RDC : Le Président Félix Tshisekedi appelé à élargir les contacts aux élus des provinces

Ce genre d’initiatives permettrait au Président de la république de s’imprégner des réalités du Congo profond.
Secret de polichinelle. Le Président Félix Tshisekedi a échangé le samedi 19 août dernier la Cité de l’Union africaine, avec trois gouverneurs de provinces. A savoir : Jean Bamanisa de l’Ituri, Carly Nzanzu du Nord-Kivu et Théo Ngwabije du Sud-Kivu. Le même jour, toujours à l’ex-Cité de l’OUA, le Chef de l’Etat a devisé avec un groupe de députés nationaux, élus de Kinshasa. Occasion pour les trois territoriaux d’exposer de vive voix, les vrais problèmes liés à la vie de leurs provinces respectives. Ce, dans tous les domaines. Il en a été de même pour les élus de Kinshasa qui ont saisi cette opportunité pour porter la voix de leurs bases.

Au-delà de son caractère factuel, cette dynamique mérite d’être encouragée. Que le Chef de l’Etat se mette à l’écoute des acteurs politiques, gestionnaires au quotidien des Entités territoriales décentralisées (ETD), personne ne s’objecterait à une telle initiative. Bien au contraire. De même que les échanges avec les députés nationaux de Kinshasa, sont une initiative à louer.

Cependant, pour ne pas paraphraser feu le maréchal Mobutu, des analystes font observer que Kinshasa n’est pas la RD Congo. En d’autres termes, les problèmes, les réalités de la vie dans la capitale ne sont pas forcément ceux ou celles des provinces. Il s’agit donc là, d’une évidence sur laquelle nul ne saurait capituler dans un pays comme la RD Congo, quatre fois plus que la France, quatre-vingts fois plus grande que le royaume de Belgique avec une superficie de 2.345.410 Km2 , légèrement inférieure au quart de celle des Etats-Unis, la RD Congo est donc un pays-continent. Deuxième grand pays africain après l’Algérie, la RD Congo occupe la 11ème place au monde.

Partant de ces données géographiques, aucun président congolais ne saurait avoir la prétention de connaître le pays dans tous ses recoins. Surtout que les infrastructures routières font défaut. Par conséquent, le seul moyen d’y parvenir reste des contacts réguliers avec des acteurs sur terrain. En l’occurrence, les territoriaux ou gouverneurs de provinces et les députés nationaux. D’où, l’intérêt, pour le Président Félix Tshisekedi, d’élargir le type de sa rencontre du week-end dernier avec les élus directs de la capitale, à ceux d’autres provinces du pays.

LES DIVIDENDES D’UNE DEMARCHE PLUS LARGE

Garant constitutionnel de la Nation, le Président de la république a certes, des canaux traditionnels par lesquels il est informé de la situation générale du pays. Et, c’est sur la base de ces différents rapports administratifs que le Chef de l’Etat tient son message annuel sur l’état de la Nation, devant les deux chambres parlementaires réunies en congrès. Un message qui n’appelle aucun débat.

Cependant, la grande difficulté tient au fait que généralement, les auteurs de ces rapports soumis au Chef de l’Etat, sont des acteurs politiques actifs qui, pour des raisons évidentes, choisissent ce qu’ils doivent dire. Souvent, la tendance générale est de présenter à la très haute hiérarchie du pays, des faits qui plaisent, parfois au détriment des vrais problèmes qui se posent dans le pays profond.

Compte tenu de cette mauvaise manie de ceux qui gèrent le pays au quotidien, à camoufler la vérité pour faire «plaisir» au Chef, d’aucuns estiment que le fait détendre les contacts directs entre le Président de la république et les députés nationaux de différentes provinces, permet au Magistrat suprême de tirer de dividendes sûrs, quant à sa gestion du pays. Car, c’est eux qui sont en contact direct avec le pays réel, au travers de leurs circonscriptions électorales respectives.

Maintenant que ces élus reviennent de leurs vacances parlementaires (de chez eux), on suppose qu’ils ont effectivement eu le temps d’observer les vrais problèmes existentiels et qu’ils en ont discuté avec cette majorité silencieuse, vivant parfois dans une sorte d’incertitude chronique des lendemains enchanteurs. On ose également croire que nos députés nationaux ont assurément profité de leurs vacances parlementaires, pour palper du doigt, les avatars de la vie de leurs électeurs à mentionner dans leurs rapports. Ce, secteur par secteur.

UNE BANQUE DE DONNEES POUR LE CHEF DE L’ETAT

Comme dit précédemment, les canaux traditionnels d’information du Président de la république présentent parfois des faiblesses. Pour tout dire, les auteurs de ces rapports filtrent leurs propos, convaincus que toute vérité n’est pas bonne à dire.

Contrairement donc à ces politiques, les députés nationaux qui ne craignent aucune «sanction» négative ou qui soit, n’attendent aucune récompense du Chef de l’Etat, ont l’avantage de lui parler sans le moindre tamis. En tout cas, ils n’ont aucune raison de s’autocensurer. Moralité, ils diront ce qu’ils auront réellement vu. Et, si ce qu’ils ont vu n’est pas bon, ce ne sera sans doute pas leur faute. Du moins, ils auront eu le courage de dire la vérité au président de la république qui, fort de ces rapports, se constituera une banque de données.


Forum des As /provinces26rdc.net

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