RDC : « Kabila a laissé une armée d’infiltrés », l’accusation explosive de Julien Paluku

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, accuse l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, d’être à l’origine de l’infiltration des Forces armées de la RDC (FARDC).

Selon lui, les opérations de brassage et de mixage des anciens groupes armés, menées sous le régime de Kabila, auraient permis à des éléments restés fidèles à l’ancien chef de l’État d’intégrer l’armée congolaise et d’y conserver leurs réseaux.

S’exprimant lors d’un échange avec des Congolais vivant à Londres, Julien Paluku a notamment établi un lien entre ces mécanismes d’intégration militaire et les récentes défections d’officiers supérieurs et de généraux ayant rejoint la rébellion dans l’est du pays.

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu affirme que, durant son mandat, il avait déjà observé les limites de cette politique de brassage et de mixage. Il déplore notamment les consignes qui, selon lui, empêchaient parfois les forces gouvernementales de poursuivre leurs opérations contre les groupes rebelles.

« Quand j’étais gouverneur, j’observais un peu le brassage, le mixage des troupes. Et tous, on se posait la question. Nous voulons frapper les rebelles, mais on nous appelle : “Non, non, non, n’attaquez pas !” Pourquoi ? On doit faire le dialogue pour que nous puissions intégrer ces gens dans l’armée. Comme ça, on fait la paix », a-t-il raconté.

Pour le ministre, ces intégrations auraient ainsi favorisé la présence d’éléments dont la loyauté envers les institutions congolaises était, selon lui, discutable. Il cite notamment le cas du général Kamanzi, dont il évoque la défection et le ralliement à la rébellion.

« Ce sont des pions que l’ancien président avait infiltrés dans l’armée à travers le brassage et le mixage, qui sont en train de le rejoindre à Goma. Donc, ne croyez pas qu’il y a des éléments des FARDC, comme Julien Paluku ici, qui pouvaient faire défection et aller à Goma. Non, ce sont des éléments qui lui étaient fidèles, qu’il a laissés dans l’armée », a-t-il soutenu.

Julien Paluku a également contesté les déclarations de Joseph Kabila, qui avait affirmé avoir laissé une armée à la RDC à la fin de son mandat. Le membre du gouvernement estime, au contraire, que l’héritage militaire de l’ancien président constitue aujourd’hui une partie du problème auquel fait face le pouvoir de Félix Tshisekedi.

« Parce qu’il a dit dans sa communication : “J’ai laissé une armée à la République du Congo.” Non ! La véritable armée qu’il a laissée, c’est l’armée des infiltrés », a lancé le ministre.

Selon lui, cette situation expliquerait en partie les difficultés opérationnelles des FARDC sur les lignes de front, certains militaires ayant, d’après ses accusations, servi simultanément les intérêts de Kinshasa et ceux des groupes qu’ils étaient censés combattre.

Kabila à la tête du FRN

Ces accusations interviennent dans un contexte de recomposition de la rébellion dans l’est de la RDC. Le 12 octobre 2026, un nouveau mouvement politico-militaire, dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN), a été annoncé à Goma, au Nord-Kivu. Cette nouvelle structure, présentée comme le prolongement de l’AFC/M23, est dirigée par Joseph Kabila.

L’ancien président est secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, nommés vice-présidents. Emmanuel Sultani Makenga conserve, pour sa part, le commandement de l’état-major général de la branche armée, avec rang de vice-président.

La création du FRN intervient alors que les initiatives diplomatiques engagées à Washington et à Doha, avec l’appui de l’Union africaine, peinent à produire des avancées décisives sur le terrain. Les divergences persistent également entre Kinshasa et différents acteurs politiques autour de la tenue d’un dialogue national consacré à la paix, à la stabilité et à la refondation de la nation.

Les déclarations de Julien Paluku relancent ainsi le débat sur l’héritage sécuritaire de Joseph Kabila et sur les conséquences des politiques successives d’intégration des anciens groupes armés au sein des FARDC.

 


Libre Grands Lacs / Provinces26rdc.com

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