La motion de défiance initiée par le député national Lady Yangotikala contre le VPM de l’Intérieur est une tentative de diversion qu’à une réponse sérieuse aux défis sécuritaires du pays, a réagi Mukama Kaponirwe Richard, chercheur en communication et relations publiques.
Scrutant les faits jugés aussi interpellateurs, cette motion aurait été préparée, il y a quatre mois. Elle ne serait pas née d’une urgence sécuritaire, mais plutôt d’une frustration politique, a fait savoir M. Mukama.
Selon de sources concordantes, a-t-il dit, son initiateur n’aurait pas obtenu l’appui attendu du patron de la sécurité nationale dans sa quête du gouvernorat de la Tshopo.
Au moment où cette province traversait une phase de forte instabilité institutionnelle, certains acteurs s’activaient à tirer profit du désordre pour accéder au pouvoir. Mais le VPM de l’Intérieur, fidèle aux orientations du chef de l’État, Félix Tshisekedi, a privilégié la stabilité. Il a refusé d’instrumentaliser son ministère pour servir des ambitions individuelles, et estimant que le contexte national ne s’y prêtait pas, a relevé M. Mukama également analyste indépendant.
Le chercheur souligne que derrière le vernis institutionnel, se profile une tentative d’affaiblissement d’un acteur clé de la stabilité nationale. »Certains responsables politiques, frustrés de ne pas avoir obtenu la chute des dirigeants provinciaux, semblent désormais chercher à fragiliser le VPM en instrumentalisant la question sécuritaire. Pourtant, l’insécurité en RDC est une problématique complexe, multidimensionnelle, qui ne saurait être imputée à un seul ministère », a-t-il fait savoir.
Plus grave encore, cette motion intervient dans un contexte national particulièrement sensible où l’est du pays fait face à une agression injuste et persistante du Rwanda à travers ses supplétifs du M23/AFC. Dans une telle conjoncture, affaiblir le ministère de l’Intérieur revient à fragiliser l’architecture même de la sécurité nationale.

Tomber Shabani, c’est priver le Kivu d’une voix dans la véranda de décisions
Pour ce chercheur, aujourd’hui faire tomber Jacquemain Shabani, c’est priver le Kivu et au-delà, toute la nation, d’une voix dans la véranda des grandes décisions. C’est aussi envoyer un signal de division au moment où l’unité nationale devrait être la priorité absolue.
Par ailleurs, il a salué le retrait progressif de certaines signatures. Celui-ci traduit une prise de conscience, car, dit-il, cette motion perd en crédibilité au fur et à mesure qu’elle apparaît pour enfin démontrer à l’opinion nationale qu’elle est réellement une manœuvre politique. Il a conclu pour dire que l’heure n’est pas aux calculs politiques, mais à la mobilisation nationale.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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