RDC-Kipushi : 10 ans de prison pour les auteurs de traitement inhumain des détenus

Le verdict est tombé jeudi 18 avril 2024. Les auteurs de traitement inhumain des détenus à la prison de Boma, à Kipushi, ont été condamnés à 10 ans de servitude pénale. Le jugement a été ainsi rendu par le Tribunal de grande instance, garnison de Kipushi siégeant en flagrance. En effet, dans une vidéo publiée le weekend et devenue virale sur les réseaux sociaux, on y a vu des nouveaux détenus être dénudés et fouettés. Au total, 8 détenus dont l’âge varie entre 40 et 50 ans ont été victimes de ce traitement. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 avril 2024.

Cinq détenus parmi les anciens de la prison de Boma ont été condamnés à 10 ans de prison chacun. Ils étaient accusés de coups et blessures. Parmi eux, figure le chef de tous les prisonniers, communément appelé Capita. Pour le parquet, c’est lui qui aurait commandité ces actes inhumains et dégradants sur les 8 nouveaux détenus.

Ainsi, les condamnés commencent déjà à purger cette nouvelle peine. Selon certaines sources, le principal accusé, le Capita, devait quitter la prison dans les deux prochains mois. Il avait été condamné d’abord à près de deux ans de servitude pénale pour viol et sa peine touchait à sa fin. Pour les autres jugés, cette nouvelle peine est associée à celle pour laquelle ils étaient déjà poursuivis.

Les DDH plus ou moins satisfaits

La vidéo montrant des détenus nus et fouettés devant d’autres prisonniers a choqué les esprits. Un avocat qui a requis l’anonymat estime que la prison ne joue plus son rôle de centre de rééducation.

”Pour moi, la prison rend les hommes pires. Dire que c’est un centre de rééducation, je ne suis pas d’accord. Comment est-ce possible que des détenus infligent des actes de torture aux autres détenus ?”, s’interroge-t-il.

De ce fait, les organisations de défense des droits humains (DDH) se sont impliquées pour que les coupables soient punis. ”Ce jugement nous satisfait à 85 %”, a indiqué Me Joseph Kongolo, le directeur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Et d’ajouter : ‘‘Il va permettre de dissuader les détenus qui se livrent à ces pratiques inhumaines, dégradantes et cruelles. Ce traitement est condamné par la Constitution de la RDC ainsi que par différents textes internationaux portant sur les droits humains. Par contre, indique ce défenseur des droits humains, le procès n’a pas permis d’établir toutes les responsabilités.

Les organisations de DDH condamnent la négligence dans le chef des administrateurs de la prison.

 


Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com

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