RDC-Ituri : « enterrements collectifs » ou « fosses communes » à Djugu, Mukwege demande une enquête

Des « enterrements collectifs des victimes des groupes armés » en Ituri, selon l’armée de la République démocratique du Congo, contre des « fosses communes » pour le Bureau conjoint des Nations-unies aux droits de l’homme (BNUDH), ont poussé dimanche le prix Nobel Denis Mukwege à appeler à une enquête.

« Les personnes victimes de la barbarie des milices à Nyamamba et Mbogi, dans le territoire de Djugu, ont plutôt bénéficié d’un « enterrement collectif », en présence de la Croix rouge, des chefs coutumiers de ces localités et d’autres témoins », a affirmé le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri, joint dimanche par un reporter de l’ACP.

Le lieutenant a, en outre, qualifié d’inexactes toutes les informations faisant état de la découverte de quatre fosses communes, dans ces entités de Djugu proches du lac Albert, dans lesquelles ont été enterrées près de cinquante personnes.

S’appuyant sur des informations, non confirmées, du Bureau conjoint des Nations-unies aux droits de l’homme (BNUDH), reprises dans un tweet de la mission onusienne en RDC lu dimanche par l’ACP, Dr Denis Mukwege a appelé, dans un communiqué, le gouvernement de la République démocratique du Congo à diligenter une enquête sur cette découverte.

« Cette enquête constitue un pré requis indispensable à la genèse de la justice transitionnelle en République démocratique du Congo et au respect des droits de familles de personnes disparues à obtenir la vérité, la justice et des réparations », soutient le texte du Prix Nobel, faisant allusion aux quatre fosses communes des entités précitées.

Dr Denis Mukwege a, en outre, demandé au gouvernement d’inviter officiellement la Commission internationale sur les personnes disparues (ICMP), basée à Sarajevo en Bosnie-Herzégovine, et active notamment en Irak et en Ukraine, « à effectuer une mission en RDC pour bénéficier de son assistance technique et soutenir la mise en place dans ce pays, d’un bureau d’expertise médico-légale ».

Selon les Nations-Unies, citées par le responsable de l’Hôpital de Panzi, au moins 195 civils ont été tués depuis décembre 2022 par les groupes armés Codeco et Zaïre opérant dans les territoires de Djugu et Mahagi.

Insécurité à l’Est : Mukwege réitère son opposition à la force de l’EAC

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« Être protégé par des gens qui nous entourent, ce n’est pas une fierté. J’aurai bien souhaité que ce soit les jeunes congolais qui me protègent. Mais qu’est-ce qui arrive ? Nous avons eu le cas de cet enfant qui a expliqué la situation des militaires », c’est en ces termes que le Prix Nobel de la Paix, le célèbre gynécologue congolais, Denis Mukwege, a exprimé une fois de plus son opposition à la force régionale de l’EAC déployée à l’Est du pays. Il l’a réitéré le dimanche 22 janvier lors de son intervention à la conférence organisée par la jeunesse de la huitième Communauté des Églises de Pentecôte en Afrique Centrale (CEPAC) à Bukavu (Sud-Kivu).

L’homme qui répare les femmes estime que la RDC a «une jeunesse capable de protéger nos frontières, sécuriser les biens et les personnes » sans l’intervention de cette force.

Denis Mukwege a indiqué que la seule solution au problème sécuritaire à l’Est du pays consiste à reconstituer le système de défense. « Il n’y a jamais un État qui peut protéger un autre. La seule solution, c’est tout simplement que nous sommes obligés de reconstruire un système de défense, c’est-à-dire l’armée, la police et le renseignement », a dit à la presse Denis Mukwege ».

En République démocratique du Congo on reproche notamment à la force de l’EAC d’être composée des pays à la base de l’instabilité de l’Est du pays.

 


ACP / Provinces26rdc.com

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