RDC : 22 juillet, Olenghankoy s’interpose entre majorité et opposition

De réelles menaces pèsent sur la cohésion nationale, prévient Olenghankoy. À l’approche du 22 juillet, les inquiétudes montent autour des manifestations populaires annoncées par l’opposition et la majorité au pouvoir (Union sacrée).

Alors que les deux camps affichent la rage d’investir la rue, le président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA) exhorte les autorités à empêcher que les camps rivaux ne se retrouvent simultanément dans la rue. Pour éviter tout scénario de chaos ou susceptible de dégénérer en affrontements entre les deux cortèges, Joseph Olenghankoy recommande aux services de maintien de l’ordre de ne pas permettre des rassemblements opposés. « Il faut empêcher de provoquer des affrontements entre groupes de manifestants de bords politiques opposés (…). Les autorités de la sécurité publique ne devraient pas autoriser que les deux groupes marchent le même jour », a-t-il sonné l’alarme.

Une position qui intervient alors que les appels à la mobilisation continuent à se multiplier et que le climat devient de plus en plus tendu. La coalition C64 maintient sa décision d’organiser une marche pacifique dont le point de chute sera le Palais de la Nation avec pour objectifs de dénoncer le projet de la réforme constitutionnelle et de réclamer le départ du président Félix Tshisekedi.

En réponse, le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, malgré le désaveu de l’Udps, invite les composantes de la majorité présidentielle à investir les rues de Kinshasa, des provinces, de l’Europe et partout ailleurs à travers le monde. L’appel à manifester du pouvoir passe d’abord pour une démonstration de force, mais aussi une mobilisation patriotique destinée à défendre les institutions de la République.

Le risque d’un télescopage entre les deux initiatives s’est toutefois atténué après la prise de position de l’UDPS. Le haut responsable du parti présidentiel, Augustin Kabuya a tranché que sa formation politique ne participera à aucune contre-marche. D’après lui, il ne faut pas tomber dans ce qu’il qualifie de « piège ». Le SG a, au contraire, invité la Police nationale congolaise à assurer l’encadrement de la mobilisation de l’opposition et proposé même le recours à des drones ainsi qu’à une couverture médiatique afin de garantir la transparence des opérations. Bien que confus, Mbata, en revanche, campe sur sa position. Toute honte bue, il rappelle que l’Union sacrée regroupe plus de 900 composantes, signifiant que seules les communications émanant de son porte-parole officiel engagent la plateforme.

Olengankoy exhorte Tshisekedi à accélérer le dialogue 

Le pays traverse une période particulièrement sensible. La guerre qui se poursuit dans l’est, l’insécurité persistante dans plusieurs provinces et la crispation du débat politique constituent, selon le leader des FONUS, un cocktail dangereux pour la stabilité nationale. Cependant, le patriarche encourage le chef de l’État à réaffirmer clairement son engagement en faveur de la paix et du rassemblement des Congolais. Il invite le premier d’entre les Congolais à créer les conditions nécessaires à la tenue d’un dialogue national inclusif en garantissant la sécurité de tous les participants afin d’instaurer un climat de confiance entre les différentes composantes de la classe politique.

Olenghankoy presse également pour que les auteurs de propos discriminatoires ou d’incitations à la haine soient systématiquement poursuivis, quelle que soit leur appartenance politique ou sociale. Dans le même élan, le sage de la République met en garde le président Tshisekedi contre ceux qu’il qualifie de « flatteurs », accusés de lui suggérer des décisions contraires à ses propres engagements en faveur de la paix, dans le seul but de défendre des intérêts particuliers.

En outre, le chef du CNSA a adressé un message ferme aux dirigeants de l’AFC/M23. Sans leur reconnaître une quelconque légitimité institutionnelle, il les appelle à respecter scrupuleusement les engagements souscrits dans le cadre du processus de paix, notamment en observant le cessez-le-feu et en s’abstenant de toute provocation militaire susceptible de compromettre les efforts diplomatiques en cours. A en croire Joseph Olenghankoy, la priorité n’est plus à la démonstration de force.

Dans un contexte où le pays reste confronté à une guerre dans sa partie orientale, préserver l’unité nationale, contenir les discours de haine et éviter toute collision politique dans la rue, constituent désormais des conditions indispensables pour consolider les initiatives de paix engagées tant sur le plan diplomatique qu’à l’intérieur du pays.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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