RDC : « Lorsque la Nation est en péril, on ne change pas les règles du pacte républicain » Sesanga soutient la Cenco

La prise de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) contre toute révision de la Constitution continue de susciter des réactions. Dans une déclaration publiée samedi 20 juin 2026, Delly Sesanga a salué le « courage » des évêques catholiques et estimé qu’un changement de la Loi fondamentale serait inopportun dans le contexte actuel, marqué par la guerre dans l’Est du pays, les tensions politiques et les défis socioéconomiques auxquels fait face la République démocratique du Congo.

La sortie de la Cenco continue de faire réagir la classe politique. Parmi les premières personnalités à prendre position figure Delly Sesanga, qui a apporté son soutien au message des évêques catholiques appelant à écarter toute perspective de révision constitutionnelle au profit des priorités liées à la paix, à la sécurité et à l’unité nationale.

Dans une déclaration rendue publique samedi, le président du parti Envol a salué ce qu’il qualifie de « position courageuse de la Cenco», estimant que le pays traverse « l’une des heures les plus graves de son histoire ». Pour l’opposant, les menaces qui pèsent sur l’intégrité territoriale de la RDC imposent de privilégier le rassemblement national plutôt que l’ouverture de nouveaux fronts de confrontation politique.

« Lorsque la Nation est en péril, on ne change pas les règles du pacte républicain. On défend la patrie », affirme-t-il. Reprenant les conclusions formulées par les évêques au terme de leur Assemblée plénière extraordinaire, Delly Sesanga estime qu’il n’existe aujourd’hui « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » de modifier la Constitution.

L’opposant met en garde contre les conséquences d’un tel processus dans un contexte déjà marqué par la guerre et l’insécurité. « Toucher aujourd’hui au pacte constitutionnel, c’est ajouter délibérément une crise politique à une crise sécuritaire déjà existentielle pour la République, qui lutte pour sa survie », prévient-il.

Selon lui, la Constitution de 2006 a permis de refermer certaines fractures héritées des conflits et des crises politiques qui ont secoué le pays. Ouvrir aujourd’hui un débat sur sa modification risquerait, à ses yeux, de raviver des tensions identitaires, des revendications séparatistes et des conflits communautaires susceptibles d’affaiblir davantage la cohésion nationale.

Cette position rejoint largement celle exprimée par la Cenco dans son message intitulé « La Nation est en péril ! Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan ». Les évêques y affirment ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’un changement de la Constitution, estimant que les véritables priorités du pays demeurent la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale.

Depuis la Conférence nationale souveraine jusqu’à l’Accord de la Saint-Sylvestre, en passant par ses multiples interventions lors des crises politiques et électorales, l’Église catholique a souvent joué un rôle de vigie dans la vie publique congolaise. Ses prises de position continuent d’influencer le débat national bien au-delà des cercles religieux.

Les partisans d’une révision constitutionnelle soutiennent pour leur part que certaines dispositions de la Loi fondamentale méritent d’être adaptées aux réalités actuelles du pays. Mais dans un contexte marqué par la persistance de la guerre dans l’Est et les inquiétudes sur l’avenir de la nation, les appels de la Cenco et de Delly Sesanga contribuent à recentrer le débat sur une question essentielle : la RDC a-t-elle aujourd’hui besoin d’une nouvelle Constitution ou d’une mobilisation collective pour préserver son unité et sa stabilité ?

 


LePotentiel / Provinces26rdc.com

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