Kinshasa : les chauffeurs dénoncent une « arnaque » derrière l’imposition de nouvelles plaques aux véhicules de transport en commun

Ce 15 samedi aout 2026, annoncée dernier par le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, cette réforme prévoit notamment l’instauration d’une plaque d’immatriculation spécifique pour les véhicules affectés au transport en commun, ainsi que la délivrance d’une carte professionnelle à leurs conducteurs. Le ministère provincial des Transports de Kinshasa veut introduire une nouvelle réforme dans le secteur du transport en commun.

Selon le ministère provincial, cette mesure vise à faciliter la traçabilité des véhicules de transport en commun et à améliorer l’identification de leurs conducteurs.

Mais sur le terrain, la mesure passe mal. Les associations de chauffeurs dénoncent une décision prise, selon elles, sans concertation préalable avec les principaux concernés. Elles y voient surtout un nouveau mécanisme susceptible d’alourdir les charges et les tracasseries auxquelles les professionnels du secteur sont déjà confrontés.

Dans une interview exclusive accordée ce lundi à la rédaction de MediaCongo Press (MCP), Éric Manianga, président de l’Association des chauffeurs « Mopila » ASBL, rejette fermement cette réforme.

« Notre association des chauffeurs Mopila ASBL et l’Alliance des associations des chauffeurs professionnels acceptons les réformes que le ministre provincial veut apporter, mais pas dans le sens d’imposer aux chauffeurs et aux propriétaires des véhicules de nouvelles plaques uniquement pour ceux qui font le transport en commun. Nous estimons que ce n’est pas bien », a-t-il déclaré.

Pour lui, l’instauration d’une nouvelle plaque soulève surtout des interrogations sur sa base légale, alors que les véhicules disposent déjà de plaques délivrées dans le cadre du système d’immatriculation existant.

« Les plaques s’obtiennent déjà à la DGI. Nous nous demandons sur quelle base juridique le gouvernement veut mettre en place des plaques pour les véhicules de transport en commun. C’est une sorte d’arnaque, une manière de chercher davantage de tracasseries chez les chauffeurs », a dénoncé Éric Manianga.

La carte professionnelle également contestée

La mesure concernant la carte professionnelle des chauffeurs ne trouve pas davantage grâce aux yeux de cette organisation. Éric Manianga estime que l’identification professionnelle des conducteurs devrait être organisée par leurs propres structures représentatives plutôt que d’être imposée par l’autorité provinciale.

« Je ne vois pas une structure qui n’est pas publique et que l’État va imposer à ses membres des cartes. C’est une affaire des associations des chauffeurs qui doivent s’organiser pour donner à leurs membres des cartes professionnelles », soutient-il.

Et de poursuivre : « Est-ce que la ville de Kinshasa impose des cartes professionnelles aux journalistes et aux avocats ? Ce sont leurs propres organisations qui s’en occupent. Pourquoi veut-il l’imposer aux chauffeurs ? Ce n’est pas une bonne chose. »

Face à ce qu’il considère comme une réforme imposée et susceptible d’accroître les charges et les tracasseries dans un secteur déjà en difficulté, l’Association des chauffeurs « Mopila » ASBL demande au ministre provincial des Transports de revenir sur sa décision et d’ouvrir, au préalable, un dialogue avec les organisations représentatives des chauffeurs.

Il sied de noter que l’association prévient par ailleurs qu’en l’absence de retrait de cette décision, elle envisage d’organiser une série de manifestations afin de faire entendre sa voix et de contester cette réforme.

 

Provinces26rdc.com

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