Ce mercredi 17 juin 2026 à Kasindi, soixante-huit ressortissants congolais expulsés d’Ouganda pour séjour irrégulier ont été accueillis dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Selon les autorités locales, ce groupe est composé de 29 hommes, 18 femmes et 21 enfants.
Les personnes concernées sont provisoirement hébergées dans les installations de l’église 8ᵉ CEPAC, au quartier Congo ya Sika, en attendant leur prise en charge.
L’arrivée de ces expulsés a suscité des inquiétudes au sein de la population après la diffusion, sur les réseaux sociaux, de messages faisant état de la présence d’une soixantaine de personnes « suspectes » dans cette cité frontalière.
Pour dissiper les rumeurs, le comité local de sécurité est intervenu devant la presse ce jeudi 18 juin. Les autorités ont précisé qu’il s’agit de citoyens congolais reconduits à la frontière depuis le district de Masaka, en Ouganda, en raison de leur situation migratoire irrégulière.
Le bourgmestre de la commune de Kasindi, Bwambale Mughanirwa Gilbert, a assuré qu’aucun élément ne permet de considérer ces personnes comme une menace pour la sécurité. Il a appelé la population au calme et à faire preuve de vigilance face aux informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux.
Il sied de noter que les autorités invitent les habitants à se référer uniquement aux communications officielles afin d’éviter la propagation de fausses informations et de préserver la cohésion sociale dans cette zone frontalière.
Kasindi : une tentative de justice populaire contre des expulsés d’Ouganda déjouée

Une vive tension a été observée dans la nuit du jeudi 18 juin à Kasindi-Lubiriha, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), après qu’un groupe de personnes a été pris à tort pour des individus suspects par des habitants du quartier Kikemba.
Selon les informations recueillies auprès des services de sécurité, les personnes visées étaient 17 ressortissants congolais faisant partie des 68 citoyens récemment expulsés d’Ouganda pour séjour irrégulier. Arrivés à Kasindi le 17 juin, ils avaient été autorisés à rejoindre des familles d’accueil ou des connaissances en attendant leur réinsertion.
D’après le commandant de la PNC à Kasindi, le commissaire principal Kasereka Kambere Claude, l’incident serait survenu lorsqu’un triporteur transportant une partie de ces expulsés a été intercepté par des habitants qui ne les avaient pas identifiés. Cette méprise a rapidement alimenté des rumeurs et des soupçons au sein de la population, provoquant un mouvement de panique qui a dégénéré en tentative de justice populaire.
L’intervention des forces de l’ordre, marquée par des tirs de sommation dans le quartier Kikemba, a permis de disperser la foule et d’éviter des violences contre les personnes concernées.
Réagissant à cet incident, la porte-parole adjointe de la Police nationale congolaise au Nord-Kivu, la commissaire Yvette Kaseso, a condamné le recours à la justice populaire. Elle a invité la population à signaler tout comportement suspect aux autorités compétentes plutôt que de se faire justice elle-même.
Cet épisode montre comment les rumeurs, la désinformation et les confusions d’identité peuvent devenir dangereuses, surtout dans un climat où la méfiance est forte entre les communautés frontalières.
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