RDC : Denis Mukwege accuse le pouvoir en place de « conduire le pays vers une balkanisation »

L’opposant et prix Nobel de la paix Denis Mukwege a lancé une nouvelle charge contre la gouvernance du président Félix Tshisekedi dans une lettre ouverte publiée à l’occasion de la fête de l’Indépendance, ce mardi 30 juin.

Dans ce document, il évoque une « crise existentielle » que traverse la République démocratique du Congo et met en garde contre un risque de « balkanisation », estimant que plusieurs choix politiques et sécuritaires ont fragilisé davantage le pays au cours des sept dernières années.

Le médecin congolais reproche notamment au chef de l’État de ne pas avoir donné suite aux recommandations du Rapport Mapping, de maintenir un état de siège qu’il juge inefficace et d’avoir privilégié des accords militaires et diplomatiques dont les résultats restent, selon lui, contestables.

Il critique également la multiplication des initiatives régionales, entre l’EAC, la SADC, les processus de Doha et de Nairobi, qu’il considère comme le reflet d’une stratégie diplomatique manquant de cohérence.

Revenant sur leurs échanges passés, Denis Mukwege rappelle : « Je n’ai pas crié à la dérive autoritaire et suis même venu au Palais de la Nation en novembre 2020, animé par un esprit de dialogue constructif, pour chercher à vous convaincre de mobiliser une volonté politique pour placer la justice transitionnelle au cœur de vos efforts pour sortir le pays de la culture de l’impunité», a-t-il déclaré.

Il ajoute avoir exhorté le président « à ne pas faire de l’Union Sacrée une oasis de criminels », avant de conclure que « le constat aujourd’hui est amer ».

Le prix Nobel revient également sur la signature, le 26 juin 2021, d’un accord économique entre la RDC et le Rwanda portant sur l’exploitation et la commercialisation des minerais du Kivu.

Selon lui, cette décision a été prise « contre toute attente et tout bon sens et a rendu de facto caduque le règlement du Parlement européen sur les minerais de sang ».

Denis Mukwege défend par ailleurs sa position en faveur du maintien de la Monusco, estimant qu’« un retrait précipité de la mission onusienne laisserait un vide propice à favoriser les ennemis de la paix », une crainte qui, selon lui, s’est depuis confirmée.

 


Ya Biso News / Provinces26rdc.com

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