Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a réaffirmé, lundi 19 octobre, l’engagement de l’organisation continentale en faveur de la paix, de la stabilité et du dialogue en République démocratique du Congo (RDC).
Dans une déclaration publiée lundi, Mahmoud Ali Youssouf indique suivre avec attention l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans le pays. Il a salué les efforts du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur d’un dialogue politique national inclusif associant les différents acteurs politiques et sociaux, dans le respect des institutions de la République.
L’Union africaine rappelle son attachement à l’ordre constitutionnel
Le président de la Commission de l’Union africaine a rappelé l’attachement de l’organisation aux principes inscrits dans son Acte constitutif, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
Selon lui, ces textes condamnent toute forme de changement anticonstitutionnel de gouvernement, notamment les prises de pouvoir par la force et les tentatives de renversement des institutions démocratiquement établies.
Dans ce contexte, Mahmoud Ali Youssouf invite l’ensemble des acteurs politiques et des parties concernées à privilégier exclusivement les voies pacifiques pour résoudre les différends et à éviter toute initiative susceptible d’exacerber les tensions ou de compromettre les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale.
Soutien à la souveraineté de la RDC
La Commission de l’Union africaine réaffirme également son attachement à la souveraineté, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la RDC.
Elle souligne l’importance de préserver les acquis des processus diplomatiques de Doha et de Washington, de respecter les engagements pris par les différentes parties, d’assurer le respect du cessez-le-feu et de garantir la protection des populations civiles affectées par les conflits.
Appui aux efforts de médiation
Le président de la Commission a par ailleurs renouvelé le soutien de l’Union africaine aux efforts de médiation menés par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur désigné de l’organisation panafricaine.
Ces initiatives sont conduites avec l’appui du Panel des facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
L’Union africaine réaffirme enfin sa disponibilité à poursuivre son accompagnement, en coordination avec les mécanismes régionaux et internationaux, afin de contribuer à l’instauration d’une paix durable en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Un contexte sécuritaire et politique tendue
Cette déclaration intervient dans un contexte politique et sécuritaire marqué par des débats autour d’un éventuel dialogue national inclusif et par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
Sur le plan sécuritaire, plusieurs provinces de l’Est restent confrontées aux activités de groupes armés notamment la rébellion de l’AFC/M23 qui s’est muée, le 12 octobre dernier, en Front pour la refondation de la nation (FRN) avec à sa tête l’ancien chef de l’Etat, Josepph Kabila. Cette rébellion occupe la majeure partie de deux provinces de l’Est de la RDC : Nord-Kivu et Sud-Kivu. Ce récent développement sécuritaire intervient, malgré les efforts diplomatiques régionaux engagés dans le cadre des processus de paix de Doha et de Washington.
Sur le plan politique, les discussions autour des conditions d’un dialogue inclusif continuent d’alimenter le débat entre la majorité, l’opposition et d’autres acteurs sociopolitiques, chacun défendant sa vision des solutions à apporter aux défis auxquels le pays est confronté.
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