Une pollution environnementale préoccupante
Quatre études scientifiques indépendantes menées dans la province du Lualaba alertent sur une pollution importante de l’air, des eaux et des sols autour des grands sites d’exploitation du cuivre et du cobalt. Réalisées à Kolwezi et dans ses environs, elles mettent en évidence des niveaux de contamination susceptibles d’avoir des conséquences sérieuses sur la santé des populations riveraines.
Selon les chercheurs, les concentrations de particules fines dans l’air dépassent largement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), atteignant parfois jusqu’à six fois les seuils recommandés. Dans certaines zones, près de 98 % des mesures effectuées dépasseraient les limites de sécurité.
L’eau également touchée
Les études révèlent aussi une contamination préoccupante des ressources en eau. À Kolwezi, un puits communautaire situé près d’un bassin de résidus miniers présenterait une acidité extrême, avec une eau jusqu’à cent fois plus acide que les normes recommandées. Des concentrations élevées de manganèse et d’autres métaux lourds y ont également été détectées.
Les chercheurs estiment que la composition chimique des poussières et des polluants observés est liée aux activités d’extraction et de traitement du cuivre et du cobalt.
Des conséquences sanitaires redoutées
Les auteurs des recherches évoquent plusieurs risques sanitaires associés à cette exposition prolongée, notamment des maladies respiratoires, des troubles neurologiques, certains cancers et des atteintes à la santé reproductive. Les enfants sont considérés comme les plus vulnérables face à ces contaminations.
Dans les communautés concernées, les inquiétudes sont de plus en plus fortes. « On nous tue à petit feu », témoigne un habitant cité dans l’un des rapports, illustrant le sentiment de détresse ressenti par une partie de la population.
Les entreprises contestent ou nuancent les conclusions
Avant la publication des études, les organisations RAID, AFREWATCH et Source International ont partagé leurs résultats avec les principales entreprises minières concernées : Tenke Fungurume Mining (TFM), Mutanda Mining (MUMI) et COMMUS.
TFM affirme respecter les réglementations congolaises ainsi que les normes internationales en matière de gestion environnementale. L’entreprise indique que ses propres données de surveillance de l’air et de l’eau ne confirment pas les conclusions avancées par les chercheurs. Elle estime également que la pollution observée pourrait être influencée par d’autres facteurs, notamment la géologie naturelle de la région et l’exploitation minière artisanale.
Glencore, exploitant de Mutanda Mining, assure suivre ses émissions environnementales et affirme intégrer les conclusions des études dans ses mécanismes de gestion. L’entreprise souligne toutefois qu’il est difficile d’attribuer les impacts constatés à une seule exploitation dans une zone où plusieurs activités minières coexistent.
COMMUS, exploitée par Zijin Mining, n’avait pas encore fourni de réponse détaillée au moment de la publication du rapport.
Des recommandations pour protéger les populations
Les chercheurs appellent à une action rapide des autorités. Ils recommandent davantage de transparence dans la publication des données environnementales, la réalisation d’évaluations sanitaires indépendantes et l’application rigoureuse du principe du « pollueur-payeur » prévu par le Code minier congolais.
Pour les auteurs des études, les résultats obtenus montrent l’urgence de renforcer la surveillance environnementale afin de protéger durablement les populations vivant au cœur du principal bassin minier de la RDC.
Mining and Business / Provinces26rdc.com
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