COVID-19 : coup dur sur l’économie suite à la suspension du trafic aérien en RDC

Depuis la communication des mesures de lutte contre la propagation de la pandémie du Coronavirus en RDC annoncées le 18 mars dernier par le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le secteur de transport aérien à l’instar de tous les pays où sévit la pandémie, souffre abondamment

D’après une mini-enquête réalisée par l’ACP auprès de quelques opérateurs de la plate-forme de l’aéroport international de N’djili à Kinshasa,  la suspension du trafic aérien en domestique et en international,  a porté  un coup dur à l’économie  congolaise et, plus, à l’activité humaine, impactant  négativement le trésor public et le panier de la ménagère congolaise.

Selon eux, l’interruption du trafic aérien a entrainé avec elle, du point de vue migratoire notamment, un départ  massif  de la RDC de plus de 3.000 expatriés dont des opérateurs économiques, des chefs  et agents d’entreprises mais aussi, des hommes d’affaires nationaux, pour cause du Coronavirus.

Du côté congolais, quelque 400 citoyens, dont des femmes et hommes d’affaires, qui étaient confinés à Dubaï, aux Emirats arabes unis, ont été récemment rapatriés par le gouvernement. Un retour assimilé à un blocage du circuit d’affaires, créant par conséquent  un désarroi et une nervosité  des échanges.

Pendant ce temps, plus d’un millier de Congolais qui apportait un plus à l’économie nationale,  croupit encore dans le confinement à l’étranger, attendant le rapatriement.  En temps  normal, ont-ils estimé, l’aéroport de N’djili accueillait  plusieurs centaines de passagers tant en vols domestiques qu’en vols internationaux avec des rentrées pécuniaires, soutenant les trésoreries des opérateurs et au finish le trésor public.

A ce jour, la plate-forme ne reflète plus que l’image d’un cimetière rythmé par des cris d’oiseaux, excepté quelques vols affrétés par les officiels et/ou les privés ainsi que des avions cargo qui amènent des produits vivriers de l’arrière-pays, les aéronefs de quelques compagnies locales étant cloués au sol.

En réalité, la circulation de personnes était, par ce fait même,  bénéfique pour le pays, en termes d’échanges commerciaux caractérisés par un flux de marchandises, doublé d’échange des expériences, de transfert de technologie et des innovations en passant par des échanges culturels interhumains et touristiques, avec un apport sur l’économie,  pour le bien  d’un plus grand nombre.

En outre, dans la plate-forme aéroportuaire de N’djili se trouvent également  des petites et moyennes entreprises (PME) et des chauffeurs  de taxis et taxis motos réunis en association, des boutiques, des bars et des cambistes. Cette catégorie  d’organisation lucrative subit actuellement de plein fouet une perturbation des activités. Ne sachant, par conséquent,  à quel saint se vouer, encore que la durée  de la sortie de tunnel est encore incertaine, cette catégorie se trouve à la croisée de chemin, affirmait un des membres de ces PME.

Une crise mondiale aux conséquences également congolaises où plusieurs agents des compagnies nationales d’aviation civile ayant suspendu des vols en raison du COVID-19, sont poussés à un chômage déguisé.

Aussi, l’Etat perd-il une importante source de devise,  en raison de la suspension du trafic aérien, avec notamment le payement de la taxe GO PASS qui rapportait à la République quelque 25 millions USD par an et la suspension de l’exploitation de l’espace aérien congolais, ont ajouté les opérateurs de la plate-forme de l’aéroport international de N’djili.

Sur le plan administratif, ont-ils poursuivi, les services publics tournent au ralenti, les services minima mis en place, le rythme de travail ayant  sensiblement baissé avec comme  conséquence, la  lenteur administrative.  Ce qui  constitue, estiment des experts, un manque à gagner important pour le pays.

Dans le domaine de la douane, service générateur des recettes publiques, l’interruption du flux migratoire pour raison de COVID-19 a porté un coup de frein au transport des  marchandises par fret-Cargo. Là aussi s’observe un net ralentissement du rythme de prestation avec comme conséquence une privation de  ressources nécessaires dont l’Etat a grandement besoin pour sa politique.

Pour tirer les leçons d’après le COVID-19 en RDC dans le domaine du trafic aérien, ont-ils conseillé, il est  impérieux de se remettre résolument au travail, en renforçant les mesures de gouvernance publique et permettre à l’Etat de combler le vide financier occasionné par le COVID-19.

Pourquoi ne pas s’inspirer de la sagesse de la fourmi qui sait se constituer des réserves en période d’abondance comme le font les nations dites nanties ?  Mais aussi œuvrer dans la continuation du respect des  gestes barrières anti-COVID-19  afin d’éviter une résurgence de la pandémie.  Cela passe nécessairement par une modernisation des services sanitaires, plaçant l’agent de santé au centre de toutes les préoccupations, ont-ils estimé, avant de plaider pour une synergie et une implication de tous les services de la plate-forme aéroportuaire pour une gouvernance transparente au profit de l’Etat et du peuple congolais.

N’djili vit donc actuellement un silence inhabituel faute de trafic et un sentiment de désarroi, mais aussi une incertitude qui se lit sur les visages de quelques rares agents en services minimum.

En dépit de cela, les exploitants de la plateforme ont mesuré la gravité de la pandémie et respectent scrupuleusement les gestes barrières édictées par les autorités du pays et par l’Organisation mondiale de la santé, afin d’éviter la propagation.

ACP/provinces26rdc.net

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