Le député national Carly Nzanzu Kasivita plaide pour une réforme immédiate de la stratégie militaire face à l’expansion fulgurante de la menace terroriste des ADF (Forces démocratiques alliées). Dans une démarche officielle adressée au président Félix Tshisekedi, l’élu de Beni et ancien gouverneur du Nord-Kivu propose d’adapter l’appareil sécuritaire en combinant guerre asymétrique, renseignement de proximité et création d’une force de « local defence » rigoureusement encadrée par l’État.
Dans un entretien avec la presse, le parlementaire affirme qu’ « il y a dix ans, l’activisme des ADF était géographiquement confiné à deux territoires de la région de Beni. Aujourd’hui, le mode opératoire du groupe s’est étendu de manière critique. Les terroristes opèrent désormais dans six territoires répartis à travers quatre provinces de la République démocratique du Congo. Cette dispersion géographique démontre les limites des schémas militaires conventionnels face à une menace devenue globale et diffuse ».
La proposition phare du député national repose sur la mise en place d’unités de local defence. L’objectif affiché n’est nullement de substituer ou de concurrencer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), mais bien de renforcer leurs efforts opérationnels.
En raison de leur mode opératoire asymétrique, les ADF contournent les lignes de front pour massacrer les populations civiles dans des villages isolés et enclavés. Ces unités locales, grâce à leur parfaite connaissance du terrain, serviraient, selon lui, de bouclier immédiat et de dispositif d’alerte précoce pour bloquer les incursions résiduelles.
« Il faut que le système s’adapte : un renseignement de proximité. Mais au-delà de ça, il faut faire participer la population à la sécurité. Il faut créer la local defence qui va renforcer les efforts des FARDC, parce qu’il ne s’agit pas de substituer l’armée. On veut renforcer les efforts de nos services de sécurité qui combattent les ADF. Mais à cause de leur mode opératoire asymétrique, ils viennent tuer les populations dans des villages isolés. C’est pourquoi j’ai pensé qu’il serait important d’appuyer les efforts de nos FARDC par la création de la local defence », a expliqué Kasivita.
Carly Nzanzu Kasivita insiste sur le fait que cette force doit être exclusivement créée, formée et contrôlée par l’État congolais. Cette centralisation institutionnelle est indispensable pour éviter le désordre et l’imbroglio observés au sein de certains éléments des mouvements dits « Wazalendo ».
« Il y a des vrais et des faux Wazalendo, et les dérives de certains handicapent sérieusement les actions des FARDC sur le terrain », constate l’élu.
Pour pallier le risque de prolifération incontrôlée d’armes et de violences, la sélection des volontaires de la local defence devra répondre à des critères stricts liés à la moralité, à l’éthique et au patriotisme, sous la supervision directe du commandement militaire. Face à une tragédie humaine ayant déjà coûté la vie à des milliers de civils, cette approche propose un compromis entre l’élan patriotique populaire et la rigueur de la discipline républicaine.
Tazama RDC / Provinces26rdc.com
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