En une semaine, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont repris le contrôle des six villages qui étaient jadis sous occupation des combattants de la milice CODECO, ont indiqué mercredi 4 aout des sources militaires.
Les villages reconquis sont: Kobu, Bambou, Livogo, Kilo Mission, Filo et Batata, situés à 50 kilomètres au Nord de Bunia, sur le tronçon Iga-Barrière-Mongwalu, dans le territoire de Djugu, en Ituri.
Cette reconquete est le résultat de la « troisième phase des opérations militaires », lancée le jeudi 29 juillet dernier, par le gouverneur de province, le général Johnny Nkashama, selon le porte-parole des FARDC en Ituri.
Pendant l’occupation, les combattants de la CODECO avaient érigé plusieurs barrières sur les différents tronçons qui mènent vers ces entités. Ils percevaient également de taxes illégales auprès de la population dans certains marchés.
La population salue la prouesse de l’armée, qui vient de permettre la pacification de cette zone.
Cependant, elle recommande à l’armée de poursuivre la « traque de ces combattants », qui se sont retranchés dans plusieurs localités, un peu plus éloignées de la route principale. Il s’agit notamment de Makako, Ngoto, Bunzenzele, Liso, Gutsi, Besse, Lipri, Ngangaray et Nyarada.
Ces miliciens tentent de se réorganiser pour re-attaquer l’armée, informent les sources locales.
Mais, le porte-parole de l’armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo assure que les FARDC poursuivent l’ennemi jusque dans son lieu de « retranchement ».
Pendant ce temps, le trafic routier est encore timide sur le tronçon Bunia-Mongwalu à cause des opérations militaires en cours.
Nord-Kivu et Ituri : l’Etat de siège perd sa crédibilité
Cela fait trois mois que l’Etat de siège est décrété dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri où les massacres semblent loin de s’arrêter. Le manque de dynamisme dans le commandement conduit les ressortissants de ce coin du pays à discréditer le pouvoir aux mains de l’armée. En début de cette semaine, plus de 80 députés nationaux ont décidé de boycotter la plénière consacrée à la prorogation de l’Etat de siège pour manque de résultats escomptés jusqu’ici.
D’après le décompte établi par les experts du baromètre sécuritaire du Kivu (KST) le 5 août, l’ensemble de groupes armés ‘’ont tué 485 civils en Ituri et au Nord-Kivu’’ depuis le mois de mai dernier.
Certains ressortissants de l’Est rencontrés à Kinshasa avancent que, « L’Etat de siège était pour nous un soulagement aux horreurs que nous subissons depuis l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques du Congo [Afdl] ! Triste est de constater la persistance des horreurs y commis [viols, massacres, etc.] et ce, en dépit de la présence du commandement militaire », déplorent madame Mwashiti, Amulani Abedi, Godé Senge Senge et Amisi Pandje, tous du Nord-Kivu.
C’est depuis plus de deux décennies que la partie Est du pays vit dans une angoisse, encore loin de finir, due à l’insécurité perpétrée par différents groupes rebelles.
La mise en place de l’Etat de siège par le chef de l’Etat avait suscité de l’espoir pour cette population victime des exactions.

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