Henry Yav reconnaît avoir ordonné le décaissement de 57 millions USD et 2 millions pour le compte Samibo et Husmal de Jammal
Invité à comparaître comme témoin et membre de la chaîne de la dépense ce jeudi 04 juin à l’audience du procès opposant le directeur de cabinet du Chef de l’État, Vital Kamerhe et consorts, l’ancien ministre des finances a affirmé avoir ordonné le décaissement de 57 millions de dollars et 2 millions dollars au profit des sociétés Samibo SARL et Husmal de Sammih Jammal, chargé de la construction des maisons préfabriquées.
« Je ne peux pas dire ici que le Directeur de cabinet était bénéficiaire de l’argent décaissé…l’argent a été payé à la société Samibo », a affirmé devant le juge l’ancien ministre des Finances.
Henri Yav Mulang a précisé que c’était sur base des courriers du directeur de cabinet du chef de l’État, Vital Kamerhe, que les paiements étaient effectués en différentes étapes sous le sceau de procédure d’urgence.
Et à Vital Kamerhe de rétorquer que « si mes ordres étaient illégaux, le ministre n’allait pas suivre »
« A la demande du directeur de cabinet, j’ai demandé à la DGDA d’accorder une exonération à la présidence des maisons préfabriquées », a ajouté Henry Yav Mulang.
Henry Yav a reconnu avoir utilisé avec la Banque centrale du Congo, une partie des réserves de change pour payer Samibo.
Pour ce qui est de sa participation au comité de supervision du programme d’urgence de 100 jours comme soutenu à la deuxième audience par Vital Kamerhe, Henry Yav a reconnu avoir été notifié qu’il faisait partie dudit comité. Il précise, par ailleurs, qu’il n’a pas participé aux réunions.
Pour sa part, Vital Kamerhe qui réitère qu’il n’est jamais intervenu dans la chaîne de dépense, dit toujours attendre qu’on lui dise » à quel moment les 57 millions ont atterri » dans ses poches.
« Lorsque j’étais ministre de l’habitat, je n’avais jamais connu la société Samibo », Thomas Luhaka
Thomas Luhaka, l’ancien ad intérim de l’urbanisme et habitat et actuel ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), a comparu ce jeudi 04 juin en qualité de témoin dans le procès Vital Kamerhe et consorts.
Dans sa déposition, le ministre de l’ESU a d’emblée souligné qu’au mois de février 2019, alors que le gouvernement dirigé par l’ancien ministre Bruno Tshibala était démissionnaire, le directeur de cabinet du chef de l’État, Vital Kamerhe, avait signé un communiqué leur interdisant d’engager la république.
Thomas Luhaka a affirmé devant le tribunal que lorsqu’il était ministre de l’habitat, il n’avait « jamais connu la société Samibo » de Sammih Jammal. À l’en croire, c’est pendant le procès qu’il a pris connaissance de l’existence de cette société.
Pour ce qui est de son rôle dans le programme de 100 jours, il a soutenu qu’il s’était limité à faire quelques observations, précisant qu’il n’a rien à voir avec ce dossier sur le plan financier.
Il a par ailleurs précisé qu’il n’a jamais pris part aux réunions sur ledit programme.
De son côté, Vital Kamerhe, a déclaré « la société Husmal, ce n’est pas moi qui l’ai choisie, le président a simplement dit que puisqu’il a fait du bon travail, gardez-le. C’était sous le 1er ministre Tshibala que Samibo avait été choisie. C’est ce que j’ai compris tout au long de ce procès ».
Deogratias Mutombo soutient qu’il a payé la société Samibo sur instruction du ministre des finances
La quatrième audience du procès opposant le ministère public au directeur de cabinet du Chef de l’État, Vital Kamerhe et consorts, consacrée à la comparution des témoins, se poursuive à la prison centrale de Makala.
Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), est passé également à la barre comme témoin ce jeudi 04 juin devant le tribunal.
Devant le tribunal, Deogratias Mutombo, gouverneur de la BCC, a reconnu qu’il a payé la société Samibo sur instruction du ministre des finances.
Toujours dans sa déposition, il a expliqué que la BCC avait demandé à la Rawbank de verser les fonds dû à la société Samibo sur son compte à Ecobank. Il a précisé que la BCC n’a aucun moyen de vérifier ce que font les banques privées.
À la barre, Il a reconnu avoir participé à deux réunions de préparation du programme de 100 jours et, a précisé qu’il n’était pas question des projets des maisons préfabriquées dans ces réunions.
Cité par Vital Kamerhe comme faisant partie du comité de supervision du programme de 100 jours, il a affirmé qu’il n’était pas dans l’équipe de supervision dudit programme.
MCP /provinces26rdc.net

Laisser un commentaire