Inondations meurtrières en Grèce : le bilan s’alourdit, les opérations de secours continuent

L’évacuation de centaines d’habitants se poursuivait vendredi dans des villages bloqués par des inondations en Thessalie. Les intempéries ont à ce stade causé la mort de dix personnes, selon un nouveau bilan des autorités.

Les pompiers, épaulés par l’armée, ont poursuivi, vendredi 8 septembre en Grèce, l’évacuation de centaines d’habitants de villages bloqués par des inondations en Thessalie – inondations qui ont fait jusqu’à présent dix morts, selon un nouveau bilan des autorités.

« Malheureusement, dix de nos concitoyens ont perdu la vie dans les inondations, et quatre personnes sont portées disparues », a annoncé vendredi le ministre grec de la Protection civile, Vassilis Kikilias, lors d’un point-presse.

Les personnes tuées dans les pluies torrentielles qui se sont abattues de mardi à jeudi ont toutes été retrouvées en Thessalie dans les villages de la principale plaine du centre du pays, à 330 km au nord d’Athènes.

Des rues transformées en torrents

Selon les pompiers, des hélicoptères et des canots de sauvetage sont utilisés dans le cadre d’une « immense opération » pour atteindre les villages bloqués par la crue des rivières.

Les rues se sont transformées en torrents et des maisons par endroits sont sous l’eau comme dans le village de Palamas, a constaté un journaliste de l’AFP.

Selon la protection civile, quatre personnes restent portées disparues, surtout dans les départements de Magnésie et près de la ville de Karditsa.

Les habitants craignent de voir le bilan des victimes augmenter.

« Il est presque certain que d’autres personnes vont être retrouvées mortes », déplore Christodoulos Makris, 53 ans, un agriculteur qui a réussi à quitter jeudi Palamas, son village, à bord de son tracteur, avant de trouver refuge dans un bâtiment municipal d’Itea, un village voisin.

Qualifiée par les experts de phénomène « extrême en termes de quantité d’eau tombée en l’espace de 24 heures », la tempête baptisée « Daniel » a frappé lundi et mardi la Magnésie, notamment son chef-lieu, la ville portuaire de Volos, et les villages du mont Pélion, avant de toucher mercredi des localités autour de Karditsa et de Trikala.

Près de 200 touristes bloqués sur le mont Pélion ont été évacués à bord de bateaux ces derniers jours, ont annoncé jeudi les pompiers.

« Immense lac »

À Farkadona, à 330 km au nord-ouest de la capitale grecque, le niveau de l’eau a dépassé un mètre et de nombreuses habitations ont été inondées. Les évacuations sont en cours à bord de bateaux, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Les gens auraient dû quitter le village plus tôt mais ils ne l’ont pas fait. Ils ne s’attendaient pas à tant d’eau et ils ont été piégés », a indiqué Grigoris Mitrakos, chef de l’équipe locale des pompiers.

La plaine de Thessalie, la plus importante de Grèce, traversée par de longues rivières, s’est muée en un « immense lac » selon les pompiers, qui s’inquiètent de la hausse du niveau du fleuve de Pinios, le plus grand de la région.

Une cellule de coordination a été mise en place par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui a visité vendredi Karditsa. Dans le stade de cette ville, des hélicoptères atterrissaient avec des gens, surtout âgés, évacués des villages proches.

« Notre priorité est le sauvetage des personnes » et « la restauration des dégâts », a déclaré Kyriakos Mitsotakis, réitérant qu’il s’agit d’une « catastrophe naturelle inédite ».

Le principal parti d’opposition de gauche Syriza a déploré une « énorme catastrophe » aux « conséquences tragiques pour l’économie locale, les entreprises et la production agricole ». Il a accusé le gouvernement de ne pas avoir entrepris « des travaux pour faire face aux inondations » malgré « les fonds européens disponibles ».

L’élection prévue dimanche du nouveau chef de Syriza, après la démission d’Alexis Tsipras en juin, a été reportée au 17 septembre.

Ces intempéries succèdent à des incendies de forêt dévastateurs cet été en Grèce, qui ont fait au moins 26 morts.

La Commission européenne, qui avait activé le mécanisme de protection civile de l’UE pour aider la Grèce en juillet et en août, a indiqué qu’elle assisterait à nouveau le pays, si besoin.

Selon le ministère suisse des Affaires étrangères, les trois hélicoptères envoyés pour combattre les feux resteront en Grèce pour aider les secours dans les zones inondées.

Avec le réchauffement de la planète, l’atmosphère contient plus de vapeur d’eau (environ 7 % pour chaque degré supplémentaire), augmentant les risques d’épisodes de fortes précipitations qui, associés à d’autres facteurs comme l’urbanisation, entraînent des inondations.

En Turquie et en Bulgarie, deux pays frontaliers de la Grèce, les pluies diluviennes de ces derniers jours ont fait au total 12 morts.

 


AFP / France 24 / Provinces26rdc.com

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