L’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement l’est de la République démocratique du Congo continue de s’aggraver, tandis que les organisations humanitaires peinent à contenir la propagation du virus dans un contexte de pénurie alimentaire et de sous-financement chronique.
Selon le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, plus de 900 cas suspects et plus de 220 décès présumés ont déjà été recensés. L’épidémie, causée par la rare souche Bundibugyo, aurait circulé pendant plusieurs semaines sans être détectée, les autorités sanitaires ayant d’abord recherché la souche Zaïre, plus fréquente.
Sur le terrain, les acteurs humanitaires soulignent le lien direct entre la progression du virus et l’insécurité alimentaire. « Certaines mesures sanitaires imposent le confinement des populations dans des zones spécifiques, mais sans assistance alimentaire, ces personnes ne resteront pas confinées », avertit Olivier Nkakudulu, chef du bureau de l’Ituri du Programme alimentaire mondial (PAM). « Elles partiront à la recherche de nourriture, notamment sur les marchés, au risque de contaminer d’autres personnes », ajoute-t-il.
Pour répondre à l’urgence, plusieurs agences ont acheminé des tonnes d’aide humanitaire vers Bunia afin de soutenir les trois localités les plus touchées : Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Mais la méfiance d’une partie de la population complique considérablement les opérations de lutte contre l’épidémie. Deux des trois centres de traitement installés dans ces villes ont ainsi été incendiés par des habitants.
À cette défiance s’ajoutent d’importantes contraintes budgétaires. Le PAM fait état d’un déficit de financement de 218 millions de dollars pour l’année en cours. Selon des experts de santé publique, les réductions de l’aide internationale décidées l’an dernier par les États-Unis et d’autres pays riches ont fortement affaibli les capacités sanitaires de l’est congolais face aux maladies infectieuses.
Les ONG présentes sur le terrain dénoncent également un manque critique d’équipements: combinaisons et visières de protection pour les soignants, kits de dépistage, sacs mortuaires ou encore matériel destiné aux enterrements sécurisés, indispensables pour éviter de nouvelles contaminations.
AP / Africanews / Provinces26rdc.com
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