Saddam Haftar, le benjamin du maréchal Khalifa Haftar, commandant général de l’armée nationale libyenne (ANL) basé à l’Est libyen, a été nommé mercredi 27 août 2026 « commandant général chargé de l’armée nationale libyenne ». L’annonce a été faite dans un bref communiqué publié sur la page Facebook de l’ANL, sans plus de détails. Jusqu’à présent, Saddam Haftar occupait le poste de commandant général adjoint auprès de son père.
En sa nouvelle qualité, Saddam Haftar pourrait désormais remplacer le maréchal Khalifa Haftar dans l’ensemble de ses tâches. Cette semaine, c’est d’ailleurs Saddam Haftar qui a reçu les diplomates en visite à Benghazi, comme Hana Tetteh, l’envoyée spéciale du secrétaire des Nations unies pour la Libye, ou le ministre d’État qatari chargé des Affaires étrangères. Cette nomination prépare une succession officielle à son père.
Ce nouveau bond en avant de Saddam Haftar est particulièrement significatif, il coïncide avec un contexte politique différent de celui de son père. La Libye n’est plus en guerre comme en 2019, quand Khalifa Haftar a tenté de s’emparer de Tripoli. La Turquie ne considère plus le camp de l’Est libyen comme un adversaire militaire et Washington est passé d’une politique de pression sur les factions rivales à la recherche d’une formule de partage du pouvoir et d’unification institutionnelle.
L’un des interlocuteurs privilégiés de l’Est libyen
L’envoyé spécial du président américain pour l’Afrique, Masaad Boulos, a, selon des fuites, placé Saddam Haftar au poste de président au sein de la nouvelle structure du pouvoir imaginée par Washington, en échange du maintien d’Abdelhamid Dbeibah à la tête du gouvernement. Cet héritier de l’institution militaire fondée par son père à Benghazi est devenu l’interlocuteur majeur de l’Est libyen avec les puissances occidentales et les pays régionaux.
Né en 1991, Saddam Haftar a entamé son ascension fulgurante en intégrant il y a quelques années l’appareil militaire fondé par son père, en dirigeant en particulier la brigade Tariq bin Ziyad accusée des exactions. L’année dernière, il a été promu numéro deux de l’ANL. Son point le plus faible, en Libye : avoir le pouvoir en héritage sans qu’il soit élu par le peuple libyen.
rfi / Provinces26rdc.com
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