RDC-Lubumbashi : l’enrôlement des privilégiés

Depuis le début de l’opération d’inscription des électeurs, les plaintes se multiplient. Entre le monnayage et la panne des machines, les électeurs ne savent pas ou donner de la tête. De plus, il faut se réveiller à 3 heures du matin pour avoir sa carte le même jour pour les plus chanceux. Mais pour certains, eux ne trainent pas. Aussitôt qu’ils arrivent, ils ont leurs cartes d’électeurs. Eux, ce sont les ”privilégiés”.

Ces privilégiés sont des personnes que les citoyens appellent excellence, patrons, chef et tant d’autres noms honorifiques. Pour eux, il n’y a pas de files d’attente, ils ne connaissent pas le retrait de jetons non plus. Souvent, ils ne viennent pas seuls. Ils sont toujours accompagnés. Et ils perturbent le bon déroulement des opérations. L’enrôlement des privilégiés est aussi souvent à la base de la lenteur observée dans les centres.

Ils imposent leur loi

Le mardi 15 février au centre situé dans le centre Imara, cela a été la cause de la suspension de l’opération pendant deux heures. A 11 heures, une autorité est arrivée pour s’enrôler. Selon les agents de la Ceni, elle avait pris rendez-vous. Elle devait, avec quatre autres personnes, s’enrôler. Mais lorsqu’elle est arrivée dans le centre, elle se fait accompagner de neuf autres personnes. Quand les opérateurs de la Ceni lui ont expliqué que c’est difficile, ses agents qui l’accompagnaient se sont imposés à coup des menaces, les agents ont cédé. Pendant une heure, ils se sont occupés de ”l’autorité et des siens”.

Pendant qu’ils en finissaient avec cette ”autorité”, cinq magistrats sont arrivés. Eux aussi ont exigé les mêmes privilèges. De plus, l’un d’entre eux qui ne possédait pas un document valable pour s’enrôler, s’est imposé en brandissant un passeport déjà expiré. Lui aussi, au nom des privilèges, a exigé que les opérateurs enfreignent des consignes. Ce que ces derniers n’ont pas cautionné, et une discussion houleuse s’en est ensuivi à la base de la suspension des opérations pendant deux heures.

Et malheureusement ces genres des scènes s’observent dans beaucoup de centres. Des personnes ayant un certain pouvoir se comportent en privilégiés. Et pendant qu’eux bénéficient de ces privilèges, les citoyens lambda eux subissent. Car, la plupart d’entre eux se lèvent à 4 heures voire 3 heures du matin et n’arrivent pas à s’enrôler. Eux, ils doivent s’armer de patience.

Dans un reportage de la Guardia Magazine, Justine Kifwayi habitante au quartier carrefour a raconté son calvaire pour avoir sa carte. Elle a marché pendant une semaine. Pour la dernière fois, elle s’est réveillée à 4 heures du matin. Et n’a réussi à avoir sa carte que le lendemain à 13 heures. Comme pour dire, tous congolais, mais tous ne jouissent pas de mêmes privilèges.

 


Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com

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