« L’argent du sang ne doit jamais être détourné. Il doit parvenir aux véritables bénéficiaires, dans un esprit de réparation et de justice. Les indemnités collectives ne peuvent être ignorées », a déclaré le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, après s’être entretenu avec les responsables de l’Église du Christ au Congo et de l’Armée du Salut dans la Province de la Tshopo, au sujet notamment de la question de l’indemnisation des victimes de la guerre 6 jours par le Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des activités illicites de l’Ouganda ( FRIVAO ) en République démocratique du Congo.
Le Ministre d’État a reconnu que « leur appel à une indemnisation juste par le FRIVAO mérite considération et respect ».
Dans la foulée, Guillaume Ngefa a pris un engagement envers ses hôtes « je prends bonne note de leurs préoccupations que je présenterai au gouvernement. Un état des lieux sera établi pour garantir que toutes les confessions religieuses seront traitées avec équité et dignité ».
Accusations de détournement
Le Ministre d’État en charge de la justice séjourne dans la ville Martyrs de Kisangani, en province de la Tshopo, depuis le jeudi 06 novembre 2025. Il a personnellement échangé avec les victimes de la guerre de 6 jours. Et c’est un rapport assez accablant des victimes sur leur indemnisation qu’a découvert Guillaume Ngefa. Les accusations de détournement de fonds attribués aux victimes ont resurgi pendant les échanges entre le Ministre de la Justice et les victimes en attente d’indemnisation.
« J’ai également été saisi de graves accusations de corruption au sein du FRIVAO, concernant l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours. Ces pratiques sont inacceptables », a déclaré Guillaume Ngefa. Il a promis de porter cette situation au Conseil des ministres pour que « la justice soit rendue, conformément à la vision du Chef de l’État. La justice doit être accessible, équitable et digne. Je m’y engage pleinement ».
Conditions de détention exécrables
Poursuivant son séjour dans la Tshopo, Guillaume Ngefa a visité le camp de détention d’Osio, à 17 Km de Kisangani. Il a fait un constant pour le moins préoccupant.
« J’ai constaté une réalité préoccupante. Construit en 1956 pour 1 500 détenus, ce site vétuste n’a jamais été réhabilité. Il n’abrite aujourd’hui que 69 personnes, faute d’infrastructures viables », a-t-il fait constater.
Et de poursuivre : « Les détenus vivent sans eau courante, parcourant 3 km pour s’approvisionner. Les agents pénitentiaires, en majorité non rémunérés et impayés, subissent une précarité qui affecte aussi le village voisin, autrefois soutenu par les activités du camp ».
Au regard de cette situation, le Ministre d’État en charge de la justice a réaffirmé son engagement pour « une réforme pénitentiaire humaine, digne et structurelle, car l’État doit garantir des conditions de détention conformes aux droits fondamentaux ».
La situation est similaire à la prison centrale de Kisangani. Guillaume Ngefa s’est dit confronté à « une réalité insoutenable » dans cette maison carcérale.
« Fondée en 1925 pour 500 détenus, elle en héberge aujourd’hui 1 166 dans une promiscuité extrême, sans eau potable ni soins médicaux adéquats », a déploré le Ministre d’État en charge de la Justice.
« Je m’engage, en tant que ministre de la Justice, à faire de la dignité carcérale une priorité nationale. Réformer, c’est restaurer l’humanité », a-t-il rassuré.
Conditions de travail précaires des magistrats
Le Ministre d’État en charge de la Justice a également visité quelques cours et tribunaux de la province de Tshopo. Au tribunal pour enfants de Kisangani, Guillaume Ngefa s’est dit frappé par une réalité : « la gestion des dossiers se fait encore entièrement de manière manuelle. Le greffier m’a expliqué, avec franchise, qu’aucune formation informatique n’a été reçue et que les documents sont imprimés à l’extérieur, sans garantie de sécurité ».
Pour le Ministre de la Justice, il s’agit d’une situation préoccupante . « Elle expose les données sensibles des enfants à des risques et entrave l’efficacité judiciaire ».
À cet effet, il a affirmé que « nous devons, en tant que gouvernement, moderniser nos juridictions, former nos agents et sécuriser les procédures. La justice pour enfants mérite des outils adaptés, une gestion numérique et un environnement digne ».
De l’autre côté, Guillaume Ngefa s’est rendu compte des conditions dans lesquelles travaillent les magistrats de la Cour d’appel de la Tshopo. Et son constant n’est pas du tout satisfaisant.
« Ma visite à la Cour d’appel de la Tshopo m’a profondément marquée. J’y ai constaté, avec respect et tristesse, que les magistrats se débrouillent seuls pour faire fonctionner la justice. Sans frais de fonctionnement, chacun a dû acheter son propre mobilier pour pouvoir travailler », a indiqué Guillaume Ngefa.
Le Ministre d’État a salué l’engagement des magistrats ainsi que « leur sens du devoir ». Mais il a souligné que « cette réalité est inacceptable. Le fonctionnement de la justice ne peut reposer sur des sacrifices individuels ».
Dans ce sens, selon la vision du Président de la République, « le gouvernement congolais s’engage à doter nos juridictions des moyens nécessaires à l’exercice digne et efficace de leur mission. La justice mérite des ressources, du respect et une réforme structurelle ».
TopCongo Fm / Provinces26rdc.com
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