui, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
La forteresse avait obtenu en 2024 une protection renforcée de l’UNESCO. Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, s’était inquiété vendredi du sérieux danger auquel l’exposait l’offensive israélienne.
Après avoir franchi le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière, l’armée israélienne a annoncé dimanche avoir étendu ses opérations contre des cibles du Hezbollah au nord du fleuve.
Elle a ensuite annoncé des frappes sur des infrastructures du Hezbollah à Tyr, où 13 employés ont été blessés près d’un hôpital, selon le ministère libanais de la Santé.
Plusieurs autres villages du sud ont aussi été touchés, selon l’Agence nationale d’information libanaise (Ani).
La campagne n’est pas encore terminée, a indiqué M. Katz.
« Punition collective »
De son côté, le Hezbollah a affirmé dimanche avoir visé des positions de l’armée israélienne à Shlomi, à Nahariya et dans la région de Krayot, dans le nord d’Israël.
Aucun impact direct n’a été signalé dans le nord d’Israël au cours de la dernière heure, a indiqué un porte-parole militaire à l’Agence France-Presse.
Peu avant, l’armée israélienne avait déclaré que la plupart des projectiles tirés vers le nord du pays avaient été interceptés, d’autres, tombés dans des zones non habitées, sans signaler de blessés.
Samedi, le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a fustigé dans un discours la politique de la terre brûlée et de punition collective menée par Israël, jugeant qu’elle ne lui apporterait ni la sécurité ni la stabilité.
Il a toutefois défendu la poursuite des négociations directes avec le pays voisin, lancées en avril pour résoudre le conflit et rejetées par le Hezbollah, y voyant la voie la moins coûteuse pour le Liban.
Une nouvelle séance de pourparlers entre les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, est programmée les 2 et 3 juin à Washington.
Une réunion en matière militaire s’est tenue au Pentagone, vendredi, sans que Beyrouth ne puisse obtenir un cessez-le-feu effectif, celui théoriquement en vigueur depuis le 17 avril n’étant pas respecté.
Radio Canda/Provinces26rdc.com
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