Au Niger, le régime militaire au pouvoir affirme à la mi-journée « reprendre progressivement le contrôle » de la situation, tandis que des tirs ont à nouveau résonné près de l’aéroport. Depuis cette nuit, des coups de feu et des tirs à l’arme lourde sont entendus à Niamey, autour de l’aéroport, mais aussi dans le centre-ville, dans la zone du palais présidentiel. À l’heure actuelle, on ignore qui se trouve derrière ces combats et quels sont les rapports de force. D’après les informations de RFI, les casernes de Niamey sont en alerte maximale.
Dans l’après-midi, des tirs ont repris dans le secteur de la base 101 de l’aéroport de Niamey. La garde présidentielle, qui était positionnée là-bas depuis la nuit dernière, a tenté cet après-midi de détruire le grand portail d’entrée de la base. Les soldats mutins ont violemment répliqué. Cela fait plus de 13 h que les deux camps se font face.
À la mi-journée, les présumés mutins, retranchés au niveau de la base 101 de l’aéroport, ont diffusé sur les réseaux sociaux un enregistrement audio anonyme dans lequel ils indiquent notamment que les institutions sont dissoutes. Au même moment, le régime militaire au pouvoir au Niger a affirmé dans un court communiqué « reprendre progressivement le contrôle » de la situation après une nuit de chaos et d’incertitudes, face à des mutins – « des insurgés issus des rangs de l’armée » – qui ont « entrepris de séquestrer » des soldats dans la base militaire attenante à l’aéroport de Niamey et qui ont « effectué des tirs sur certains sites sensibles » de la capitale.
Les autorités ne jugent donc pas avoir affaire à une tentative de putsch mais plutôt à un mouvement d’humeur de soldats en rupture avec leur hiérarchie. Elles appellent la population à « garder son calme et vaquer librement à ses occupations ».
Les premiers tirs ont eu lieu du côté de l’aéroport et de la base 101 de Niamey
C’est dans le milieu de la nuit que des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment aux abords de la présidence et de l’aéroport international. « Il y a des tirs nourris et des détonations au niveau de la base 101 de Niamey », indiquait ce matin un riverain à l’AFP. La base 101 de l’armée de l’air, située dans le complexe de l’aéroport international, abrite notamment le quartier général des partenaires russes de Niamey, Africa Corps, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel que le Niger forme avec le Burkina Faso et le Mali, rapporte l’AFP. Cette base contrôle de nombreux drones et aéronefs.
Les premiers tirs ont été entendus vers 1h00 (00h00 TU) et se poursuivaient à l’aube, selon une vidéo publiée par un journaliste local, filmant la zone de l’aéroport. Un habitant d’un autre quartier, Koira Kano, dans l’ouest de la capitale, a de son côté affirmé vers 5h00 (4h00 TU) avoir entendu des tirs sporadiques d’armes légères.
Des affrontements aussi près du palais présidentiel
Au cœur du quartier administratif, les accès au palais présidentiel sont protégés par des véhicules blindés affirment des témoins qui décrivent aussi une capitale calme, les activités à l’arrêt, la circulation réduite. Les autorités ont fermé les trois ponts de la capitale, les présumés mutins bloquent la RN1, axe principal pour sortir de la capitale.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications ont également évoqué des tirs et explosions en ville, notamment dans la zone administrative qui abrite le palais présidentiel. La garde présidentielle nigérienne a repoussé des « insurgés issus des forces armées » qui ont tenté de « pénétrer dans le palais de la présidence » à Niamey, où des échanges de tirs sont toujours en cours, indiquait plus tôt à l’AFP une source sécuritaire basée en Afrique de l’Ouest.
Ce matin, la télévision nationale a été coupée pendant un peu plus d’une heure : à 9h00 (8h00 TU), un écran noir remplaçait les programmes de Télé Sahel, via le satellite comme en ligne, avant de revenir vers 10h10 (9h TU), rapporte l’AFP.
« Face aux évènements en cours, gardons notre calme et évitons de relayer des informations non vérifiées. Nos forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour la défense de la patrie », a affirmé samedi matin le régime militaire sur ses pages officielles sur les réseaux sociaux.
L’aéroport ciblé deux fois par les jihadistes cette année
L’aéroport de Niamey a été ciblé deux fois cette année par des jihadistes, d’abord par l’État islamique en janvier, puis fin juin par leurs rivaux du Jnim, la branche sahélienne d’al-Qaïda. Les deux attaques avaient été repoussées par l’armée, mais en juin, 11 soldats et deux civils avaient été tués. L’hypothèse d’une nouvelle attaque des mouvements terroristes a rapidement été démentie, notamment par une source sécuritaire jointe par RFI qui évoquait une tentative de déstabilisation menée « par des insurgés issus des rangs de l’armée ».
En janvier, le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d’un coup d’État en juillet 2023, avait évoqué « une faille dans le dispositif » sécuritaire qui avait « permis l’attaque », dont « l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée.
Ce soir, l’agence nationale de l’aviation civile indique que l’aéroport fonctionne normalement. Aucun bilan officiel des affrontements, jugés extrêmement violents par des habitants de la capitale, n’a été donné par la junte militaire.
rfi / Provinces26rdc.com
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