Le dernier rapport des experts de l’ONU révèle une baisse drastique des financements extérieurs des terroristes islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF). Ce tarissement des ressources fait suite à une pression antiterroriste soutenue exercée en Somalie sur Daech, le principal commanditaire du groupe. Face à cette asphyxie économique globale, la société civile du territoire de Mambasa exhorte le gouvernement congolais à accentuer la pression militaire pour couper définitivement les sources de revenus locales de ces criminels.
Pour les acteurs humanitaires locaux, la situation actuelle représente un tournant stratégique majeur. Interrogé par Tazamardc.net ce vendredi 10 juillet 2026, Rams Malikidogo, défenseur des droits humains et membre de la société civile locale, estime que la République Démocratique du Congo doit sauter sur cette occasion pour porter le coup de grâce au groupe terroriste.
« La pression sur les terroristes en Somalie est une aubaine pour nous en RDC », explique-t-il. « Nous devons profiter de cette situation pour exercer la pression sur ces terroristes militairement. Le fait pour eux d’être asphyxiés économiquement peut permettre leur neutralisation. C’est une occasion en or pour notre gouvernement de mettre fin à ce phénomène d’une violence de cruauté contre notre population », a-t-il déclaré.
Taxes forcées et islamisation obligatoire
Privés de l’or noir et des contributions extérieures, les ADF ont intensifié l’exploitation sauvage des ressources locales dans les territoires de Lubero, Irumu et Mambasa. Le rapport onusien détaille la mise en place d’un système de racket institutionnalisé à travers des jetons de circulation obligatoire baptisés « Dubius ».Le secteur agricole, en particulier la filière cacao, est l’une des cibles principales des terroristes. Les producteurs sont soumis à des taxes forcées appelées « Amani na Upendo » (Paix et Amour) ou « Délivrance Cacao ».
Le document s’appuie notamment sur une vidéo de propagande de Bonge la Chuma, une figure des ADF, qui pose un ultimatum clair aux populations locales : se convertir à l’islam, payer la taxe d’autorisation, ou faire face à la mort et à l’expulsion.
L’industrie macabre des enlèvements contre rançon
Pour compenser leurs pertes financières, les rebelles ont également développé une économie de la terreur basée sur les rapts de masse. Le rapport des experts documente plusieurs vagues d’enlèvements collectifs de civils le long de l’axe Komanda-Luna et près de Mamove.Les victimes sont ciblées selon leur capacité financière présumée. Durant leur captivité, elles subissent le travail forcé avant d’être libérées contre des rançons variant entre 2 000 et 5 000 dollars américains.
Pour les familles incapables de réunir de telles sommes, l’issue est tragique: les otages sont systématiquement exécutés.La société civile appelle désormais Kinshasa à aligner sa stratégie sur les efforts internationaux afin de verrouiller l’économie de guerre des ADF et de libérer définitivement les populations meurtries du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Tazama RDC / Provinces26rdc.com
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