Est de la RDC : Massad Boulos et James Swan attendus au CS de l’ONU ce vendredi

Au lendemain des sanctions américaines contre le réseau rwandais du pillage des minerais congolais, le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, se réunit pour auditionner Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, et James Swan, représentant spécial du secrétaire général en RDC et chef de la Monusco, sur l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est du pays de Félix Tshisekedi.

Le « Monsieur Afrique » de Donald Trump pourrait apporter des précisions sur l’engagement américain dans le processus de paix. Le 24 juin, le comité mixte de surveillance, établi dans le cadre du processus de Washington, s’est réuni à Londres pour faire le point sur l’évolution de la situation depuis sa dernière réunion en avril. La RDC, le Rwanda, les États-Unis, le Qatar, le Togo et la Commission de l’Union africaine étaient représentés. Selon un communiqué de presse du département d’État américain la réunion a porté sur la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC. Les représentants de la RDC et du Rwanda ont également fait le point sur les efforts déployés pour respecter leurs engagements au titre des accords de Washington.

Pour sa part, James Swan devrait s’étendre sur l’état des efforts de médiation en cours, notamment ceux menés dans le cadre de l’ accor-cadre de Doha pour la paix signé entre le gouvernement congolais et le Mouvement du 23 Mars (M23) en novembre 2025 et le processus de paix mené par l’Afrique sous l’égide du médiateur de l’Union africaine (UA), le président du Conseil des ministres du Togo, Faure Gnassingbé.

D’après nos sources, le chef de la Monusco pourrait souligner également l’importance du mémorandum d’entente signé par les parties avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) pour rendre opérationnel le Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), un élément clé du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu convenu par les parties dans le cadre du processus de Doha. Selon le rapport du secrétaire général de l’ONU, Kinshasa et M23 ont déjà désigné des représentants auprès du MCVE+, en prévision de sa première mission de vérification du cessez-le-feu, qui devrait avoir lieu prochainement.

Les membres du CS de ONU restent préoccupés par les contraintes opérationnelles et matérielles auxquelles la Monusco est confrontée dans l’exécution de son mandat. Le rapport de Guterres souligne que les mesures d’urgence mises en œuvre par la mission pour atténuer l’impact de la crise de liquidités des Nations Unies ont réduit sa capacité opérationnelle dans plusieurs domaines, notamment le renseignement, la surveillance et la reconnaissance, l’alerte précoce, l’assistance médicale et la surveillance des droits de l’homme. Le document fait également état de restrictions persistantes à la liberté de mouvement des casques bleus dans les zones du Nord-Kivu contrôlées par le M23, ainsi que de la suspension continue des activités bancaires et aéroportuaires à Goma, tout en notant les progrès accomplis en matière de rotation et de rapatriement des troupes.

Ces difficultés, conjuguées à la situation sécuritaire qui prévaut dans l’est de la RDC, ont apparemment incité certains membres du conseil à s’interroger sur le rôle que pourrait jouer la Monusco dans la surveillance du cessez-le-feu. Ces membres estiment que les conditions nécessaires à la mission pour assumer un tel rôle ne sont pas encore réunies. Cette question a été un facteur déterminant dans l’échec d’un projet de déclaration présidentielle proposé en mars par la France, pays détenteur du mandat en RDC, qui visait à faciliter un réexamen et un ajustement du dispositif et de l’effectif de la mission conformément à la résolution 2808 du 19 décembre 2025, qui a renouvelé le mandat de la Monusco.

Lors de la réunion d’aujourd’hui, les membres du Conseil de sécurité devraient exprimer leur inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, malgré leur engagement constant dans le processus de paix et les efforts déployés pour rendre opérationnel le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. Récemment, les combats se sont intensifiés sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le M23 soutenu par l’armée rwandaise. Des affrontements se poursuivent également à Rubaya et dans ses environs, important site d’extraction de coltan au Nord-Kivu, alors que les ressources minérales critiques de la RDC suscitent un intérêt international croissant, notamment de la part d’entreprises américaines.

Jeudi, Washington a pris des sanctions contre les réseaux qui font sortir clandestinement des minerais de conflit de la République démocratique du Congo (RDC) pour soutenir le groupe armé M23, appuyé par le Rwanda. Parmi les deux personnes et quatre entités sanctionnées figurent Gasabo Gold Refinery LTD et son président, Jean Malic Kalima, ainsi que trois autres sociétés minières rwandaises. Selon l’administration Trump, le M23 et le Rwanda exploitent les vastes ressources minières de la RDC – une richesse qui appartient légitimement au peuple congolais – pour financer des armes, payer des combattants et entretenir une insurrection déstabilisatrice qui a engendré une grave crise humanitaire.

 


Afriqu’actu / Provinces26rdc.com

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