Ce mardi 11 novembre 2025, un homme accusé de vol de moto a été lynché puis brûlé vif au quartier 13 dans la commune de N’djili, à Kinshasa. La scène a attiré une foule nombreuse et s’est déroulée à proximité d’un sous-commissariat de police.
Selon plusieurs témoins, la victime, identifiée sous le nom de Sefo, habitant du quartier 2 dans la même commune, aurait été appréhendée en flagrant délit présumé de vol de moto. La foule l’a ensuite violemment agressé avant de l’immoler.
Des témoins affirment qu’aucune intervention des forces de l’ordre n’a été enregistrée durant les faits, malgré la proximité du poste de police. Cette absence de réaction suscite de nouvelles interrogations sur la capacité des autorités à faire respecter l’État de droit.
Cet incident remet une fois de plus en lumière la multiplication des cas de justice populaire à Kinshasa, malgré les rappels réguliers du gouvernement et des organisations des droits humains quant au caractère illégal et criminel de telles pratiques.
Signalons que les autorités rappellent que nul n’a le droit de se faire justice soi-même et que toute personne soupçonnée d’infraction doit être présentée aux autorités judiciaires, conformément à la loi.
Parking illégaux au poste de police à Kinshasa: un service « informel », mais toléré de fait

À Kinshasa, les cours des postes et sous-commissariats de la Police nationale congolaise (PNC) se transforment de plus en plus en parkings privés. Malgré l’interdiction formelle émise par la hiérarchie policière depuis 2022, cette pratique perdure, alimentée par le manque d’espaces de stationnement dans la capitale et la précarité des agents sur le terrain.
Dans la commune de Lemba, quartier Salongo, un policier rencontré sous anonymat confie que le stationnement y est devenu une source de revenus complémentaire : « Les recettes journalières peuvent atteindre 3 000 à 4 000 FC. Une partie est partagée entre les agents de garde », explique-t-il, sans préciser la destination du reste des fonds.
Les automobilistes et motards, eux, y trouvent une solution « pratique » pour garer leurs engins en sécurité, moyennant une somme allant de 1 500 FC pour les motos à 2 000 FC pour les véhicules. Un échange tacite s’est ainsi instauré : la sécurité contre quelques billets, au sein même d’une institution censée faire respecter la loi.
Ce service « informel », toléré de fait, met en lumière le double visage d’une réalité bien congolaise : la débrouille et la tolérance implicite des autorités face à des pratiques illégales, devenues socialement acceptées. Derrière ces parkings improvisés, se cache surtout le malaise profond d’une police sous-financée, dont certains éléments cherchent à survivre à défaut d’être véritablement encadrés.
Entre nécessité économique et laxisme institutionnel, ces parkings illégaux traduisent le glissement progressif d’un service public vers une logique de survie individuelle. Une situation qui interroge, une fois de plus, la capacité de l’État à faire respecter ses propres règles jusque dans la cour de ses commissariats.
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