Mauritanie : les électeurs aux urnes pour choisir leur président

Environ 1,9 million d’électeurs sont appelés aux urnes samedi, en Mauritanie, pour départager les sept candidats pour l’élection présidentielle. Avec une opposition en ordre dispersé, le président sortant, Mohamed Ould Ghazouani apparaît comme grand favori.

Les bureaux de vote ont ouvert samedi 29 juin en Mauritanie pour l’élection présidentielle, un scrutin pour choisir entre le changement ou la continuité incarnée par le président sortant Mohamed Ould Ghazouani, qui a réussi à contenir la propagation jihadiste à la différence de ses voisins sahéliens.

Face à lui, six candidats se présentent au scrutin et promettent la première véritable alternance démocratique de ce vaste pays désertique d’environ 4,9 millions d’habitants qui a connu une multitude de coups d’État de 1978 à 2008 avant de vivre en 2019 sa première transition entre deux présidents élus depuis l’indépendance vis-à-vis de la France.

Les résultats devraient commencer à tomber samedi dans la soirée et être annoncés officiellement dans la journée de dimanche ou lundi. Les observateurs estiment que Mohamed Ould Ghazouani a des chances de l’emporter dès le premier tour. S’il y a un deuxième tour, il aura lieu le 14 juillet.

La campagne s’est globalement déroulée dans le calme, même si des incidents ont éclaté lundi soir à Nouadhibou, dans le nord, lorsque « certains partisans de l’un des candidats » s’en sont pris « à un meeting de supporteurs d’un autre concurrent », selon le ministère de l’Intérieur.

 L’enjeu primordial de la sécurité

« Les forces de l’ordre sont prêtes à faire face à toute velléité de désordre, la sécurité étant la priorité des priorités des Mauritaniens », a prévenu le président Ghazouani lors de son dernier meeting.

Le président sortant se présente comme le garant de la stabilité de ce pays qui n’a plus connu d’attaque sur son sol depuis 2011 alors qu’elles abondent au Mali proche et au Sahel.

Depuis le début de la campagne qui l’a vu sillonner toutes les régions du pays, le chef de l’État promet « une victoire éclatante dès le premier tour ».

Son effigie, barrée du slogan « le choix sûr », s’affiche partout à Nouakchott et dans tout le pays, et contraste avec les moyens déployés par les autres candidats. Les tentes où les militants se retrouvent pour faire campagne de manière festive sont presque toutes dressées à son honneur.

Mohamed Ould Ghazouani a fait de l’aide aux plus démunis et à la jeunesse ses chantiers prioritaires. En Mauritanie, les moins de 35 ans qui représentent plus de 70 % de la population, partent de plus en plus vers l’Europe ou les États-Unis, poussés par l’espoir d’avoir une vie meilleure.

Des accusations de manipulation électorale

Après un premier mandat entravé par l’épidémie de Covid-19 et les conséquences de la guerre en Ukraine, Ghazouani espère réformer davantage au cours d’un second mandat grâce à des perspectives économiques favorables.

Sur la période 2024-2026, la croissance devrait être de 4,9 % en moyenne (3,1 % par habitant), grâce au lancement de la production de gaz au second semestre 2024, estime la Banque mondiale. L’inflation est passée d’un pic de 9,5 % en 2022 à 5 % en 2023, et devrait continuer à diminuer pour atteindre 2,5 % en 2024.

Les deux principaux concurrents du président sont le militant des droits humains Biram Dah Abeid, deuxième des deux dernières présidentielles, et le président du parti islamiste Tewassoul, Hamadi Ould Sidi El Mokhtar, première force d’opposition à l’Assemblée nationale.

Les deux prônent un changement radical, « la fin de la gabegie et de la corruption », et une profonde réforme de l’éducation et de la justice.

Ils mettent aussi en garde contre des fraudes après avoir dénoncé une « élection unilatérale » et accusé la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de « ne rien faire pour en assurer le bon déroulement ».

L’opposition avait déjà fortement contesté les législatives remportées par le pouvoir il y a un an.

Peu d’observateurs internationaux ont fait le déplacement en Mauritanie. L’Union africaine a envoyé 27 observateurs de court terme. L’Union européenne n’a pas déployé de mission, mais trois experts électoraux.

Le gouvernement mauritanien a mis en place un Observatoire national chargé de surveiller l’élection, que l’opposition dénonce comme un instrument de manipulation du scrutin.


France 24 / Provinces26rdc.com

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