RDC : 10 messages de Jean Thierry Monsenepwo à Fayulu, Katumbi, Sesanga, Matata et Kabund [Tribune]

Messieurs,

Le sang coule à l’Est. Le Rwanda occupe. L’AFC/M23 tue. Et les opposants regardent ailleurs.  

Je vous mets face à 10 vérités. 10 messages. 10 silences qui vous accusent.

1. Le calendrier vide de la colère

Quel jour l’opposition congolaise décréterait-elle une ville morte contre Kigali ? Regardez l’agenda : aucun. Pas parce que la date manque, mais parce que la volonté manque. Quand on hait plus le Président que l’occupant, on ne descend pas dans la rue contre l’occupant.

2. La concurrence des haines

L’AFC/M23 tue à Rutshuru, Masisi, Bunagana. Mais à Kinshasa, certains opposants pèsent chaque mot pour ne pas donner raison à Tshisekedi. Résultat : le silence devient complicité. La haine du Président a remplacé la haine de l’ennemi.

3. Ville morte, mais pour qui ?

Une ville morte contre le Rwanda signifierait unité nationale. Or l’opposition vit du clivage. Appeler à fermer boutiques et marchés, main dans la main avec le pouvoir ? Impensable pour des egos qui confondent adversaire politique et ennemi intime.

4. Le nombrilisme comme ligne politique

Manifestation = visibilité. Mais manifester contre le M23 donnerait des points au narratif de Kinshasa. Beaucoup préfèrent donc l’inaction. Leur calcul : mieux vaut perdre le Kivu que de laisser Tshisekedi gagner la bataille de l’opinion.

5. L’occupation qui n’indigne plus

Quand des Congolais meurent sous les balles rwandaises, on compte les tweets d’indignation de l’opposition. On les compte vite, car il n’y en a pas beaucoup. Le Rwanda est devenu un sujet technique, pas existentiel. Pendant ce temps, une phrase de Tshisekedi déclenche trois conférences de presse de l’opposition.

6. L’alliance objective

Vous ne verrez pas de marche commune ECIDE-Ensemble-MLC-LG contre Kigali. Pourquoi ? Parce que détester Tshisekedi soude plus que défendre la patrie. Le M23 a compris : diviser Kinshasa coûte moins cher qu’une balle.

7. La haine du Congolais par le Congolais

Comment expliquer qu’on pardonne plus vite à Kagame qu’à un frère de la majorité ? On promet casse et coups de poing à ceux qui veulent le changement de la Constitution. On les traite de lépreux. On préfère voir le voisin tomber que de le relever si cela profite au camp de Kigali.

8. Les morts sans drapeau

Les victimes du M23 meurent deux fois : sous les balles, puis dans l’indifférence de nos opposants. Heureusement, nous existons pour que, derrière le Chef de l’État, on pense à eux et on garde la flamme de leur mémoire. Mais les opposants ? Aucun sit-in devant les ambassades. Pour eux, le sang congolais ne mobilise que s’il est rentable politiquement.

9. Le jour qu’on n’ose pas fixer

Fixer une date pour condamner la présence rwandaise en RDC, c’est prendre le risque que le peuple réponde. Et si le peuple répondait, qui capitaliserait ? La peur de voir Tshisekedi sortir renforcé paralyse. On préfère donc que ce jour n’existe jamais.

10. Le pacte non écrit

Ce qui lie certains opposants, Kigali et l’AFC/M23 n’est pas une réunion secrète. C’est plus fort : des intérêts qui convergent. Affaiblir Tshisekedi. Humilier l’armée. Prouver que l’État est faible. Sur ce terrain, ils ne sont plus adversaires.

Conclusion :

Messieurs Fayulu, Katumbi, Sesanga, Matata, Kabund :

L’Histoire vous regarde.

Le silence est un choix. L’inaction est une trahison.

Le peuple attend une date. Une seule. Contre l’occupant.

La donnerez-vous ?

Ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*