Le protocole de désarmement des rebelles hutu rwandais, « un acte majeur » (Floribert Anzuluni)

La République démocratique du Congo a enclenché le processus devant conduire au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des rebelles hutu rwandais des FDLR, un dossier au cœur des tensions avec Kigali, a affirmé vendredi 7 août 2026 le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, lors d’une interview sur TV5 Monde.

« Ce protocole (…) est un acte majeur », a déclaré Floribert Anzuluni, en référence au « protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR par la sensibilisation ».

Ce texte doit permettre à la RDC de mettre en œuvre l’un de ses principaux engagements dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington avec le Rwanda, a expliqué le ministre, ajoutant que cet accord est accompagné d’un concept opérationnel (Conops) prévoyant notamment le désengagement des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR.

Contrairement à ce qui avait été évoqué, aucun délai de 90 jours n’a encore été arrêté pour la démobilisation.

« 90 jours, c’est le délai qui était repris (…) dans l’accord de paix et dans le CONOPS. Mais ici, nous n’avons pas encore défini le délai », a précisé M. Floribert Anzuluni.

Le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCCS) a élaboré un plan opérationnel, un chronogramme et un budget, actuellement soumis à approbation et validation.

« Ensuite, nous pourrons alors rendre publics les délais et les différentes étapes du processus », a-t-il indiqué.

Deux branches des FDLR

Le protocole engage, selon le ministre, les deux branches des FDLR, politique et militaire.

« La branche politique est dirigée par monsieur Victor Byiringiro, qui est le signataire de ce protocole, qui engage le mouvement, et la branche militaire (…) par monsieur Oméga », a-t-il affirmé, expliquant que « les deux (…) ont souscrit pleinement à la mise en œuvre de ce protocole ».

Selon le ministre de l’Intégration régionale, six zones opérationnelles susceptibles d’abriter des FDLR ont par ailleurs été identifiées par le comité conjoint de suivi sécuritaire, cinq dans le Nord-Kivu et une dans le Sud-Kivu.

« Mais cinq de ces six zones sont actuellement sous le contrôle de l’armée rwandaise et de l’AFC-M23 », a fait savoir M. Anzuluni, expliquant que cette situation devra évoluer pour permettre le déroulement du processus.

« Une fois que les opérations sont lancées, l’armée rwandaise est tenue de quitter le territoire congolais pour permettre à ce que le processus puisse suivre son cours », a-t-il déclaré.

Un suivi international

Les autorités congolaises veulent également associer des acteurs régionaux et internationaux au suivi du désarmement afin de garantir son application.

« Nous allons mettre en place (…) un mécanisme de suivi qui va se composer également de partenaires régionaux et de partenaires internationaux, de partenaires techniques », a expliqué le ministre, citant notamment l’European Institute et la communauté Sant’Egidio.

Selon lui, l’objectif est que le processus « ne soit pas simplement un processus congolais », mais qu’il implique « tous les acteurs directs ou indirects ».

Face au scepticisme de Kigali, M. Anzuluni assure ne pas craindre une nouvelle impasse.

Il rappelle que l’accord de paix a été signé « au plus haut niveau par les deux chefs d’État », avec l’appui de plusieurs facilitateurs.

« Aujourd’hui, nous sommes tous liés par cet accord de paix et la RDC aujourd’hui est en train de faire respecter ses engagements », a-t-il conclu.

 


ACP / Provinces6rdc.com

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