Félix Tshisekedi pose une ligne rouge. Dans son adresse à la nation au ton ferme à la veille de la commémoration de l’indépendance de la République démocratique du Congo, il a conditionné toute discussion à un préalable : la fin de la violence dans l’est et le respect de la souveraineté. Pour lui, la paix ne se marchande pas avec ceux qui tiennent les armes.
Tshisekedi écarte d’emblée l’idée qu’une insurrection donnerait un « droit particulier à la négociation. Le recours à la violence, aux armes, à la haine, à la désinformation ou à toute forme d’atteinte à notre souveraineté et à notre intégrité territoriale ne saurait constituer un mode d’expression politique ».
Le président rappelle qu’on doit avoir une frontière sur le débat républicain. On peut diverger, s’opposer, contester. Mais, dit-il, « nous n’avons pas le droit d’affaiblir la nation au moment où elle fait face à des menaces existentielles. L’unité nationale devient ainsi une exigence, pas une option ».
Sa formule est tranchée : « La paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République, encore moins un compromis sur notre souveraineté ou notre intégrité territoriale ». Le dialogue est ouvert, mais à condition de passer par les institutions et la loi.
Une porte ouverte, sous conditions républicaines
Félix Tshisekedi insiste : « La République ne ferme la porte à aucun de ses enfants, dès lors qu’il choisit la voie de la paix, du dialogue, du respect des institutions et de la loyauté envers la nation ». Il refuse toutefois que le dialogue devienne un outil de pression ou de contournement constitutionnel.
Le chef de l’État hiérarchise ainsi ses priorités nationales. « Aucune ambition personnelle ou partisane ne vaut plus que la paix de tous ; aucune divergence politique ne doit être plus forte que l’unité de la République ; aucune stratégie de conquête ou de contestation du pouvoir ne doit fragiliser la souveraineté du peuple congolais ».
Le message insiste aussi sur la discipline collective face aux menaces. Le chef de l’État rappelle que la stabilité intérieure conditionne toute crédibilité extérieure. Sans la paix dans l’est, le débat politique national reste suspendu à l’impératif sécuritaire.
Cependant, il nuance sa position. Le dialogue existe, mais il n’absout pas ceux qui ont recouru à la violence. Il ne réécrit pas la Constitution et ne place personne au-dessus des lois. C’est la condition posée pour sortir de l’impasse dans l’est.
Ebola, minerais et souveraineté au cœur du discours
Le président Tshisekedi a aussi consacré une part importante de son message à la santé publique. Face à la résurgence d’Ebola Bundibugyo dans les zones de Rwampara, Mongwalu et Bunia en Ituri, il a annoncé un plan de riposte de 319 millions de dollars, avec des moyens déjà mobilisés en urgence.
Son appel est direct : « Ebola n’est ni une rumeur ni une honte. C’est une urgence sanitaire qui exige responsabilité, solidarité et vérité ». Il enjoint la population au signalement des cas suspects, au respect des consignes et à la vigilance contre la désinformation, la force de la réponse reposant sur « la confiance, la discipline collective et la solidarité nationale ».
Sur le plan économique, Fatshi veut rompre avec le modèle extractif. « Le temps où nos minerais étaient extraits chez nous, exportés à l’état brut, valorisés ailleurs, puis revendus au monde pendant que nos populations demeuraient dans la pauvreté, appartient désormais au passé » .
Il définit la RDC comme un « pays-solution ». Cobalt, cuivre, coltan et lithium, dit-il, « participent déjà à façonner l’avenir du monde ». Les partenariats, notamment avec les États-Unis, devront « servir les intérêts fondamentaux du peuple congolais, renforcer notre souveraineté, favoriser la transformation locale, sécuriser les chaînes de valeur et créer des emplois durables pour notre jeunesse ».
Ouragan / Provinces26rdc.com
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