Alors que les autorités redoutent une reprise de l’épidémie, la vague de chaleur qui déferle sur la France pourrait bien entraîner un relâchement des gestes barrière. Voici nos conseils.
À Saint-Jean-de-Luz, il n’avait jamais fait aussi chaud. Ce jeudi, le mercure a atteint 41,9 °C dans cette ville côtière des Pyrénées-Atlantiques, pulvérisant le record de la canicule de 2003, « seulement » 40,2 °C. Nantes s’est illustré avec 36 °C, Lyon 37 °C, Bordeaux 38 °C. Ce vendredi, cette bulle de chaleur va s’estomper à l’Ouest mais gonfler dans le Sud-Est où Météo France a placé jeudi après-midi plus de 13 département en vigilance orange canicule.
Comment rendre le masque plus supportable ?
Dans les espaces clos,les transport en commun et pour le travail en extérieur, il faut le garder sur le visage malgré la chaleur. Sachez que, depuis un décret du 17 juillet, les personnes en situation de handicap n’ont pas l’obligation de le porter sur présentation d’un certificat médical. « La délégation interministérielle autisme-troubles du neurodéveloppement a fait passer une fiche au ministère de l’Intérieur pour sensibiliser les forces de l’ordre sur cette question », nous fait savoir le secrétariat chargé des personnes handicapées.
Et si je transpire ?
Avec la hausse du mercure, c’est le risque. « Au-delà de l’inconfort, le masque va s’humidifier, ce qui va favoriser l’évaporation du virus lorsqu’on est infecté », prévient Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Il perd ainsi son efficacité. Lors de fortes chaleurs, il faut donc le changer plus fréquemment. Et surtout pas « l’humidifier même si cela peut procurer une sensation de rafraîchissement », précise la Direction générale de la santé. D’autant que les températures supérieures à 25 °C n’empêchent pas de contracter le Covid-19, rappelle l’Organisation mondiale de la santé.
Soleil et gel hydroalcoolique : mauvaise idée ?
L’utilisation d’une solution hydroalcoolique peut s’avérer inefficace, voire dangereuse. Plusieurs dermatologues mettent en garde : de fortes températures associées au gel, composé à 70 % d’alcool, pourraient entraîner des brûlures. Une hyperpigmentation de la peau est aussi possible. Lavez-vous plutôt les mains au savon et à l’eau froide.
Comment se rafraîchir ?
N’attendez pas d’avoir soif. Il est très important de boire régulièrement entre 1,5 et 2 litres par jour sauf contre-indication médicale. Evitez l’alcool qui favorise la déshydratation. Autre préconisation : les personnes âgées, les femmes enceintes et les jeunes enfants doivent au maximum rester chez eux, les volets fermés en journée. « On dit aux patients de limiter leurs efforts, de s’hydrater et de poursuivre leur traitement », insiste la professeur Chantal Raherison, présidente de la société française de pneumologie.
Faut-il se servir des ventilateurs/climatiseurs ?
On se contamine principalement par gouttelettes. Mais, selon l’organisation mondiale de la santé, « des preuves émergent »d’une transmission par l’air, Selon le Haut Comité de la santé publique, il est possible d’utiliser un ventilateur, en période de fortes chaleurs, à condition d’être seul dans une pièce pour éviter la propagation du coronavirus.
Il doit être stoppé avant l’arrivée d’un autre individu, même porteur d’un masque. Pour la climatisation, il faut rechercher un filtre performant ou le changer régulièrement. « Tout dépend des situations, du nombre de personnes, et si elles portent un masque », avance Margot Bayart, vice-présidente du syndicat des médecins généralistes MG France.
Voit-on une hausse des malaises ?
Pour l’instant, les appels au 15 n’ont pas augmenté. « C’est d’ailleurs rarement le cas les premiers jours, précise François Braun, président de Samu-Urgences de France. On sera attentifs à ces signaux ce week-end. » Mais attention, prévient l’infectiologue Benjamin Davido, « si des personnes âgées ou souffrant d’insuffisance respiratoire le portent en extérieur, elles risquent de se retrouver gênées et de faire des malaises », dit-il, précisant qu’il n’y a pas de preuve de son efficacité à l’air libre lorsqu’on peut respecter les gestes barrière. « Ce serait même contre-productif. »
Leparisien/Provinces26rdc.net
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