Après cinq semaines de négociations difficiles, le gouvernement israélien a approuvé, mercredi 22 novembre, l’accord prévoyant la libération de cinquante otages en échange de la libération de prisonniers palestiniens et d’une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza.
Ce qu’il faut retenir :
Le gouvernement israélien a approuvé, dans la nuit de mardi à mercredi, l’accord prévoyant la libération de 50 otages – des femmes et des enfants – aux mains du Hamas en échange de la libération de prisonniers palestiniens et d’une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza, selon un communiqué officiel. « Le gouvernement israélien, l’armée israélienne et les forces de sécurité poursuivront la guerre pour ramener toutes les personnes enlevées, éliminer le Hamas et garantir qu’il n’y ait plus aucune menace pour l’État d’Israël depuis Gaza », ajoute le communiqué.
Le président palestinien a salué l’accord, selon un haut responsable de l’Autorité palestinienne, et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi s’est félicité de « l’échange d’otages contre des prisonniers » palestiniens. À l’international, l’accord a été salué par de nombreux pays, dont les États-Unis et les France.
Le bilan des bombardements israéliens dans la bande de Gaza a atteint les 14 128 morts depuis le début de la guerre le 7 octobre, dont 5 840 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne. Depuis cette date, plus de 1 200 Israéliens ont été tués. L’armée israélienne fait état de 239 personnes retenues en otage par le mouvement islamiste palestinien.
Le pape François a reçu des familles d’otages israéliens et des Palestiniens Gazaouis

Avant sa traditionnelle audience-générale du mercredi, François s’est entretenu séparément avec des familles dont les proches ont été kidnappés et envoyés à Gaza, puis une délégation de Palestiniens victimes des bombardements israéliens. Aux deux il a voulu faire preuve de sa compassion et de sa douleur a rencontré la délégation palestinienne qui dit avoir entendu de la bouche du Souverain Pontife le terme de « génocide », rapporte notre correspondant au Vatican, Éric Sénanque.
Pendant 20 minutes, François s’est entretenu avec 10 Palestiniens. Tous ont des proches à Gaza. La dernière a réussi à sortir il y a quelques jours avec sa fille grâce à son passeport canadien. Une rencontre durant laquelle le Pape n’a pas caché son émotion raconte Khadija, 23 ans, dont la famille vit dans le camp de réfugié de Jabaliya : « Il s’est mis à pleurer quand on lui a rappelé ce qu’il se passait à Gaza. Ma sœur a un bébé et elle n’a même plus de lait. J’ai demandé au Pape, comme à tout le monde de faire cesser ce génocide car ce ne sont que des civils. »
Le terme génocide, jamais employé jusqu’ici par le souverain pontife a bien été dans la bouche de François selon Mohamed, qui a perdu 30 membres de sa famille dans un bombardement israélien : « Il a dit très clairement qui c’était des crimes, c’était du terrorisme et c’était franchement, un génocide. » A-t-il utilisé clairement le mot de « génocide » ? « Il a clairement employé le mot génocide », assure Mohamed.
Le Saint-Siège a néanmoins démenti que le terme de génocide ait été employé par le Pape. Plus tôt dans la journée, au terme de son audience générale, François rappelait l’importance de prier pour le peuple palestinien et pour le peuple israélien, suppliant une nouvelle fois que la paix revienne dans la région.
Une trève de quatre jours « insuffisante », selon les principales ONG dont Amnesty
La possibilité d’une trêve de quatre jours ouverte par l’accord conclu entre Israël et le Hamas est « insuffisante » pour faire entrer l’aide requise dans la bande de Gaza, ont estimé mercredi plusieurs ONG, appelant à un cessez-le-feu. « C’est insuffisant et ce n’est certainement pas assez en terme de droits humains », a notamment affirmé Paul O’Brien, directeur exécutif d’Amnesty International aux Etats-Unis, lors d’une visioconférence à laquelle participaient également Handicap international, Oxfam, Médecins sans frontières, Médecins du Monde, ou encore Save the Children.
Londres salue une « étape cruciale » après l’accord sur une trêve à Gaza
Le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron a salué l’accord entre Israël et le Hamas pour une trêve à Gaza et la libération d’otages, le qualifiant d’ « étape cruciale ». « Cet accord est une étape cruciale pour soulager les familles des otages et résoudre la crise humanitaire à Gaza », a-t-il dit dans un communiqué. Le chef de la diplomatie britannique a appelé « toutes les parties à veiller à ce que l’accord soit respecté dans son intégralité ». David Cameron a en outre présidé à Londres une réunion avec ses homologues de « pays arabes et musulmans » pour discuter de la coopération face à la crise, selon le ministère des Affaires étrangères.

Le front libano-israélien s’embrase à nouveau, des raids israéliens près de Damas
Le front libano-israélien a été secoué aujourd’hui encore par de violents affrontements entre le Hezbollah et Tsahal. Des avions israéliens ont aussi attaqué des cibles au sud de Damas, la capitale syrienne, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifé.
Une source du Hezbollah a annoncé à RFI que le parti respectera sur le front libanais le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas tant qu’il est en vigueur à Gaza. En cas de violation de la trêve par Israël dans l’enclave palestinienne ou au Liban, les combattants chiites riposteront. En attendant la suspension des hostilités, les combats font rage sur le front libano-israélien.
Le Hezbollah a mené ce mercredi neuf attaques contre des positions israéliennes le long de la frontière. Dans l’une d’elles, il a tiré deux missiles lourds contre un rassemblement de fantassins.Les hommes de Hassan Nasrallah ont lancé des salves de roquettes et tiré des missiles guidés ainsi que des obus d’artillerie contre d’autres positions.
L’armée israélienne n’a pas chômé non plus. L’aviation a concentré ses raids dans le secteur occidental jusqu’aux abords de Naqoura qui abrite le QG des casques bleus de la Finul. De fortes explosions ont été entendues jusque dans la ville côtière de Tyr, 20 kilomètres plus au nord. L’aviation israélienne a aussi tiré des missiles à partir du plateau du Golan vers le sud de Damas. Un bâtiment en construction a été détruit près de la localité de sayyida Zeinab, un fief du Hezbollah et des mouvements chiites pro-iraniens.

Gaza, lieu « le plus dangereux au monde pour un enfant », dénonce la patronne de l’Unicef
La bande de Gaza est aujourd’hui « l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant », a dénoncé devant le Conseil de sécurité de l’ONU la patronne de l’Unicef, jugeant que des pauses humanitaires ne sont « pas suffisantes » pour arrêter ce « carnage ». « Plus de 5 300 enfants palestiniens auraient été tués en seulement 46 jours, cela représente 115 enfants par jour, chaque jour, pendant des semaines et des semaines », a déclaré Catherine Russell, déplorant ce bilan « sans précédent », auquel s’ajoute les risques d’épidémie et l’augmentation massive de la malnutrition.
Le gouvernement suisse décide d’interdire le Hamas
Le gouvernement fédéral suisse a décidé d’interdire le mouvement islamiste palestinien Hamas par le biais d’une proposition de loi soumise au parlement, a-t-il indiqué mercredi, dans un communiqué. Le Conseil fédéral « a décidé d’élaborer une loi propre visant à interdire le Hamas. Il estime que cette option est la meilleure solution pour répondre à la situation prévalant depuis le 7 octobre au Proche-Orient » et les attaques sans précédent du mouvement islamiste sur le territoire israélien. Quatre jours après cette attaque qui a fait 1 200 morts, principalement des civils, côté israélien et quelque 240 otages, le Conseil fédéral avait « estimé que le Hamas devait être qualifié d’organisation terroriste ». « Cette loi donnera aux autorités fédérales les outils adéquats pour lutter contre d’éventuelles activités du Hamas ou de soutien à l’organisation en Suisse », a expliqué le gouvernement dans le communiqué.
Londres annonce 7 millions de livres pour lutter contre l’antisémitisme
Le ministre des Finances britannique Jeremy Hunt a annoncé débloquer 7 millions de livres sterling sur trois ans pour financer des organisations luttant contre l’antisémitisme dans les écoles et les universités. « Je suis profondément préoccupé par la montée de l’antisémitisme dans notre pays », a déclaré le chancelier de l’Echiquier, lors d’une présentation budgétaire au Parlement. « J’annonce l’octroi de 7 millions de livres sterling (8,05 millions d’euros) au cours des trois prochaines années à des organisations telles que l’Holocaust Educational Trust, afin de lutter contre l’antisémitisme dans les écoles et les universités », a-t-il poursuivi. Le Royaume-Uni connait, comme plusieurs autres pays, une augmentation des actes antisémites et islamophobes.
Les frappes et les combats se poursuivent dans la bande de Gaza
Pas de trêve sur le terrain pour l’heure. Les combats et les frappes se sont poursuivis ce mercredi dans la bande de Gaza, comme en témoignent ces images. À Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, des images de l’AFP montraient mercredi les conséquences de frappes près de l’hôpital Kamal Adwan. La chaîne al-Jazeera, citant le directeur de l’hôpital fait de son côté état de dizaines de morts. Dans le sud, à Rafah aussi, les photos montrent des survivants évacués après une frappe.

Des dizaines de corps enterrés dans une fosse commune à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza

Comment l’accord va-t-il être mis en œuvre à partir de jeudi ?
La mise en application de l’accord doit débuter ce soir en principe, indique notre correspondant permanent à Jérusalem, Michel Paul. Le Hamas va publier la liste des dix otages qui seront libérés, demain jeudi. De son côté, Israël va présenter également une liste de détenus qui seront remis en liberté. Les premières libérations sont prévues à partir de 5h du matin.
Ensuite, demain, ce sera la mise en place de la « pause » des combats – c’est le terme qui est privilégié par Israël pour qualifier la trêve ou le cessez-le-feu –, apparemment à partir de 10h. L’armée israélienne devrait également annoncer quand débutera la période d’exclusion aérienne de six heures qui est prévue par l’accord au cours de laquelle aucun aéronef, avion, hélicoptère ou drone ne sera autorisé à survoler la bande de Gaza. Le Hamas a également exigé de permettre les mouvements du sud vers le nord sur l’axe Salah al-Dine, qui traverse l’enclave palestinienne dans sa longueur.
C’est un processus qui devrait se répéter pendant quatre jours sachant que pour chaque libération de dix otages au-delà des 50 prévus par l’accord, Israël respectera une journée de trêve supplémentaire et libérera 30 otages de plus. Israël se prépare donc à récupérer des otages. Cela devrait se faire par l’intermédiaire de la croix rouge mais le Hamas ne veut pas révéler où ils sont détenus, ce qui complique la situation. Des directives ont été données aux militaires israéliens dans la bande de Gaza pour identifier éventuellement les otages en question. Leur liste n’a pas été publiée. Mais les familles ont été informées.
Emmanuel Macron reçoit mercredi les chefs de la diplomatie de plusieurs pays arabes et musulmans
Emmanuel Macron va recevoir ce mercredi les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes et musulmans pour évoquer avec eux « la situation au Proche-Orient », a annoncé l’Élysée. Le président de la République recevra les chefs de la diplomatie de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, de la Jordanie, des territoires palestiniens, de l’Indonésie, du Nigeria, et de la Turquie, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, a précisé la même source.
La Turquie espère que l’accord Israël-Hamas « contribuera à mettre fin entièrement au conflit »
« Nous espérons que cette trêve humanitaire contribuera à mettre fin entièrement au conflit le plus rapidement possible et à initier un processus vers une paix juste et durable », a indiqué dans un communiqué le ministère turc des Affaires étrangères. « Nous espérons que cette trêve humanitaire contribuera à mettre fin entièrement au conflit le plus rapidement possible et à initier un processus vers une paix juste et durable », écrit dans un communiqué le ministère turc des Affaires étrangères. « Nous considérons l’accord […] comme une évolution positive, qui atténue dans une certaine mesure l’effusion de sang », ajoute le ministère turc, qui dit souhaiter « le plein respect de l’accord » par les belligérants.
Que sait-on des prisonniers palestiniens qui seront libérés ?
L’accord prévoit la libération d’au moins 150 détenus palestiniens, des femmes et des mineurs. Une liste de 300 noms a été publiée tôt ce matin par le ministère de la Justice israélien, rapporte notre correspondant permanent à Jérusalem Michel Paul.
Des détenus âgés de 15 à 59 ans. Quand aux peines, certaines sont détention provisoire depuis des années, d’autres condamnés à des peines de 16 ans de prison pour soutien au terrorisme ou même tentative de meurtre. Mais aucun détenu est n’a été condamné pour meurtre.
Un dernier point : la majorité de détenus libérables sont originaires de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. La question bien sûr est de savoir où ils seront libérés.
L’accord Israël-Hamas est « un pas important » mais « beaucoup reste à faire », dit l’ONU
L’accord de ce mercredi 22 novembre pour la libération d’otages et une trêve dans les combats à Gaza, est « un pas important dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire », a déclaré un porte-parole du secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres « salue l’accord conclu entre Israël et le Hamas, avec la médiation du Qatar soutenu par l’Égypte et les États-Unis », souligne le porte-parole dans un bref communiqué reçu à Genève, ajoutant que l’ONU fera tout pour aider à sa mise en oeuvre.
L’Autorité palestinienne affirme que six Palestiniens ont été tués en Cisjordanie

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne a annoncé que six Palestiniens avaient été tués par balle mercredi dans le camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie occupée. L’armée israélienne est entrée dans le camp à l’aube d’après le Croissant-Rouge palestinien, qui a précisé que ses équipes avaient été empêchées par des soldats d’accéder au camp.
Le Croissant-Rouge a affirmé également qu’un jeune homme de 16 ans, blessé au visage par des éclats d’explosion, avait été arrêté par l’armée israélienne dans une de ses ambulances avant d’être libéré peu après. Selon cette même source, une jeune femme de 26 ans a été « rouée de coups par l’armée israélienne » et transférée à l’hôpital.
L’armée israélienne était toujours dans le camp mercredi en milieu de matinée selon un photographe de l’AFP sur place. Contactée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat.
Funérailles des deux journalistes libanais tués dans une frappe mardi

Eran Margalit, dont quatre membres de la famille ont été enlevés, décrit « un mélange d’émotions »
L’annonce de la libération de 50 otages est reçue comme une bénédiction pour les familles des détenus à Gaza. Sur l’esplanade du Musée d’Art Moderne de Tel Aviv, rebaptisée « Place des otages », Eran Margalit, dont quatre membres de la famille ont été kidnappés, est heureux d’avoir appris que deux d’entre eux – une mère et son fils – sont sur la liste des otages qui vont être libérés dans les prochains jours. Notre envoyée spéciale à Tel-Aviv Clea Brodhurst a pu l’interroger.

C’est un mélange d’émotions. Tout d’abord, je suis très heureux de voir Ohad et Karen rentrer chez eux parce qu’ils sont sur la liste des mères et des enfants. J’ai donc hâte de les revoir dans leur maison. Avi, son frère, attend ici. On a hâte qu’ils reviennent. D’un autre côté, deux autres restent à Gaza, et aussi, vous savez, c’est 50 sur 240. Plus les personnes disparues, dont nous ne sommes pas sûrs, ce qui fait presque 250. D’un côté, nous sommes très heureux. D’un autre côté, nos émotions sont très partagées. Vous savez, il s’agit de familles avec lesquelles nous nous battons depuis 50 jours déjà. Et notre combat n’est pas terminé car deux des nôtres y sont toujours, et ne sont pas près d’être libérés, mais nous continuons à nous battre.
Le pape reçoit des proches d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens

François a reçu séparément mercredi au Vatican des proches d’otages israéliens détenus par le Hamas à Gaza et de prisonniers palestiniens en Israël, dénonçant leurs souffrances. « Ce matin, j’ai reçu deux délégations, une d’Israéliens qui ont des membres de leur famille otages à Gaza et une autre de Palestiniens qui ont des membres de leur famille prisonniers en Israël », a déclaré le pape.
« Ils soufrent tellement, j’ai entendu combien ils souffrent tous. C’est ce que produisent les guerres », a-t-il poursuivi à l’issue de sa traditionnelle audience générale du mercredi au Saint-Siège. « Mais là, nous sommes allés au-delà des guerres, ce n’est pas la guerre, c’est du terrorisme », a ajouté le souverain pontife, sans préciser s’il faisait référence à l’attaque sanglante menée le 7 octobre par le mouvement islamiste Hamas sur le sol israélien, aux opérations militaires lancées en représailles par Israël dans la bande de Gaza, ou aux deux.
Il a conclu sa déclaration par un appel à prier pour la paix pour les peuples israélien et palestinien. Le Vatican avait fait savoir la semaine dernière que François souhaitait exprimer « sa solidarité spirituelle avec les souffrances de chacun » à l’occasion de ces rencontres privées, en évoquant leur « nature purement humanitaire ».
« Quatre jours pour 1,6 million de personne déplacés, c’est largement insuffisant », estime un médecin humanitaire
Gaza et ses habitants vont connaître quatre jours de pause humanitaire concédés par Israël en échange de la libération d’une cinquantaine de ses otages aux mains du Hamas. Après un mois et demi de bombardements, plus de trois semaines d’opérations au sol, c’est une bonne nouvelle, même si pour Raphaël Pitti, médecin humanitaire, responsable à l’ONG UOSSM International, c’est insuffisant face à la situation humanitaire et aux 1,6 million de personnes déplacées.
Les familles d’otages israéliens à Gaza « heureuses qu’une libération partielle soit en cours »
La principale association israélienne de familles d’otages dans la bande de Gaza s’est dit mercredi « très heureuse qu’une libération partielle soit en cours », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Pour l’instant, nous ne savons pas exactement qui sera libéré et quand », a-t-elle ajouté, après la conclusion d’un accord entre Israël et le Hamas prévoyant la libération de 50 otages retenus dans la bande de Gaza, en échange de prisonniers palestiniens et d’une trêve de quatre jours dans le territoire.

Emmanuel Macron « salue » l’accord et dit œuvrer « sans relâche pour que tous les otages soient libérés »
Emmanuel Macron a salué mercredi « l’annonce d’un accord pour la libération d’otages » retenus par le Hamas et « une trêve humanitaire » entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. « Nous œuvrons sans relâche pour que tous les otages soient libérés. La trêve humanitaire annoncée doit permettre de faire entrer de l’aide et de porter secours à la population de Gaza », a dit le président français sur le réseau social X, sans plus de précisions.
Je salue l’annonce d’un accord pour la libération d’otages et une trêve humanitaire.
Nous œuvrons sans relâche pour que tous les otages soient libérés.
La trêve humanitaire annoncée doit permettre de faire entrer de l’aide et de porter secours à la population de Gaza.
Les points clés de l’accord entre Israël et le Hamas
Si on s’en tient au communiqué laconique du gouvernement israélien à l’issue de 8 heures de débat, voilà les points clés de l’accord, détaille notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul :
L’accord porte dans un premier temps sur la libération de 50 otages, femmes et enfants, sur une période de quatre jours. Précisément, il s’agit de 30 enfants kidnappés et de 20 femmes qui seront libérés. Le mot enfant étant interprété comme mineurs de moins de 18 ans. La Croix-Rouge pourra en outre rendre visite aux otages non libérés et leur fournir des médicaments.
En échange, 150 prisonniers palestiniens détenus en Israël seront libérés.
Une pause de quatre jours dans les combats sera observée. Israël s’engage à ne pas survoler la bande de Gaza six heures par jour et à autoriser les mouvements du sud vers le nord sur l’axe Salah al-Dine qui coupe transversalement l’enclave palestinienne. Par la suite, chaque libération de dix otages supplémentaires donnera un jour de trêve en plus.
Lors de cette trêve, davantage d’aide humanitaire pourra entrer dans la bande de Gaza, y compris du carburant. L’accord devrait entrer en vigueur jeudi. Dès ce soir, le Hamas devrait annoncer la liste des otages qu’il entend libérer demain. Par la suite, indique encore le communiqué, Israël poursuivra les combats en vue de l’élimination complète du Hamas. 09h46 : Le Kremlin salue une « bonne nouvelle » après l’accord entre Israël et le Hamas
Le Kremlin a estimé mercredi que l’accord conclu entre Israël et le Hamas pour une trêve humanitaire à Gaza et la libération d’otages constituait une « bonne nouvelle » et un développement « positif ». « C’est la première bonne nouvelle en provenance de Gaza depuis très longtemps », a répondu le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, à des journalistes qui l’interrogeaient sur la réaction de Moscou. Il a ajouté que la Russie et « la plupart des pays du monde » avaient appelé à une telle trêve, nécessaire pour tout « règlement durable » du conflit.
« La solution, c’est deux États, […] mais nous n’avons rien fait pour y parvenir », estime Josep Borrell
Après cet accord, le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell relative le succès de l’accord conclut entre Israël et le Hamas. Cette solution temporaire ne mettra pas fin au conflit, souligne-t-il, estimant que la seule solution est celle de deux États.
« Il n’y aura pas de solution militaire à ce conflit. On ne peut pas tuer une idée, a déclaré Josep Borrell. Le seul moyen est de trouver une meilleure idée et la meilleure idée ne peut être que de reconnaître que deux peuples qui se disputent la même terre depuis plus de 100 ans doivent et peuvent vivre ensemble si la communauté internationale s’y engage, ce que nous n’avons pas fait jusqu’à présent. Nous le répétons depuis 30 ans, depuis les accords d’Oslo : la solution, c’est deux États. Mais nous n’avons rien fait ou presque pour y parvenir. Nous avons cru que le problème pouvait être circonscrit et que nous pouvions oublier les Palestiniens, puisque les États arabes faisaient déjà la paix avec Israël. Mais le drame qui s’est déroulé récemment nous montre que ce n’est pas suffisant. La paix doit également être faite entre Israël et la Palestine. Et pour faire la paix entre Israël et la Palestine, nous devons tous, et en particulier nous, les Européens, nous engager à surmonter l’énorme douleur causée par l’attaque terroriste du Hamas. Cela peut être l’occasion de construire la paix. »
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi salue le succès de la médiation du Caire, de Doha et de Washington
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a salué mercredi « le succès de la médiation de l’Égypte, du Qatar et des États-Unis » ayant mené à un accord « pour mettre en place une trêve humanitaire dans la bande de Gaza », rapporte le bureau de la présidence.
Abdel Fattah al-Sissi a également salué « l’échange d’otages contre des prisonniers » palestiniens. L’accord conclu pour une trêve humanitaire à Gaza et la libération d’otages enlevés par le Hamas en Israël, premier signe tangible de répit après des semaines de guerre, a été salué mercredi à travers le monde.
Les combats continuent dans la bande de Gaza, la trêve ne devrait pas entrer en vigueur avant jeudi

Londres salue une « étape cruciale » après l’accord entre Israël et le Hamas
Le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron a salué mercredi l’accord entre Israël et le Hamas pour une trêve à Gaza et la libération des otages, le qualifiant d’« étape cruciale ». « Cet accord est une étape cruciale pour soulager les familles des otages et résoudre la crise humanitaire à Gaza », a dit David Cameron dans un communiqué. Le chef de la diplomatie britannique a appelé « toutes les parties à veiller à ce que l’accord soit respecté dans son intégralité ».
Berlin salue une « avancée » qu’il « faut mettre à profit » pour apporter de l’aide

L’Allemagne a salué mercredi une « avancée » qu’il « faut mettre à profit pour acheminer une aide vitale aux habitants », après l’accord pour une trêve humanitaire à Gaza en échange de la libération des otages enlevés par le Hamas. « La libération annoncée d’un premier groupe d’otages est une avancée, même si rien au monde ne pourra effacer leur souffrance. La trêve humanitaire doit être utilisée pour apporter l’aide vitale nécessaire aux habitants de Gaza », a déclaré la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Mahmoud Abbas salue l’accord entre Israël et le Hamas par la voix d’un haut responsable de l’Autorité palestinienne
Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué mercredi l’accord humanitaire conclu sous médiation étrangère entre ses rivaux islamistes du Hamas et Israël dans la bande de Gaza, et a appelé à des solutions à plus long terme au long conflit israélo-palestinien.
L’administration de Mahmoud Abbas, basée en Cisjordanie occupée, « apprécie l’effort qataro-égyptien », souhaite une trêve prolongée avec Israël et « la mise en œuvre d’une solution politique basée sur la légitimité internationale », selon un message publié sur les réseaux sociaux par Hussein Al-Sheikh, un haut responsable de l’Autorité palestinienne.
La Chine « salue » l’accord entre Israël et le Hamas
La Chine a salué mercredi l’accord conclu sous l’égide du Qatar pour une trêve humanitaire à Gaza en l’échange de la libération d’otages enlevés en Israël par des militants du Hamas. « Nous saluons l’accord de cessez-le-feu temporaire entre les parties concernées et espérons qu’il permettra d’apaiser la crise humanitaire, de contribuer à la désescalade et réduire les tensions », a indiqué à la presse une porte-parole de la diplomatie chinoise, Mao Ning.
Paris « espère » des libérations de Français parmi les otages
Paris espère qu’il y aura des Français parmi les otages qui vont être libérés prochainement par le Hamas en échange d’une « pause humanitaire » acceptée par Israël, a déclaré mercredi la cheffe de la diplomatie française. « Nous espérons qu’il y a des Français », « nous l’espérons et nous y travaillons », a dit Catherine Colonna à la radio France Inter, soulignant qu’elle restait prudente car « il faut que chacune des parties tienne la part de contrat ».
La ministre a également salué « tout particulièrement le travail du Qatar », qui a joué le rôle de médiateur pour obtenir l’accord entre le groupe islamiste palestinien et le Hamas.
« C’est un moment de réel espoir. »
Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères, salue l’accord trouvé sur la libération de 50 otages israéliens du Hamas. « Nous espérons qu’il y a des Français parmi eux et nous y travaillons », dit-elle.
L’UE « salue » la trêve à Gaza et demande un « sursaut humanitaire »
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a « salué chaleureusement » l’accord sur une trêve humanitaire à Gaza et sur la libération d’otages enlevés en Israël par des militants du Hamas, appelant à « mettre à profit cette pause » pour « intensifier » l’aide humanitaire. « Je suis très reconnaissant à tous ceux qui ont travaillé sans relâche par la voie diplomatique ces dernières semaines […] La Commission européenne fera tout ce qui est en son pouvoir pour mettre à profit cette pause afin d’organiser un sursaut de l’aide humanitaire à Gaza », a-t-elle indiqué, ajoutant vouloir « intensifier les expéditions (d’aide) vers Gaza le plus rapidement possible ».
Cinq Palestiniens tués dans une frappe en Cisjordanie, selon l’agence palestinienne Wafa
Cinq Palestiniens ont été tués et d’autres blessés mercredi dans le camp de Tulkarem, en Cisjordanie occupée, lors d’une attaque de drone israélienne, a rapporté l’agence de presse officielle palestinienne Wafa. L’armée israélienne a effectué un raid sur le service des urgences de l’hôpital gouvernemental Thabet Thabet à Tulkarem, a ajouté l’agence.
La Russie « salue » l’accord sur une trêve humanitaire entre Israël et le Hamas
La Russie « salue » l’accord sur une trêve humanitaire à Gaza, annoncé par Israël et le Hamas en guerre depuis début octobre, a indiqué mercredi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. « Moscou salue l’accord entre Israël et le Hamas sur une pause humanitaire de quatre jours », a déclaré Mme Zakarova, citée par les agences de presse russes, en soulignant que « c’est exactement à quoi la Russie a appelé dès le début de l’escalade du conflit ».
Les États-Unis s’attendent à ce que « plus de 50 » otages soient libérés par le Hamas
Les États-Unis s’attendent à ce que « plus de 50 » otages soient libérés par le Hamas à Gaza, à la faveur de l’accord de trêve annoncé avec Israël, a affirmé un haut responsable de la Maison Blanche à la presse. « Il y aura maintenant une pause de plusieurs jours, ils auront la capacité d’identifier des femmes et des enfants supplémentaires. Nous nous attendons donc à ce qu’il y en ait plus de 50 », a déclaré ce haut responsable américain.
Il a ajouté que Washington espérait désormais une « pause complète » des hostilités à la frontière nord d’Israël avec le Liban, où des affrontements ont lieu quotidiennement entre l’armée israélienne et le Hezbollah, qui dit intervenir en soutien au mouvement palestinien.
« Le début de cette pause sera annoncé dans les prochaines 24 heures », confirme le Qatar
Le Qatar, très impliqué dans ces négociations pour obtenir une libération d’otages retenus à Gaza, a confirmé l’accord entre Hamas et Israël. « Le début de cette pause sera annoncé dans les prochaines 24 heures et durera quatre jours, avec possibilité de prolongation », a déclaré le ministère qatarien des Affaires étrangères sur la plateforme X (anciennement Twitter), se félicitant du « succès » de sa médiation conjointe avec l’Égypte et les États-Unis
a diplomatie qatarienne a confirmé les détails de l’accord révélés plus tôt par les belligérants : la libération de « 50 femmes et enfants civils actuellement détenus dans la bande de Gaza » en échange de la libération d’un « certain nombre de femmes et d’enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ». « Le nombre de personnes libérées sera augmenté au cours des étapes ultérieures de la mise en œuvre de l’accord », a assuré le ministère qatari.
Par ailleurs, la pause humanitaire permettra également l’entrée d’un « plus grand nombre de convois humanitaires et d’aide d’urgence, y compris du carburant », Gaza étant confrontée à un siège total imposé par Israël, selon la même source.
Le Hamas se félicite de l’accord pour une « trêve humanitaire »
Le Hamas a salué l’accord approuvé par Israël. « Les dispositions de cet accord ont été formulées conformément à la vision de la résistance et de la détermination qui visent à servir notre peuple et à renforcer sa ténacité face à l’agression », a indiqué le Hamas dans un communiqué. « Nous confirmons que nos mains resteront sur la gâchette et que nos bataillons triomphants resteront aux aguets », a-t-il averti.
Ce que prévoit l’accord pour une trêve et la libération d’otages
Après une attente interminable, une partie des otages israéliens détenus par le Hamas vont pouvoir rentrer chez eux, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Un accord a été approuvé par le gouvernement israélien, tard dans la nuit de mardi à mercredi. « Le gouvernement a approuvé les grandes lignes de la première étape d’un accord selon lequel au moins 50 personnes enlevées – des femmes et des enfants – seront libérées pendant quatre jours au cours desquels il y aura une accalmie dans les combats », selon un communiqué officiel du bureau du Premier ministre israélien. Le communiqué précise aussi qu’Israël « poursuivra sa guerre » contre le Hamas au terme de la trêve « pour ramener toutes les personnes enlevées, éliminer le Hamas et garantir qu’il n’y ait plus aucune menace pour l’État d’Israël depuis Gaza ». L’armée israélienne maintiendra ses positions pendant le cessez-le-feu.
Après une réunion du cabinet de guerre et du cabinet de sécurité, le gouvernement israélien s’était réuni en fin de soirée. Lors de la réunion du gouvernement israélien, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a indiqué que les grandes lignes de l’accord prévoyaient des visites de la Croix-Rouge aux otages non libérés, ainsi que la fourniture de médicaments, a rapporté le journal Haaretz. Trente enfants, huit mères et douze autres femmes seraient libérés dans le cadre de l’accord d’otages. Parmi eux, figurent trois ressortissantes américaines, dont une enfant de trois ans, a indiqué mardi un haut responsable de la Maison Blanche. Six hôpitaux en Israël sont prêts à accueillir les otages. Au total, environ 240 personnes ont été enlevées lors de l’attaque sanglante lancée par le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, contre Israël le 7 octobre.
En échange, une trêve de quatre jours à Gaza ainsi que 150 Palestiniens détenus, des femmes et des enfants, en Israël devraient être libérés, selon des sources proches des pourparlers. Un soulagement pour la population palestinienne alors que plus de 2 millions de personnes sont enfermées dans l’enclave palestinienne et broyées par la machine de guerre israélienne depuis près de 50 jours.
RFI / Provinces26rdc.com
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