“Dialogue ou diversion ? le problème de la RDC n’est pas politique, il est sécuritaire” ( PCA Jean Thierry Monsenepwo)

Dialogue ou diversion ? le problème de la RDC n’est pas politique, il est sécuritaire” (Par l’Ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo)

Chers compatriotes,

On nous dit dialoguons. On menace chaque jour pour qu’un dialogue ait lieu.

Le C64 l’a redit jeudi dernier. Certains l’exigent à genoux et avec soutanes. D’autres, les armes à la main.

On nous promet que si les Congolais se parlent, la guerre à l’Est va s’arrêter comme par magie.

Mais sur quoi repose cette certitude ?

L’histoire répond à notre place.

De 1998 à 2016, nous avons avalé 17 dialogues, concertations et accords de paix.

Dix-sept fois, on nous a dit : « C’est la dernière. Après ça, la paix. »

Résultat ?

Les groupes terroristes sont nés les unes plus meurtrière que les autres.

Nos minerais continuent de traverser la frontière rwandaise dans des sacs.

Pourquoi ?

Parce que le problème de la RDC n’est pas politique.

Le problème de la RDC est sécuritaire.

C’est une agression. Méthodique. Organisée. Financée.

Depuis trente ans, on change simplement le nom des tueurs.

1996 : AFDL
1998 : RCD
2004 : Nkunda et Mutebusi
2006 : CNDP
2012 : M23
2021 : M23 deux
2023: AFC-M23-RDF
2025 : AFC -m23-twirwaneho-red tabara et sauvons le Congo.

Huit noms. Une seule stratégie. Un seul parrain : Paul Kagame.

Alors je pose la question franchement :

Qu’est-ce qui nous prouve que le dialogue, celui que réclament Martin Fayulu et Delly Sesanga selon le Format de la CENCO, mettra fin à ce que les 17 précédents n’ont jamais réussi à arrêter ? Qu’il fera disparaître la convoitise de Paul Kagame ?

Rien. Absolument rien.

Que les choses soient claires.

Le Président de la République est le garant des institutions. À lui d’apprécier l’opportunité d’un dialogue.

Mais qu’une chose soit également claire : le Président n’est ni dos au mur, ni acculé.

Et j’entends certains aller plus loin en lui demandant de renoncer par avance à toute réforme de la Constitution.

Or, exiger du Président qu’il s’engage à ne rien faire revient à lui demander de renoncer à exercer des compétences que la Constitution lui reconnaît. La Constitution prévoit elle-même les voies de réforme. Le reste n’est que politique-fiction et occultisme institutionnel.

Car posons les vraies questions.

Avons-nous une crise de légitimité ? Non.

Avons-nous une crise constitutionnelle ? Non plus.

En revanche, nous faisons face à une guerre d’agression.

Et une guerre d’agression ne se gagne pas uniquement autour d’une table.

Elle se gagne d’abord sur le terrain, en étant de tout cœur avec nos FARDC.

Elle se gagne aussi dans l’unité. Une unité qui s’impose naturellement lorsqu’une nation est attaquée.

Regardez l’Ukraine.

Volodymyr Zelensky est hors mandat. Pourtant, face à l’agression russe, toute la nation fait bloc.

Regardez Israël.

Le Premier ministre fait face à des poursuites judiciaires. Pourtant, face au Hamas, au Hezbollah et aux menaces extérieures, les Israéliens se disent d’abord : Israël.

Parce qu’ils ont compris une chose essentielle : on débat après. D’abord, on sauve le pays.

Congolais, faisons pareil.

Pendant que nos sont au front…

Pendant que nos mamans accouchent dans des camps de déplacés…

Le moment n’est pas aux calculs.

Le moment est au patriotisme.

Le moment est à l’unité.

Le moment est au soutien total à nos Forces armées et à nos institutions.

La victoire ne viendra pas de la division qu’une cinquième colonne cherche à semer.

Elle ne viendra pas des slogans de menace.

Elle ne viendra pas de ceux qui, consciemment ou par naïveté, fragilisent nos institutions en pleine guerre et se font, de fait, les alliés objectifs de l’ennemi.

La victoire viendra d’un peuple debout. D’une classe politique Uni à la cause nationale.

C’est cela, la seule voie.

Je vous remercie.

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