RDC : « L’endroit où s’est passé l’incident à Matadi Kibala est fermé » (Officiel)

 »Les instructions ont été données par le gouverneur de la ville et elles ont conduit notamment à la fermeture de l’endroit où s’est passé l’incident malheureux. Tous les dépôts se trouvant sur cette avenue théâtre du drame, que les personnes avaient obtenu à titre précaire de manière illicite, ont été fermés », rassure, sur Top congo fm, Didier Tenge Te Litho, ministre provincial de l’intérieur, alors que 5 jours après la prise de la mesure portant fermeture de tout le marché Matadi Kibala, le constat sur place démontrait plutôt la poursuite des activités commerciales dans ce marché.

Après une descente sur le terrain réalisée lundi soir, il constate malheureusement que  »ce sont les grossistes qui vendent dans des boutiques et donnent la marchandise aux détaillants qui autorisent certaines personnes à vendre. Mais ce n’est pas au lieu où s’est déroulé le drame mais juste sur la route, ce qui, d’ailleurs, n’est normal. Cependant nous y allons progressivement ».

L’une des principales décision prise par l’Hôtel de ville est notamment la fermeture de tous les marchés pirates du côté de Matadi Kibala et la délocalisation vers le site de Mitendi des parkings des véhicules faisant le trajet Kinshasa-Matadi, mais à ce jour, Didier Tenge te Litho insiste :  »au lieu où s’est passé le drame, personne ne vend. Une tente a été aménagée avec quelques photos des victimes et des bougies pour permettre à la population de se recueillir ».

Pour lui, « en ce qui concerne les boutiques et tout autre, c’est fermé et aujourd’hui nous allons continuer l’opération parce qu’il y a une politique de sensibilisation et les autres seront orientés là où ils se doivent être ».

Travail de longue haleine

 »On a placé certaines personnes à l’intérieur du marché Matadi Kibala qui se trouve juste en face en attendant que tout soit finalisé. En descendant sur place on a compris pourquoi certaines personnes continuaient à s’agglutiner au niveau du trottoir. On a pu mettre la main sur certaines personnes qui avaient installé un droit de parking pour 500 FC ou 1000 FC », révèle-t-il.

Par rapport aux gros camions qui déchargeaient à Matadi Kibala, alors qu’ils ont été orientés vers Mitendi, il reconnaît que  »c’est un travail de longue haleine. Mais (ce lundi) nous avons chassé quelques camions pour qu’ils repartent au niveau de Mitendi pour que le déchargement se fasse calmement ».

Le Ministre provincial de l’intérieur insiste sur le fait que  »là où s’est passé l’accident tout est fermé et ils ne rouvriront plus. Comme on l’a dit dans la mesure finale, il faut procéder à la démolition de plusieurs bien qui se trouvent sous des câbles de haute tension et vraiment l’application stricte de l’arrêté interministériel du 29 octobre 1993 ».

25 personnes sont officiellement mortes au marché de Matadi Kibala dans la commune de Mont-Ngafula, principalement des vendeurs de ce marché après qu’un câble électrique haute tension se soit détaché de deux pylônes situés entre les quartiers Matadi Kibala et Mama Mobutu mercredi 2 février dernier.

Une soirée de solidarité avec des témoignages émouvants en mémoire des victimes de Matadi Kibala et Djugu au Palais du Peuple

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Ils étaient près de cent jeunes des Ong, associations et autres structures à répondre à l’appel du coordonnateur des Soirées de Solidarité Nationale, Joël Lamika. Ensemble, ils ont rendu à leur manière des vibrants hommages aux Congolais morts dans la nuit du 1er février à Djugu et le matin du 2 février à Matadi Kibala. Chants d’adoration, prières, exhortation citoyenne et des témoignages ont accompagné cette cérémonie à l’Esplanade du Palais du Peuple dans la commune de Lingwala.

La Soirée de Solidarité Nationale de ce 7 février 2022 a débuté à 17h30. Un catafalque a été installé pour l’occasion, signe de deuil en RDC pour la plupart des cas. La soirée commence par un moment d’adoration animé par un homme de Dieu.

Sur les visages de certains, on peut lire la désolation. Carbone Beni, un activiste pro démocratie a été invité à prendre la parole. Dans son speech l’homme a tenu à rappeler aux compatriotes présents, l’utilité de rendre hommage à « nos morts ». Il pense que le sort de ces victimes devrait soulever un grand nombre de gens voire au plus haut sommet de l’Etat : « nous avons vu comment le cas du petit Marocain de 5 ans qui est tombé dans un puits dans un village a mobilisé tout le pays qui a ensuite alerté l’Afrique et le reste du monde. Nous devrions commencer par savoir pleurer nos morts pour que les autres nous accompagnent ensuite. Nous devrions avoir cette solidarité et ici au Congo pas de mobilisation, les autorités elles, tâtonnent », regrette Carbone Beni qui pense que les Congolais n’ont pas un esprit patriotique.

Quelques membres des familles des victimes étaient présents à cette cérémonie. Beaucoup n’ont pas eu le courage de témoigner à part Gauthier Balela, 35 ans, qui a perdu sa femme de 28 ans Jocelyne Baleswa. Tête baissée, épris de tristesse, gorge nouée, Gauthier explique à peine ce qui est arrivé à sa femme alors qu’ils étaient tous les deux au marché Matadi Kibala au moment du drame. « Jocelyne était mère des deux enfants. Elle était tout pour moi et m’aider avec le transport quotidien quand mon travail ne produisait pas assez. Le mercredi du drame, j’avais refusé qu’elle sorte, mais elle était quand même partie. Alors je l’avais accompagnée au marché, à son lieu de travail après des échanges de parole. Arrivés sur place, nous étions tous deux mouillés. Elle s’est proposée d’aller me chercher du thé chaud pendant je m’abritais dans un magasin des Chinois. C’est en ce moment que le câble s’est rompu et en tentant de fuir, elle est tombée et ne s’est plus relevée », raconte ce jeune papa bougie allumée à la main.

Une collecte avait été organisée pour l’occasion. Pour les deux enfants de 13 et 7 ans de Gauthier et Jocelyne, Jean-René Kabamba représentant de l’association Yanzapa en RDC s’est porté garant de les scolariser. Son association va tenter de répertorier d’autres victimes dans le besoin pour leur venir en aide, en payant les frais scolaraires de leurs enfants. L’association Yanzapa est une ONG spécialisée dans la prise en charge des enfants désœuvrés, des personnes vivant avec handicapés ou des personnes pauvres. Elle œuvre entre Paris, capitale française et la RDC.

Dans le lot des témoignages il y avait aussi celui de Jason, le célèbre écolier de Beni qui avait brillamment parlé au chef de l’Etat des problèmes sécuritaires auxquels fait face les habitants et surtout les élèves de ce coin du pays en proie aux rébellions durant deux décennies.

Joël Lamika a initié ces soirées pour ne pas oublier les mémoires des Congolais morts dans de moments tragiques. Et aussi soutenir leurs familles en deuil.

Le drame de Matadi Kibala et le massacre de Djugu ont causé 78 morts le 2 février. 25 morts par électrocution au marché Matadi Kibala à Kinshasa et 53 morts à Djugu en Ituri. Ces personnes avaient été massacrées par la milice CODECO

Épouvante à Matadi Kibala : les autorités coutumières organisent les funérailles des disparus afin d’affranchir le lieu

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En attendant le programme de la ville, les autorités locales se sont accordé en vue d’apporter la paix aux âmes tourmentées des vingt-six personnes mortes par électrocution au marché de Matadi Kibala, dans la commune de Mont-Ngafula, le 02 février 2022.

Sollicités par les commerçants du coin, les autorités locales dites coutumières ont travaillé main dans la main avec les prêtres ce lundi 7 février en vue de libérer ce lieu marqué par la mort atroce de ces personnes. Ils ont dit quelques prières et prononcé des paroles de bénédiction, rapportent des témoins, avant d’organiser les funérailles. Les victimes y sont représentées par leurs photographies, faute de dépouilles. Et le voisinage a rendu ses hommages aux illustres disparus.

Simple ragot ou vécu, la présence de ces autorités spirituelles en dit long.

Des tenanciers de quelques boutiques et tables rapportent que des voix audibles présumées être celles des disparus, sèment la frayeur et les empêchent ainsi de commercer correctement.

« C’est le vendredi dernier que nous avons dû faire appel aux autorités locales ainsi qu’à quelques prêtres pour exorciser le lieu parce qu’on ne pouvait plus supporter entendre ces voix, ça devenait vraiment effrayant », indiquent différentes personnes exerçant leurs commerces aux alentours.

« Le vendredi passé, quelques-unes de mes collègues et moi, étions venues nous approvisionner en épices comme à l’accoutumée. Subitement, nous avons entendu plusieurs personnes parler en même temps comme ça se passe au marché. Nous étions étonnées parce qu’il était encore 5h45’ du matin”.

Parmi ces voix, poursuivent-elles, s’est élevée celle d’une mère qui s’adresse à son époux : ”Mobali na ngai, olandi ngai po nakozwela bana mbongo ya mapa po bamela thé avant l’école [mon époux, tu m’as suivie jusqu’ici pour récupérer les frais pour le petit-déjeuner des enfants avant de se rendre à l’école, ndlr]”. Nous avons eu froid dans le dos ; ceci ne sort pas d’un conte des fées mais plutôt de la vie réelle », indique un groupe de femmes vendeuses d’épices.

Sans en tirer de leçon à l’instar des accidents de la circulation causant plusieurs morts, cinq jours ont suffi pour que tout rentre à la normale à Matadi Kibala. Avant le drame égal après le drame.


Top Congo Fm / Provinces26rdc.net

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