Ebola : le chef de l’OMS en mission d’urgence en RDC

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom est attendu ce mardi en République démocratique du Congo, pour s’enquérir de la progression de l’épidémie d’Ebola. Il sera aux côtés du directeur exécutif du programme de gestion des urgences sanitaires, docteur Chikwe Ihekweazu. Déjà hier lundi, lors d’une réunion ministérielle organisée par l’Africa CDC, il a qualifié la situation d’« extrêmement grave et difficile » à gérer.

Le patron de l’OMS a laissé entendre que l’agence onusienne tente de rattraper une épidémie qui progresse très rapidement. « Nous intensifions d’urgence les opérations mais, pour le moment, l’épidémie progresse plus vite que nous », a-t-il reconnu. En plus, il s’inquiète que les pays limitrophes de la RDC soient exposés à la maladie. D’où, Tedros exhorte les États voisins d’agir immédiatement en renforçant leurs mesures de prévention.

La 17e épidémie d’Ebola est causée par le virus Bundibugyo, une souche pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Selon le bulletin épidémiologique de dimanche, 101 cas ont été attestés en RDC, avec 10 décès confirmés. Plus de 900 cas suspects et 220 décès suspects ont été enregistrés.

Trois provinces sont actuellement touchées par la pathologie, à savoir Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Les autorités sanitaires annoncent avoir déjà reçu 14 tonnes d’équipements via l’OMS ainsi que 19 tonnes de kits de prévention et contrôle des infections acheminés par l’UNICEF. « Nos équipes sont sur le terrain », assurent les services sanitaires.

Les liaisons aériennes entre Bunia et Kinshasa sont suspendues. Le gouvernement congolais affirme vouloir réduire les risques de contamination et renforcer la sécurité sanitaire des voyageurs. Les mesures de surveillance sont renforcées à l’aéroport international de N’djili, principal point d’entrée et de sortie de la capitale. Le Programme national de l’hygiène aux frontières (PNHF) a annoncé le déploiement immédiat de contrôles sanitaires pour prévenir toute contamination vers le reste du pays et à l’international.

Une coordination transfrontalière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud a également été scellée à Kampala le 23 mai dernier. L’OMS a relevé vendredi son niveau d’évaluation du risque pour la santé publique en RDC de « élevé » à « très élevé », soit le niveau maximal. Le foyer de l’épidémie se situe dans la province de Ituri, dans le nord-est du pays, une région confrontée à l’activisme de groupes armés et difficile d’accès pour les équipes sanitaires. Des incidents sécuritaires ont encore été signalés dans la nuit de dimanche à lundi à Mongbwalu, où des militaires sont intervenus après une intrusion d’habitants dans un hôpital.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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