RDC : Le Gouvernement recadre sa politique budgétaire pour faire face au COVID-19

Le Gouvernement Ilunkamba vient de déterminer sa politique d’ajustement budgétaire. Cinq mesures y relatives ont été prises en vue d’atténuer les effets néfastes du Coronavirus sur les finances publiques.

-Le vice-premier ministre, ministre du Budget, Jean-Baudouin Mayo Mambeke les a annoncées au terme de la réunion de validation qui a eu lieu vendredi 27 mars 2020 à la Primature.

Toutes les mesures de politique budgétaire définies sont d’application immédiate. Il s’agit respectivement de :

Primo. L’amélioration de l’allocation des ressources par la reconnaissance de la prééminence des dépenses contraignantes (rémunérations) et prioritaires (santé et relance de l’économie) sur les autres dépenses. L’objectif étant de renforcer l’efficacité de la dépense publique en période de crise.

Secundo. La création d’un fonds de soutien des mesures de riposte à la crise. Cette mesure vise à mobiliser les ressources spécifiques (contributions volontaires des entreprises et des personnes de bonne volonté) à la lutte contre les effets négatifs de la propagation du Covid-19 en Rd Congo.

Tertio. La mobilisation des appuis budgétaires et à la balance des paiements et à la Banque mondiale, FMI, BAD, Afrexim, …) Pour le Gouvernement, il est question d’accroitre les moyens financiers à disposition du Gouvernement pour mieux organiser la riposte. « Des lettres des requêtes ont déjà été envoyées à ces partenaires », apprend-on de manière officielle.

Quarto. Les négociations avec les partenaires pour le rééchelonnement de la dette extérieure. Cette mesure a l’avantage de permettre au Gouvernement, à travers le ministère des Finances et la Direction générale de la dette publique (DGDP) d’alléger la pression sur les dépenses du trésor.

Quinto. La paiement à la Regideso et à la Snel des arriérés de consommation d’eau et d’électricité par l’administration publique. L’objectif étant de permettre le bon fonctionnement de ces entreprises de manière à faciliter la desserte en eau potable et en électricité dans les entités affectées par Covid-19.

La déclinaison de mesures définissant cette politique budgétaire du Gouvernement se fonde non seulement sur la mobilisation des fonds provenant des sources ciblées telles que la « Solidarité patriotique » et les « Appuis budgétaires des partenaires traditionnels » mais aussi des marges des allocations budgétaires à dégager des coupes qui pourraient être faites en vue de soutenir prioritairement les dépenses de santé et de relance de l’économie.

Cependant, constatent des analystes, rien n’a été défini ni précisé quant à la réduction du train de vie des institutions politiques dont les charges se taillent la part du lion dans les dépenses totales des rubriques budgétaires y relatives.

A ce sujet, des signaux forts sont attendus de la part du Gouvernement tant que le sacrifice devrait être consenti par tous les citoyens congolais, sans distinction aucune.

Covid-19 : pas de pénurie agro-alimentaire, rassure le gouvernement

-Un mécanisme a été mis en place pour assurer l’approvisionnement des grandes villes en produits agroalimentaires par les périphéries dans un bref délai pour permettre la stabilité des prix sur le marché, indique l’Exécutif national.

Depuis l’annonce des mesures visant à mettre sous confinement total Kinshasa pour contrer la propagation du Covid-19, certaines denrées alimentaires ont disparu des marchés, voire des rayons de supermarchés, pris d’assaut par des habitants inquiets. La psychose semble gagner les autres grandes villes du pays. Face à cette situation, les responsables gouvernementaux se veulent plus rassurants : il n’y aura pas de pénurie.

Le Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, a réuni hier lundi 30 mars 2020 à la Primature, le ministre des Transports et voies des communications, le ministre de l’Agriculture, le ministre du Développement Rural, le ministre de Pêche et Elevage, le ministre de l’Industrie, la ministre près le Premier ministre, le Directeur de cabinet Adjoint Ecofin du chef de l’Etat, ainsi que le conseiller principal Ecofin du chef de l’Etat pour examiner la question de la pénurie agro-alimentaire dans les Grands centres de consommation pendant cette période de crise sanitaire entre Kinshasa et toutes ces grandes villes.

Selon le ministre de l’Industrie, Julien Paluku, un mécanisme a été mis en place pour assurer l’approvisionnement des grandes villes en produits agroalimentaires par les périphéries dans un bref délai pour permettre la stabilité des prix sur le marché.

FLAMBEE DES PRIX

Le confinement total de la capitale annoncé le jeudi puis reporté in extrémis avait provoqué une ruée sur les marchés et les supermarchés.

Files d’attente interminables, rayons de supermarchés vidés en une demi-journée, étaient des scènes surréalistes vécues dans les grandes surfaces kinoises. Le 27 mars, avant même le confinement qui devait débuter samedi 28 mars, et prévoyait un confinement total intermittent de trois semaines, bien de commerçants ont épuisé leurs stocks. La rareté de certains produits a entrainé la flambée des prix.

Ce sont les produits de première nécessité qui voient leurs ventes exploser. Un sac de riz de 25 kg, qui coûtait en temps normal 34 000 FC se vendait à 40 000 FC. Un sac de braise double de prix, passant de 25 000 FC à 50 000 FC. La demande étant là, les gens ont profité de cette situation pour augmenter les prix.

Avec la fermeture des frontières, il y a de quoi inquiéter les habitants d’un pays aussi extraverti qu’est la RDC qui vit pour l’essentiel des importations des produits vivriers.

En cette période de ravage du Covid-19 où les nations se barricadent pour mieux organiser la riposte contre cette terrifiante pandémie, les gouvernants rd congolais sont bien inspirés de rassurer leurs compatriotes quant à la pénurie agroalimentaire. On ne peut demander davantage.

COVID-19 : L’ODEP présente un plan de sortie de crise évalué à 1,700 milliard USD

-Face à la crise sanitaire qui secoue la planète en général et la République démocratique du Congo en particulier, l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) pense que le pays a besoin d’un montant global de 1,700 milliard USD pour tenir. Au cas contraire, croit l’Odep, l’économie de la RDC risque de connaître une situation catastrophique.

Dans la feuille de route qu’il a publiée le lundi 30 mars, l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) estime à 1,700 milliard USD les besoins de la République démocratique du Congo pour faire face à la pandémie du coronavirus qui nargue l’humanité toute entière.

« Il faut, pour la RDC, une prévision de 500 millions de dollars à court terme et environ 1 milliard 700 millions de dollars à moyen et long termes, pour faire face à la pandémie du coronavirus et ses impacts sur l’économie, tout en incluant les provinces », indique l’ODEP .

Pour cette organisation de la Société civile, le fonds doit être prélevé en réduisant par exemple de 25% les émoluments des personnels politiques, notamment députés nationaux et provinciaux, sénateurs, membres des cabinets ministériels, présidence de la République, primature, des bureaux de deux Chambres du Parlement et des assemblées provinciales.

L’ONG recommande, notamment, le gel des promesses d’augmentation des salaires et mécanisation des agents publics (95 millions de dollars pour 1 500 000 agents/mois) pour une période de trois mois, qui occupent déjà plus de 77% des dépenses de l’Etat. L’Odep recommande également le gel des « missions de services improductives à l’intérieur et à l’étranger ».

Elle estime que pour y parvenir, tous les projets d’investissements en cours d’exécution doivent être suspendus, à l’instar du programme de 100 jours. Les fonds y afférents, proposet-elle, devront être transférés au
PMUR.

La feuille de route de l’Odep relève le fait que les recettes domestiques de la RDC se sont effondrées ces dernières années. De janvier à février 2020, relève l’Odep, le gouvernement a mobilisé moins d’un milliard de dollars américains. Au cours de la même période, poursuit-elle, les opérations financières de l’Etat accusent un déficit de 388,9 milliards de francs congolais (230 millions USD), par rapport au creux programmé de 89,1 milliards de francs congolais (53 millions USD). Ce solde négatif, allègue l’Odep, résulte des recettes de 370,9 milliards de francs congolais (219 millions de dollars) et des dépenses de 632,2 milliards de francs congolais (374 millions USD).

« Face à cette crise sanitaire et à la réalité de nos finances publiques, la RDC ne sera en mesure d’assurer un bon financement de PMUR. Nous pensons que toutes les institutions de la République doivent consentir des sacrifices en cette période de crise. Des coupes budgétaires s’imposent. Une loi de finances rectificative doit être rapidement élaborée et déposée au Parlement pour un vote en urgence», recommande-t-on.

Et d’ajouter : « les prévisions actuelles ne sont ni réalistes ni crédibles, au vue de l’ampleur de ce programme et des besoins ». Les 135 millions sollicités par le plan de sortie de crise présenté par le comité technique de lutte contre le COVID-19, avance l’ODEP, c’est juste les aspects sanitaires.

« Mais comme on vient de le démontrer, il s’agit d’un programme multisectoriel. Il faut reprendre l’évaluation et impliquer les experts des autres secteurs pour arriver à une évaluation financière et économique réaliste et crédible du programme qui pourrait être pour l’année en cours 3 fois supérieures aux prévisions actuelles. Le PMUR doit être financé par un fonds multi bailleurs et une importante contribution de l’Etat congolais », peut-on lire dans le communiqué.

Le Potentiel /Forum des As /ZOOM-ECO /provinces26rdc.net

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