Nouvel An : la planète célèbre l’arrivée de 2021, toujours sous le signe du coronavirus

La planète a commencé ce jeudi à tourner la page sur 2020. Une année sombre parce que marquée par la pandémie de Covid-19 qui contraint des milliards de personnes à célébrer en petit comité le passage au Nouvel An. Les nouvelles vagues épidémiques ont même obligé la majorité à suivre les célébrations depuis leur canapé, déjà rompus à des mois de restrictions voire de confinement en raison du Covid-19 qui a fait au moins 1,7 million de morts dans le monde depuis son apparition de décembre dernier.

Le petit archipel des Kiribati et les îles Samoa, dans le Pacifique, ont été à 10 heures (GMT) les premiers à basculer en 2021, tandis que les îles inhabitées de Howland et Baker devront attendre 26 heures de plus. La Nouvelle-Zélande a suivi une heure plus tard, avec de grandes foules réunies à Auckland pour assister à un feu d’artifice. Seules quelques restrictions demeurent en vigueur, faisant de ce pays l’un des seuls de la planète où les habitants peuvent célébrer le passage à 2021 sans écran interposé.

Bien que largement épargnées par la pandémie, les nations du Pacifique connaissent un Nouvel An d’un nouveau genre en raison des mesures de fermeture des frontières, de couvre-feu et de confinement. À Sydney, la plus grande ville d’Australie, le célèbre feu d’artifice du Nouvel an a été tiré à 13 heures GMT (14h, heure française) au-dessus de la Baie, mais en l’absence quasi-totale de spectateurs après l’apparition d’un récent foyer de contamination dans le nord de la ville, qui totalise quelque 150 cas.

Le projet d’autoriser 5000 personnes travaillant en première ligne dans la lutte contre l’épidémie à y assister, pour les remercier de leurs efforts, a même été abandonné. « Tout le monde attend 2021 comme un nouveau départ », a souligné Karen Roberts, l’une des rares spectatrices à être admises dans un bar près du célèbre opéra de Sydney.

Des milliers de personnes rassemblées à Wuhan


La ville de Wuhan, en Chine, où le virus est apparu pour la première fois fin 2019, a vu des milliers de personnes se rassembler pour célébrer le Nouvel An. Même scènes à Taipei, capitale de Taïwan, qui a organisé une célébration plus traditionnelle, avec des foules se rassemblant pour regarder des feux d’artifice.

À Hong Kong, malgré les restrictions, quelques rares fêtards se sont aventurés sur le front de mer du port Victoria pour faire des selfies. À Tokyo, où les habitants sont confrontés à la perspective de l’imposition de l’état d’urgence après un record de 1300 nouvelles infections quotidiennes, les gens faisaient la queue avec des masques et des gardes du visage pour offrir des prières du Nouvel An.

En Russie, le président, Vladimir Poutine, a reconnu dans son discours du Nouvel An qu’une deuxième vague d’infections frappait la nation. « Malheureusement, l’épidémie n’a pas encore été complètement arrêtée. La lutte contre l’épidémie ne s’arrête pas une minute », a-t-il déclaré.

A Dubaï, aux Emirats arabes unis, des milliers de personnes étaient attendues pour assister à un spectacle pyrotechnique et laser à Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, en dépit de nouveaux cas. Toutes les personnes devaient porter un masque ou s’enregistrer à partir d’un QR code.

Avec une image projetée du cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, vice-président et premier ministre des Emirats arabes unis et souverain de Dubaï, des feux d’artifice explosent au Burj Khalifa, le 1er janvier. (© Kamran Jebreili/AP)

A Beyrouth, au Liban, encore sous le choc de l’explosion meurtrière et dévastatrice du 4 août, les autorités ont assoupli les mesures. Le couvre-feu a été repoussé à 3 heures du matin. Les bars, restaurants et boîtes de nuit ont rouvert et organisé de grandes fêtes pour le Nouvel An.
Les réseaux de médias sociaux regorgent de photos et de vidéos de clubs et de restaurants bondés, conduisant les autorités à envisager un nouveau confinement après les festivités.

L’Europe sous couvre-feu 


Des policiers à cheval patrouillent en face du London Eye dans un Londres presque déserté le 31 décembre, alors que les autorités de la ville espèrent que le message de rester chez soi sera respecté. (© Tolga Akmen/ AFP)

C’est depuis leur salon que les Romains ont assisté aux festivités qui se déroulaient au Circus Maximus, le plus ancien stade de la ville. Deux heures de spectacle étaient au programme ainsi qu’une illumination des sites les plus emblématiques de la ville. La municipalité a interdit les feux d’artifice et pétards qui d’habitude résonnent dans les rues et places de la ville.

L’Italie, où des photos de morgues improvisées et de soignants épuisés ont fait prendre conscience au reste de la planète de la gravité de la crise, est soumise à un confinement jusqu’au 7 janvier et à un couvre-feu à partir de 22 heures. Les fêtes du 31 étaient interdites aussi bien dans les lieux publics que privés.

Devant la basilique Saint-Pierre du Vatican, le 31 décembre à Rome. (© Tiziana Fab/AFP)

A Londres, durement touchée par l’épidémie, les célébrations ont été mises en sourdine, alors que le gouvernement exhortait les gens à rester à la maison pour éviter de propager le virus, avec le slogan « Agissez comme si vous l’aviez ». La chanteuse américaine de 74 ans Patti Smith donnait un concert en livestream, en hommage aux soignants du NHS, le système public de santé du Royaume-Uni, décédés du Covid-19. Mais sa diffusion en direct sur écran géant à Piccadilly Circus a été annulée à la dernière minute pour cause de pandémie, et ses fans ont dû se contenter de YouTube.

En France, des policiers ont été déployés pour veiller au respect des interdictions de rassemblements ou du couvre-feu mis en place pour la soirée de jeudi : tout déplacement entre 20 heures et 6 heures est interdit, hors motif autorisé. A Paris, les Champs-Elysées, traditionnel lieu de rassemblement festif et parfois éthylique, sont particulièrement surveillés afin d’empêcher toute réunion. Pour limiter les possibilités de rassemblement, le préfet de police de Paris a demandé le concours de la RATP : seule la moitié des 16 lignes du métro fonctionnent à compter de 20 heures, avec des fréquences réduites, et un nombre limité de stations desservies.

A Madrid, l’une des villes d’Europe les plus frappées par la pandémie, la célèbre place de la Puerta del Sol, habituellement bondée aux 12 coups de minuit, était vide quand un ancien membre du groupe Mecano, Nacho Cano, y a interprété un morceau au piano, en hommage aux victimes du Covid-19.

Dans ses voeux du nouvel An, la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu que cette crise « historique » du coronavirus est appelée à se prolonger en 2021 même si le vaccin apporte de l’ « espoir ».

Times Square vide dans le quartier de Manhattan à New York


Un Times Square vide dans le quartier de Manhattan à New York, aux Etats-Unis, le 31 décembre. (© Jeenah Moon/Reuters)

A New York, où Times Square déborde habituellement de gens euphoriques sous une pluie de confettis, le quartier de Manhattan était bouclé et les fêtards encouragés à suivre de chez eux le compte à rebours télévisé, avec la chanteuse américaine Gloria Gaynor pour interpréter à 77 ans son célèbre titre disco I Will Survive (« Je survivrai »). Les Etats-Unis sont le pays du monde le plus endeuillé par la pandémie et dans ses vœux, le maire Bill de Blasio a évoqué 2020 comme « sans doute la plus dure année de l’histoire de New York ». « En janvier, nous allons vacciner un million de New-Yorkais », a-t-il promis.

Partout dans le monde, des lendemains difficiles sont redoutés

Au Brésil, le deuxième pays le plus endeuillé au mondé, des médecins craignent une nouvelle vague.

Sur les réseaux sociaux, circulent des vidéos de personnes faisant la fête sans masque et la télévision a diffusé des images de policiers fermant des bars bondés de clients.

 


AFP /provinces26rdc.net

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