Ituri : la Monusco établit deux bases opérationnelles mobiles à Irumu

La Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco) a établi deux bases opérationnelles mobiles dans le village Ofaye, territoire d’Irumu, en Ituri. L’annonce a été faite jeudi par le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric. Ces bases mobiles, a-t-il expliqué, aideront les Casques bleus à réagir rapidement aux menaces locales posées par les groupes armés.

Alors que les Forces démocratiques alliées (ADF) et la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) intensifient les attaques contre les civils, l’ONU a souligné que les déploiements de Casques bleus resteront opérationnels jusqu’à la mi-juillet et font partie de l’opération lancée en mars 2025, pour aider à renforcer la sécurité locale et soutenir des objectifs de mission plus larges, notamment « en assurant la protection de projets à impact rapide tels que la réhabilitation d’un bureau administratif local à Ofaye et pour soutenir les résultats d’un récent dialogue entre groupes armés ».

Par ailleurs, dans la province du Nord-Kivu, des membres présumés des Forces démocratiques alliées ont mené des attaques les 7 et 8 juillet dans deux localités à l’ouest d’Eringeti, causant la mort de six civils.

« La Mission de maintien de la paix condamne ces actes de violence », a ajouté Stéphane, précisant que les Casques bleus continuent de déployer des patrouilles dans les zones sensibles des ADF afin de faciliter la liberté de circulation des civils et l’accès aux zones agricoles.

Ituri–Nord-Kivu : le bilan des massacres attribués aux ADF passe à 13 morts

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Une famille transport le corps de leur proche tué dans une attaque des ADF en Ituri, à la morgue d’Oïcha le 16 juillet 2024. ©Photo archive: Delphin Mupanda/MCP

Le bilan de l’attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la province de l’Ituri continue de s’alourdir. Alors que cinq corps avaient été découverts le mercredi 9 juillet 2025 au village Ka-Terrain, huit autres ont été retrouvés ce jeudi 10 juillet, notamment dans les villages de Mamungelesi, La Haye, Kalalangwe, Tapis rouge, Mukokayi, Kasoko, Bayeyi et environs.

D’après des témoins et la société civile de Beu-Manyama, plusieurs dépouilles seraient encore sur place, car la population craint de s’y rendre. À ce jour, dix corps ont déjà été transférés à la morgue de l’hôpital général de référence d’Oïcha.

« Le bilan provisoire fait état de 13 morts, majoritairement des habitants du Nord-Kivu qui se trouvaient dans la zone pour des activités champêtres. L’ennemi vient de l’Ituri. Nous demandons à la population de regagner les milieux sécurisés et appelons les militaires à prendre les choses en main », a déclaré un membre de la société civile.

Les attaques ont ciblé des villages situés le long de la rivière Samboko, à la frontière entre les territoires de Beni (Nord-Kivu) et d’Irumu (Ituri). La plupart des victimes étaient venues cultiver dans la région, profitant du calme relatif observé depuis près d’un an.

« On avait commencé à respirer, mais nous voilà de nouveau touchés. Certaines victimes sont originaires d’Oïcha-Mabasele. J’appelle la population au calme : les forces de la coalition FARDC–UPDF sont déployées et poursuivent les opérations », a rassuré Jean de Dieu Kibwana, bourgmestre adjoint d’Oïcha.

La société civile appelle également à la prudence, exhortant la population à ne pas s’aventurer dans les zones de combat afin d’éviter des représailles des ADF, qui subissent actuellement des frappes de la coalition des FARDC et des forces de défense du peuple ougandais (UPDF).

Ces offensives ont été déclenchées le 6 juillet dernier contre plusieurs positions des ADF repérées le long des rivières Ituri et Samboko, d’où les rebelles pouvaient planifier des attaques contre les territoires de Mambasa et Irumu en Ituri, ainsi que Beni au Nord-Kivu

 


Afriquactu / Provinces26rdc.com

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