Moyens de l’État mobilisés, voix discordantes étouffées et climat de terreur instauré. Tels sont, selon l’épiscopat congolais, les leviers actionnés par le camp présidentiel pour mener sa campagne en faveur du changement de la Constitution.
Pire encore, déplorent les évêques catholiques, les pressions exercées visent aussi à réduire au silence les opinions dissidentes au sein même de la coalition au pouvoir. « Elles sont obligées de se taire par peur des représailles ». La CENCO fait ici clairement allusion au feuilleton politique ayant entouré Modeste Bahati en mars dernier. À cette période, sa prise de position anti-réforme constitutionnelle avait suscité de fortes tensions au sein de la majorité.
Plusieurs de ses alliés politiques s’étaient progressivement désolidarisés de lui, ouvrant la voie à une véritable fronde au sein de l’AFDC-A et de la majorité parlementaire. Cette contestation interne avait conduit à une motion visant son départ au perchoir du Sénat. Sous la pression, il avait fini par jeter l’éponge et quitter ses fonctions de deuxième vice-président de la Chambre haute. Depuis, son regroupement est resté fragilisé, certains observateurs évoquent même un risque de dédoublement, conséquence des divisions internes.
Par ailleurs, les prélats estiment que certains partisans du changement de la loi fondamentale ne cachent plus leur volonté d’offrir un « nouveau cycle de mandats à l’actuel président de la République, Félix Tshisekedi ». Une démarche qui constituerait, selon eux, une rupture avec le pacte républicain conclu après les différentes crises qu’a connues le pays.
En plus, ils mettent également en garde contre les conséquences de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum, qu’ils soupçonnent d’ouvrir la voie à une remise en cause des dispositions verrouillées par l’article 220 de la Constitution. Face à ce qu’elle considère comme un « passage en force », l’Église catholique évoque des risques de balkanisation du pays et de résurgence des conflits, avant de conclure qu’elle ne voit « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » de changer la loi des lois.
S’agissant du sit-in réprimé de l’opposition le 12 juin dernier, les évêques catholiques ont attribué les heurts de cette manifestation à l’action conjointe des agents de l’ordre et de la Force du progrès, présentée comme une milice affiliée à l’UDPS, parti présidentiel.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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