Au moins 20 millions de Congolais souffrent des troubles mentaux, selon le ministère de la Santé publique.
Il a présenté ces statistiques en marge de la journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre de chaque année.
Cependant, a noté ce ministère, la couverture sanitaire des personnes en débilité mentale reste encore faible, à peine 5%.
Entre mépris, insuffisance de spécialistes dédiés et de structures médicales adaptées, la maladie mentale reste le parent pauvre du système de santé publique congolais. Difficile de marcher dans les rues congolaises, sans apercevoir des personnes, en pleine errance, à moitié nue, en train de fouiner dans les bacs à ordures pour manger. Cela dans l’indifférence totale. Ces citoyens, appelées abusivement fous, sont bien souvent atteints de schizophrénie, l’un des plus fréquent trouble mental qui entraîne un comportement déviant ou dérangeant exclusivement lié à la maladie, a fait savoir Dr Serge Munane, psychiatre congolais.
Il a regretté que le domaine de la santé mentale soit très peu soutenu par l’Etat congolais et les quelques acteurs qui financent ou appuient ce secteur soient des bailleurs extérieurs.
Pour Dr Serge Munane, l’autre urgence est d’avoir plus de professionnels dédiés car le nombre de psychiatres en RDC est encore très faible par habitant.
Ajouté à cela, une faible acceptabilité de la maladie de la santé mentale dans les communautés.
La plupart des pathologies sont considérées comme des possessions démoniaques ou bien des problèmes spirituels, précise ce psychiatre.
Toutefois, il a salué le fait que le ministère de la Santé et son programme de santé mentale soient actuellement en train d’élaborer un plan stratégique de prise en charge de la santé mentale.
« Ce plan ambitieux une fois validée et appliquée, permettra une bonne intégration de la santé mentale dans le système de santé. Chose qui pourra améliorer la prise en charge », s’est réjoui Dr serge Munane.
Abdourahamane Ganda : « La santé mentale est un outil fondamental pour nous »
Radio Okapi
« La santé mentale est un outil fondamental pour nous parce qu’en tant qu’acteurs de la paix, nous devrons être en paix avec nous-mêmes avant de délivrer la paix aux autres », a déclaré le chef de bureau intérimaire de la MONUSCO Beni-Lubero, Abdourahamane Ganda. C’était le samedi 7 octobre lors du lancement des activités du mois consacré à la santé mentale.
Il revient aussi sur les raisons pour lesquelles ces activités ont été lancées le samedi, au lieu de mardi 10 octobre, consacré à la Journée internationale de la santé mentale.
« Cette journée devrait être célébrée le mardi prochain 10 octobre. Mais pour avoir la capacité de profiter de toute la journée, nous avons décidé de le faire aujourd’hui. Mais c’est tout le mois qui est consacré à la santé mentale », a expliqué Abdourahamane Ganda.
« Mais depuis longtemps, notre Comité Welfare est en train de tout faire pour nous mettre dans des dispositions mentales très bonnes. Et si vous avez des suggestions qui vont contribuer à améliorer tout ce que nous faisons, elles sont les bienvenues », a ajouté Abdourahamane Ganda.
Une marche de santé pour sensibiliser à la santé mentale
Radio Okapi
Le même samedi, le comité du bien-être de la MONUSCO/Beni a organisé une marche de santé pour faire en sorte que le personnel des Nations Unies travaillant à Beni, mais aussi les différentes structures de jeunes et femmes de cette ville bénéficient d’un état de bien-être mental qui leur permet d’affronter les sources de stress de la vie, de réaliser leur potentiel, de bien travailler et de contribuer à la vie de la communauté.
Cette marche est partie du camp militaire du contingent kenyan. Civils et militaires ont avalé 7 kilomètres pour contribuer à la sensibilisation de la santé mentale, afin d’identifier les déterminants individuels, sociaux et structurels de la santé mentale, puis agir pour réduire les risques, accroître la résilience et créer des environnements propices à la santé mentale.
« Il faut participer à ces genres d’activités, il faut prendre soin de sa santé mentale, il faut écouter son organisme. Car il nous alertera lorsque le corps n’est pas en forme. Et il ne faut pas avoir peur d’en parler. Il faut aller vers des collègues en qui on a confiance ou vers les professionnels de santé mentale. Il ne faut pas rester seul, il ne faut pas avoir peur », a recommandé Edwige Emilie Kouamen, psychologue à la MONUSCO à Beni.
Pour les participants à cette activité, à part la fatigue, cette marche leur a permis de se détendre et de partager la joie avec des personnes de différentes organisations.
« Après la marche, je suis épuisée ; mais au niveau mental, je suis soulagée. Cela a diminué certaines émotions. On a oublié certains problèmes qu’on avait à la maison. Je suis arrivée au bout de cette marche parce que je suis athlète », a témoigné pour sa part Henriette Kahindo, l’une des participantes.
D’autres activités, notamment des rencontres de football et de volley ball ont aussi été organisées pour impliquer le personnel à la sensibilisation à la santé mentale.
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