L’ACAJ exige la libération des manifestants arrêtés à Béni

L’Association congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a lancé un appel urgent aux autorités provinciales et municipales du Nord-Kivu pour la libération des jeunes et autres personnes arrêtées ce lundi lors d’une manifestation à Béni.

La mobilisation marquait le premier anniversaire de l’occupation des territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par les troupes RDF/M23. Selon l’ACAJ, la majorité des manifestants arrêtés étaient des militants de LUCHA, participant à une manifestation pacifique dûment notifiée aux autorités, comme l’atteste l’accusé de réception en possession de l’association.

« Plusieurs témoignages font état d’une répression violente, injustifiée et orchestrée par l’autorité municipale et le chef de la police de Béni », dénonce l’ACAJ dans son communiqué. L’association précise que certains manifestants ont été molestés, frappés avec des crosses et des coups de pied, et contraints à consommer de l’alcool.

Des tentatives similaires à Goma auraient également été bloquées par des menaces de détention et de mort, imputées aux responsables du M23. L’ACAJ condamne ces intimidations et appelle la communauté internationale à contraindre le Rwanda et le M23 à se retirer des territoires congolais, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’ACAJ s’engage à accompagner juridiquement et judiciairement les victimes et à mener un plaidoyer politique pour que les responsables, tant exécutants que politiques, soient tenus pour responsables. L’association appelle le gouvernement central à veiller à ce que l’impunité ne soit jamais tolérée pour les violations des libertés publiques.

À Beni, la mémoire de Goma étouffée sous les gaz lacrymogènes

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Beni, 27 janvier 2026. Un an jour pour jour après la prise de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, par des forces rwandaises opérant aux côtés du mouvement AFC/M23, une marche pacifique organisée à Beni a été violemment dispersée par la police. Bilan provisoire : une dizaine de manifestants interpellés et une commémoration transformée en scène de répression.

À l’initiative des jeunes de la Génération Z RDC, appuyés par d’autres mouvements citoyens et groupes de pression, la manifestation visait à interpeller les autorités sur la nécessité de récupérer Goma et les autres territoires encore sous occupation rebelle. Les organisateurs entendaient également rendre hommage aux milliers de civils tués dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La marche devait débuter au rond-point Nyamwisi, également appelé rond-point du 30 Juin. Mais dès les premières minutes, les manifestants ont été stoppés par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC). Des échanges houleux et des bousculades ont suivi, avant l’interpellation d’au moins six militants, conduits au Commissariat urbain de la police.

Un autre groupe a tenté de poursuivre la marche afin de déposer un mémorandum au bureau du gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il a été intercepté au niveau du rond-point ENRA, où banderoles et drapeaux ont été saisis, avant une dispersion à coups de gaz lacrymogènes.
Un troisième groupe, bloqué près du mausolée Enock Nyamwisi Muvingi alors qu’il tentait d’emprunter la route du gouvernorat, n’a pas non plus pu atteindre sa destination. Au total, une dizaine de manifestants ont été interpellés.

Sur place, plusieurs participants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de répression brutale d’une activité pourtant pacifique.

« C’était une manifestation purement pacifique. Nous condamnons la barbarie de certains policiers qui ont réprimé notre marche. Nous pleurons nos compatriotes massacrés à Goma par l’armée rwandaise ainsi que les milliers de victimes des ADF à Beni et Lubero. Voir nos propres forces nous réprimer est profondément déplorable », a déclaré Placide, la chemise déchirée après les affrontements.

Même indignation chez Gloire Mirimo, un autre manifestant :

« Ils nous ont dispersés avec des gaz lacrymogènes alors que notre seul objectif était de pousser le gouvernement à agir pour mettre fin à la guerre et récupérer Goma. Nous en avons assez de cette insécurité permanente. »

Jusqu’au moment de la rédaction de cet article, les autorités policières n’avaient pas encore officiellement réagi. Selon des sources proches des services de sécurité, la manifestation aurait été interdite par les autorités provinciales et urbaines.

Le maire de Beni, le commissaire supérieur principal Nyiofondo Te-Kodale Jacob, a d’ailleurs été aperçu au milieu des policiers lors de la dispersion au rond-point Nyamwisi.

Pour la Génération Z RDC, l’année écoulée depuis la chute de Goma a été marquée par une dégradation alarmante de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays : massacres de civils, violences sexuelles, enrôlements forcés et pillages systématiques des ressources naturelles.

À l’occasion de cet anniversaire, les mouvements citoyens ont également organisé des messes de recueillement et des veillées aux bougies à Beni, siège provisoire des institutions provinciales. Ils ont appelé les Congolais, au pays comme dans la diaspora, à s’habiller en noir en signe de deuil et de solidarité.

Enfin, les organisateurs interpellent la communauté internationale. Ils exigent du Conseil de sécurité des Nations unies l’application stricte de la résolution 2773 ainsi que des sanctions contraignantes contre le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion. Ils demandent également à l’administration américaine de revoir son analyse du conflit et à la Cour pénale internationale d’ouvrir des poursuites pour crimes contre l’humanité, affirmant que « la souveraineté et la dignité du peuple congolais ne sont pas négociables ».

Rutshuru : un soldat du M23 se suicide à Nyamilima

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Un militaire du mouvement rebelle AFC-M23 a mis fin à ses jours ce vendredi dans la cité de Nyamilima, groupement de Binza, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Les raisons de ce geste restent pour l’instant inconnues.

Selon des sources locales, la victime s’est introduite dans une toilette du quartier Majengo, où elle s’est tiré une balle. Le drame est survenu aux alentours de 11 heures locales, alors que les habitants vaquaient à leurs occupations quotidiennes.

« Nous avons entendu des coups de feu. En sortant, nous avons découvert le soldat dans la toilette, déjà sans vie, avec des blessures par balle au niveau du cou et de la tête », témoigne un habitant de la place.

Alertés par la population, les services de sécurité et une délégation des forces du M23, qui contrôlent la zone, se sont rendus sur les lieux pour les premières constatations. Le corps a ensuite été transporté par ambulance à l’hôpital général de Nyamilima, avant d’être conduit au camp militaire dit 5 heures.

Ce drame relance des interrogations au sein de la population locale. Certains estiment que la pression liée au service militaire et les conditions de vie au sein de la rébellion pourraient engendrer des traumatismes psychologiques, pouvant expliquer ce geste tragique.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite pour éclairer l’opinion sur les circonstances exactes de ce suicide.


Express Média / Provinces26rdc.com

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