En RDC, les ex-rebelles menacent de reprendre les armes

La paix est menacée dans la province du Nord-Kivu. Les ex-rebelles déplorent la lenteur du processus de démobilisation et de réinsertion.

Dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), des ex-combattants menacent de reprendre les armes.

Il s’agit de deux chefs rebelles qui se sont auto-proclamés général durant leur maquis. Kakule Masivi Jeteme et Bilikoliko Mingenya Gassero ainsi que leur groupe respectif, opéraient dans plusieurs villages des territoires de Masisi et Rutshuru au Nord-Kivu.

Il y a six mois, ils se sont rendus aux forces armées congolaises, appelant d’autres rebelles à suivre leur exemple.

Prise en charge lente

Aujourd’hui, ils regrettent la lenteur de leur prise en charge. Les mauvaises conditions de leur cantonnement sur le site de Mubambiro auraient déjà poussé certains ex-combattants à retourner en brousse. Selon Bilikoko Mingenya, un des ex-chefs rebelles, »Ça fait pratiquement six mois que nous avons répondu à l’appel du président de la République de déposer les armes et nous rendre aux FARDC. Depuis notre arrivée sur le site de cantonnement de Mubambiro, il y a une sorte de méfiance observée chez les autorités. Et pourtant, les sensibilisateurs nous avaient dit qu’il y aura une prise en charge du gouvernement ».

Les revendications sont les mêmes de la part de Kakule Masivi Jeteme, chef du groupe AFRC. Il menace de reprendre ses activités rebelles en brousse:
« Sans mentir, si cette passivité des autorités se perpétue, je retournerai en brousse sans hésiter car je ne peux pas rester ici, dans la ville de Goma sans activités ».

Des groupes armés sont encore actifs dans l’est de la RDC

Plaintes récurrentes d’ex-rebelles

La RDC est souvent confrontée à des plaintes similaires d’ex-combattants.
Le programme STAREC qui appuie le gouvernement central dans le processus de démobilisation et réinsertion des ex-rebelles dans les territoires de l’est, expose des problèmes de manque de moyens financiers.
« C’est vrai, il y avait eu la démobilisation et le cantonnement de ces ex-rebelles. Mais au niveau central on a délaissé la province seule, alors que la province a des limites d’ordre financier et politique. Il faudra que le ministère national de la Défense et la présidence de la République, interviennent dans ce dossier. Je pense que si le pouvoir central vient en aide à l’exécutif provincial, nous aurons des résultats palpables », explique Suni Matabaro, chargé des missions du programme STAREC au Nord-Kivu.

La mission de l’Onu en RDC (Monusco) avait fait, de la prise en charge des ex-combattants démobilisés, un des motifs justifiant la prolongation de son mandat.


DW /Provinces26rdc.net

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